AC/DC - Stade de France - 23/05/15

 

 

Peu de monde donnait cher à la peau d’AC/DC après le départ forcé de Malcolm Young des Boys. Quoiqu’il en soit, ils sont debout et l’arrivée de Stevie Young n’a fait que rassurer les plus sceptiques d’entre nous. Décembre 2014, le nouvel album est en boite, il s’appelle Rock Or Bust et le titre est clairement une référence aux évènements auxquels le groupe a du faire face! Du Rock, sinon rien! Mais un concours de circonstances a empêché Phil Rudd à se présenter aux séances de promotion de l’album… Ils ne seront que quatre sur les photos promotionnelles de l’album, Angus, Brian, Cliff et Stevie. Il faut un batteur! Simon Wright et Chris Slade sont attendus par les fans du combo. Et c’est lors de la cérémonie des Grammy Awards qu’AC/DC a dévoilé au monde entier le visage de son nouveau batteur: Chris Slade! Du haut de ses 68 ans, Chris Slade a prouvé qu’il était encore capable de nous faire frissonner grâce à une frappe si brute dont lui seul connait la recette. 

Comme vous le savez sûrement, AC/DC et la France sont très attachés! Dès l’annonce des premières dates Européennes de la bande à Angus, à l’occasion non seulement de la tournée Rock or Bust mais aussi des 40 ans du groupe, une deuxième date nous a été rajoutée. La France est visée à deux reprises par les mercenaires du diable le 23 et 26 mars 2015 au Stade de France. Ils seront accompagnés par No One Is Innocent et Vintage Trouble

Dès notre arrivée sur place, nous constatons d’emblée qu’ une osmose s’était mise en place. Quand les teneurs de stands de merchandising et autre jouent à tue-tête les classiques des Australiens, nous profitons du moment en buvant une bière avec un des trois verres AC/DC confectionnés à l’occasion du concert de groupe. À voir autour de nous, le groupe fédère et ça fait plaisir à voir. Les Die-Hard fan exhibent leurs vestes à patch tandis que les autres se rattrapent en achetant les cornes si caractéristiques à AC/DC

L’annonce de No One Is Innocent en première partie pouvait faire sourire ou même laisser les fans de Hard Rock dubitatifs. Mais qu’est-ce que vient faire un groupe de la trempe en première partie d’AC/DC? Souvenez vous, le même scénario s’était produit lors de la tournée Française de Motorhead en 2011… Quoiqu’il en soit, la bande à Kémart Gulbenkian fait le job pendant que le stade se remplissait encore et a profité de l’opportunité qui s’est offerte à eux pour promouvoir quelques titres de leur nouvel album à venir Propaganda et mettre en avant des morceaux plus connus comme « La peau ». Certes, le groupe n’est pas à son avantage ce soir car une minorité du public semble être intéressée par leur Fusion engagé pourtant si caractéristique. Malgré le manque d'intérêt du public, ils n'oublieront pas de rendre hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo. Il faut dire qu’ils ne profitent pas d’une qualité de son très agréable, un son relativement bas qui ne nous a pas permis d’apprécier le concert à sa juste valeur.  

Inclure Vintage Trouble à la fête était un choix plus rigoureux et intéressant. Car le style du groupe nous amène tout droit aux fondements du Rock n’ Roll dont les membres d'AC/DC se sont bien évidemment inspirés pour les premiers albums du combo. Dès lors, nous montons dans une Delorean Volante et prenons cinquante ans dans la face! Ty Taylor en prenant ses faux airs de James Brown montre qu'il est habitué des grosses scènes et cela se ressent! Il osera à plusieurs reprises se confronter au public en se faisant slammer à ses risques et périls pendant que Nalle Colt, le classieux guitariste de la bande, nous balance ses riffs d’enfer! Même si le paris de mettre un groupe de Soul Rock en première d’AC/DC n’était pas gagné d’avance, ils ont réussi à enthousiasmer une partie de la fosse. Néanmoins, malgré le talent évident des musiciens, nous sommes venus avant tout pour voir AC/DC.

