A Day To Remember - Common Courtesy

A Day To Remember est un quintette issu d'Ocala (petite ville de Floride). Le groupe est notamment connu pour être à l'origine d'un mouvement musical nommé "happy hardcore" qui a inspiré de nombreuses formations telles que Chunk! No Captain Chunk en France.

Après de nombreux démêlés avec le label du groupe Victory Records et plus particulièrement Tony Brummel, le fondateur du label, ADTR a réussi à sortir son cinquième opus Commun Courtesy, disponible dans les bacs depuis le 25 novembre 2013 après de nombreux mois passés à se battre contre Victory Records.

Line-up du groupe:

Jeremy McKinnon (chanteur)
Joshua Woodward (bassiste)
Neil Westfall (guitariste)
Alex Shellnut (batteur)
Kevin Skaff ( guitariste & choriste)

 

L'album commence avec City Of Ocala, titre très énergique dès les premières secondes alors que McKinnon entonne ses Fuck Yeah! Ocala s'avère être la ville d'origine de la quintette et ils rendent hommage à leurs débuts de galériens après 10 ans de carrière, en montrant qu'ils ont su garder la tête sur les épaules et qu'ils n'ont pas oublié le bercail de leur bromance This is our point where we return, this is where I came from. Les riffs efficaces de ce morceau propre au happy hardcore ont inspiré de nombreux groupes à succès aujourd'hui tels que Four Year Strong .

Right Back At It Againest dans le prolongement de City Of Ocala, quand on écoute d'un trait les deux morceaux à la suite, on découvre qu'il est quasiment impossible de différencier la fin du premier titre et le début du second tant les riffs de Citys'accordent avec ceux de Right Back. 
Titres plusieurs fois joués en tournée avant la sortie de l'opus afin de donner un aperçu aux fans de ce qu'ADTR continue à faire si bien. Que ce soit sur cd ou en live (la réputation scénique du combo n'est plus à faire). Une voix toujours claire aux accents pop-punk ainsi que des paroles qui ne sont pas sans nous rappeler un certain band nommé Blink-182. Par ailleurs, on imagine bien le clip de Right Back At It Againcomposer la BO d'un American Pie alternatif.

Sometimes You're The Hammer, Somtimes You're The Nail continue sur la lancée avec un chant clair et catchy à souhait avec la répétition des Take, take, take, take it away from me, un chant crié apparait et le breakdown laisse imaginer un public avec une suite de pogos bien arrosés. Ce morceau est typique du post-hardcore avec l'alternance du chant clair/crié et les excellentes saturations de guitares qui accompagnent le tout. On réalise que le groupe joue aux montagnes russes en clôturant un titre énervé et agrémenté de pinchs. La voix du leader prend des accent à la Oliver Sykes pour boucler le tout.

Dead & Buried est une composition qui fût peu apprécié par la critique à sa sortie parce qu'elle était considérée comme étant privée de l'originalité dont serait capable ADTR. Il est vrai que ce morceau au titre peu enclin a susciter la rigolade, il ne sonne pas d'une manière phénoménalement singulière à l'époque où un panel de groupes screamo novices seraient capables d'huiler l'artillerie de la même manière que notre combo. On pourrait la tolérer pour un 1er album, mais non pour le 5ème d'un groupe aux quelques 4 millions de fans.

Best of Medébute d'une manière très pop-rock qui s'éloigne des bases hardcore (les fans de Cute Is What We Aim For ou The Maine apprécieront). Cependant, il ne faut pas crier gloire trop vite, car le penchant screamo se manifeste dès le refrain entêté avec les I can't believe you got the best of me qui annonce une fois de plus les résultats d'une rupture dévastatrice, bien nuancée dans les paroles du chanteur, on ne peut critiquer la plume de McKinnon et les instruments qui expriment très bien les suintements en entourant la voix.

Un changement se manifeste en milieu d'album avec les premières notes d'une... guitare accoustique. Sur I'm Already Gone, Jeremy passe au chant clair pour entonner le début d'une ballade romantique aux relents de mélancolie accentués par les choeurs de Kevin Skaff. Une bluesette d'ado pour essuyer ses premiers chagrins d'amour en somme avec la découverte du regret et du manque. Morceau constant et sans surprise.
Le titre Violence (enough is enough) a été révélé avant la sortie du nouvel album et a su ravir les fans qui n'en pouvaient plus d'attendre après la débâcle avec Victory Records. On découvre quelque chose que l'on avait pas encore entendu sur cette galette : une intro dansante à la Enter Shikari qui annonce la couleur. Et ce que nous découvrons s'avère être du ADTR pur et dur, le genre de compo qui pourrait bien autant cartonner que Since U Been Gone, si ce n'est que Violence est encore plus efficace. Cet échantillon est peut être le plus innovant de l'album.

On s'interroge par rapport à un titre de chanson tel que Life @ 11 très pop-punk avec le refrain ponctué de sh-sh-sh-shake, une musique entraînante qui reste assez pop dans l'ensemble et des paroles intéressantes sur l'anxiété et ce qu'elle nous empêche de faire. I'm a slave of all this voices in my head. I'm afraid of what they said. 
Le morceau I Surrender est ponctué de riffs clairs sur fond de guitare accoustique. Jeremy reprend le chant clair et on devine une certaine linéarité avec I'm Already Gone.On ne peut s'empêcher d'être légèrement déçu à l'écoute de ce titre, on le sent un peu transparent par rapport au convaincant reste de l'album. Plus poppy que I'm Already Gone.

Life Lessons The Hard Way débute sur un breakdown lent et lourd au démarrage. Une voix pleinement criée atteind son paroxysme, on sent le groupe éclater et les riffs sont excellents. Plus metal que de coutume, cette chanson est le meilleur moyen de se lever de bonne humeur le matin si vous écoutez Common Courtesy. La déception de I Surrender est rattrapée par cette compo imparable avec des breakdowns sur lesquels on se laisserait slammer pendant des heures.

Enfin, voilà un titre que l'on imagine incroyablement exaltant en live d'autant plus qu'il s'agit d'un rendement de compte à Victory Records (Tony Brummel plus précisément), il s'agit de The Document Speaks For Itself. On imagine un morceau coriace en live avec un groupe qui met tout ce qu'il a dans le ventre afin de prouver que s'il est encore là, c'est qu'il a un capital talentueux : how's living a lie? You never could face me, and you hide behind fake personnalities because deep down you're scared. L'opus se clôt un peu à la manière dont il a commencé en définitive car les paroles de I Rememberfont référence aux débuts de groupe I remember sleeping in the van, said goodbye to friends and family cause they could never understand. Dix ans après, les fondateurs du happy hardcore sont toujours aussi humbles et cela, on l'apprécie.


En définitive, le très attendu Common Courtesy laissera des avis bien mitigés sur son passage, tantôt très appréciés pour les plus grands adeptes, tantôt plus suspicieux pour ceux qui s'attendaient à un peu plus d'innovation et moins à un aspect aussi formaté et lent dans les virages où l'on souhaiterait voir la formation accélérer un peu plus. S'il est vrai que cet album n'atteindra probablement pas la côte de popularité de Homesick, la dernière production du combo attirera de nombreux fans et saura attiser l'oreille musicale des plus fidèles. Car ADTR reste ADTR malgré une recette que l'on aimerait voir cuisinée un peu différemment au fil des années. Cela dit, en alternant ballades, titres pop et post-hardcore de manière habile, les fondateurs du happy hardcore nous prouvent qu'ils ont plus d'un tour dans leur sac.