A Day To Remember - Bad Vibrations

                                                           

Les papes du happy hardcore sont de retour trois ans après Common Courtesy avec un nouvel album produit pour la première fois sous la houlette de Bill Stephenson (Alkaline Trio, NOFX) et Jason Livermore (Rise Against). Pendant l'enregistrement de Bad Vibrations, A Day To Remember a privilégié une énergie heavy qui donne le tempo à l'opus.

Line-up:

Jeremy McKinnon (chanteur)
Joshua Woodward (bassiste)
Neil Westfall (guitariste)
Alex Shellnut (batteur)
Kevin Skaff ( guitariste & choriste)


Après bien des démêlés avec son ancien label Victory Records, le combo d'Ocala coupe les ponts avec lui et s'émancipe en 2013 avec Common Courtesy. Cet album au parfum de revanche amère n'ayant pas fait l'unanimité auprès du public, Bad Vibrations tente de faire écho aux plus grands succès de la bande en renouvellant sa façon de travailler et de produire des tubes. 

La machine de guerre est enclenchée dès les deux premières plages de l'album: l'éponyme "Bad Vibrations" et l'incroyable "Paranoia". Les couleurs enragées de ces titres confèrent une musicalité sombre et puissante, dévoilant un son éraillé et graveleux à la Enter Shikari. "Paranoia" se démarque tout particulièrement avec son breakdown démentiel, faisant appel à des riffs très rapides et punk. Le très néo-metal '"Exposed" se laisse envahir par une basse imposante par dessus laquelle la voix de McKinnon surenchérit, avant de laisser place à un chant clair qui ne corrompt pas la ligne de la chanson. A la manière de "Bad Vibrations", l'audacieux "Reassemble" est une livraison très post-hardcore où les guitares s'imposent magistralement et les larsens coulent de manière hypnotique. 

Tout de même, les pontes d'A Day To Remember écorcheraient leur réputation s'ils ne pratiquaient pas aussi fluidement l'assimilation de la pop et du hardcore. C'est pourquoi "Naivety", "Bullfight" ou encore "Justified" ne dérogent pas à la règle. Les structures cadrées et répétitives sont plutôt traditionnelles, mais les mélodies toujours à leur faîte subjuguent les morceaux et la voix domine les paroles en nous transportant là où elle le désire. L'intro de "Same About You" est absolument entêtante, et le fil du morceau se déroule en se tissant quelque part entre la détresse et l'espoir. L'opus atteint son crépuscule avec deux tracks un peu trop classiques pour qu'on les retienne vraiment. "Turn Off The Radio" ayant réfréné le maximum d'énergie qu'il pouvait contenir est taillé pour les ondes et le néammoins émotionnel "Forgive & Forget" ne se dénude pas assez. 

Si Bad Vibrations est loin d'être un album raté, son rendu n'est pas équivoque. Détenant certains des meilleurs morceaux de sa carrière, A Day To Remember dévoile aussi certaines de ses faiblesses sur cet album. La recette happy-hardcore n'est pas prête à s'essoufler, c'est seulement son manque d'intensité qui lui fait défaut.