Après l’entracte, c’est enfin à Brian Johnson et sa bande de fouler les planches du Stade de France après ni plus ni moins six ans d’absence en France. Absence qui s’est clairement fait ressentir mais qui n’a pas empêché les fans les plus fidèles du combo à faire le déplacement non seulement depuis la France, mais aussi du monde entier à voir les différents drapeaux brandis par les AC/DCiens. C’est lorsque notre impatience est à son comble que la bande sonore introductive concert apparait! Enfin, ils arrivent… La video illustre des planètes qui s’entrechoquent laissant entrevoir des astronautes et bien sûr le logo d’AC/DC prouvant encore une fois que le groupe est bel et bien un univers à lui tout seul. Les musiciens débarque ! C’est parti pour 2H15 de show et c'est « Rock Or Bust » et son riff assassin qui inaugurent le set. Si le titre éponyme du dernier album est une bonne introduction, il sera bien vite oublié par le met suivant. « Shoot To Thrill » ravira tous les fans qui ne se sont pas procurés le dernier album des Australiens. L’armée de petits diables que constitue le public est réceptif et nous rappelle que l’Enfer n’est pas si mal que ça en fin de compte pendant « Hell Ain’t a Bad Place To be »  qui prend le relais et nous fait presque oublier le regretté Bon Scott au vue de la facilité de Brian Johnson à interpréter les tubes de son ainée. En parlant de la disparition de Bon, vous souvenez vous du « retour en noir » que le groupe a fait en 1980? Soit, mais ce soir, « Back In Black » porte mal son nom! La joie des musiciens est à son son comble et Angus nous ravie en faisant ses mouvements de jambes dont lui seul est en mesure de faire. C’est bel et bien un spectacle total auquel nous avons affaire ce soir! Non seulement, les titres sont interprétés à la perfection mais la personnalité des membres du groupe est mise en avant. Si vous n’avez pas été sensibles au groove de Cliff William pendant « Play Ball », aux notes introductives de « Thunderstruck » frappées comme la foudre par Angus Young, vous avez loupé votre concert. Quoiqu’il en soit, vous aurez surement remarquer la rigueur du choix des morceaux interprêtés ce soir. Ils mêlent titres de l'ère Bon Scott et Brian Johnson! De quoi ravir tout le monde. Ce sont tous les classiques qui sont interprétés ce soir en passant par « Dirty Deeds Done Dirt Cheaps » à « Rock n’ Roll Train » prouvant encore une fois qu'AC/DC est transgénérationnel! Dire que « Hells Bells » est un grand moment du concert est un doux euphémisme. Bien que Brian Johnson ne se suspende plus à la cloche comme il avait l’habitude de le faire (une cloche automatique fait le job à la place), la prestation de ce titre reste un des moments phares du live. Les musiciens, trempés jusqu’aux os, poursuivent leur set avec toujours autant d’efficacité sur « Baptysm By Fire ». En parlant de baptême, ne vous inquiétez pas pour Stevie Young qui, avec sa Gretsch, est ni plus ni moins la réincarnation même de son oncle Malcolm. Le retour aux classiques se fait sans difficulté lorsque le band joue « You Shook Me All Night Long ». Un grand moment d’émotion. Mais le côté maléfique du groupe reprend le dessus avec « Sin City » quand le public qui crie avec force son fameux refrain… « I’m going in… The Sin City ». « Shot Down in Flames » ne manquera pas non plus à l’appel, morceau qui dès les premiers accords effrénés d’Angus soulève une émeute dans la fosse.

Voir le retour de « Have A Drink on Me » ne pouvait rendre que les fans du combo heureux, mais c'est le dernier trio gagnant « T.N.T », « Whole Lotta Rosie » et bien sûr « Let There Be Rock » qui remportera le plus l’adhésion du public. « T.N.T », la recette est simple, trois accords de base et un public qui ne laisse plus Brian Johnson chanter. « Whole Lotta Rosie », titre qui traite excessivement les thématiques du Rock n’ Roll « Sex, drugs et Rock n’ Roll », laisse apparaître Lotta Rosie, la fameuse poupée gonflable qui nous en met plein la face. Quant à « Let There Be Rock », c’est l’apothéose! L’alchimie entre Chris Slade et Cliff William est sublimée par la voix rockeuse de Brian Johnson avec en fond des hommages à Bon Scott. Mais le grand moment du morceau reste le solo de 15 minutes pendant lequel le Petit Diablotin monte sur l’avancée scénique nous délivrer son solo dantesque. Une pluie confetti en guise de conclusion et le groupe part.

Le titre « Highway To Hell » rappèlera les petits diables à rentrer chez eux en Enfer mais avant cela, le groupe a voulu les saluer pour leur fidelité lors d'un « For Those About To Rock (We Salute You)» pendant lequel les dernières notes frappées d’Angus sont en harmonie totale avec les coups de canon. Vous n’avez pas à nous remercier les Boys. Merci à vous! For Those About To Rock (We Salute AC/DC).

 

Voir AC/DC en concert, c’est comme faire sa première fois. Elle est inoubliable. Elle est nous marquée à vie. Voir AC/DC en concert, c’est prendre une leçon de vie. Ne jamais baisser les bras quand les choses vont au plus mal.Voir AC/DC en concert, c’est comprendre le Rock n’ Roll.