Acyl - Aftermath

C’est une tendance bien réelle depuis quelques années, la musique metal conquiert toute la surface du globe à une vitesse alarmante. Les continents dont la culture musicale n’a pas joui des bienfaits du metal à ses origines commencent tout doucement à se montrer sur la scène internationale. Il en va de même pour l’Afrique, et pour le nord du continent, où il est pourtant difficile de s’affirmer membre de la communauté metal. Depuis 2007 et la sortie d’un EP et d’un album, les algériens d’Acyl reviennent avec Aftermath, dont la sortie, initialement prévue pour le 16 avril, a été repoussée au mois de mai. Et c’est avec grand plaisir que nous retrouvons le délectable mélange de metal et de musique du monde du groupe algérien.

"Restez authentiques." Telle est la formulation que vous retrouverez le plus souvent si vous vous penchez avec intérêt sur le quintette algérien Acyl, désormais basé en région parisienne. Dans la lignée de ses deux premières productions, The Angel’s Sin et Algebra, Acyl nous propose un album d’ethnic experimental metal saupoudré de musique traditionnelle algérienne. L’association est plutôt atypique, mais aussi très vivante, et, une fois n’est pas coutume pour ce genre musical, relativement apaisante. Tout cela grâce à une atmosphère somme toute fort bien travaillée par les membres du groupe.

En effet, s’il y a bien une chose qu’on ne peut contester, c’est qu’Aftermath transporte ses auditeurs. Sa musique est chaleureuse, revigorante, et procure un aller simple vers les splendides paysages de l’Atlas. Les membres du groupe se montrent à ce titre très polyvalents pour ce qui est de la maîtrise des instruments et des différents chants qui donnent corps à l’album.

Ainsi, au fil de l’écoute, nous nous retrouvons portés par des titres tantôt virils, comme "Son of Muhieddine", tantôt plus calmes, comme "Pride", dans lesquels les chœurs masculins sont de rigueur et où les instruments traditionnels offrent une dimension folk bienvenue à l’ensemble. Même si l’aspect expérimental de la musique d’Acyl est censé faire de l’album une production diversifiée et originale, il faut reconnaître que, sur toute la longueur, Aftermath peut sembler quelque peu redondant pour les auditeurs les moins réceptifs à la musique du groupe algérien.

Cela n’altère en rien le plaisir d’écoute, qui est, avouons-le, accentué chez les auditeurs n’étant pas familiarisés avec l’exquis mélange d’Acyl. Mais cet album ne restera pas gravé dans les annales du genre, justement par sa faculté à paraître répétitif pour les oreilles attentives. Heureusement, la curiosité ressentie à la découverte de cet album demeure intacte, et c’est finalement le plus important, alors que la course à la violence est de plus en plus présente dans certains genres.

Certes, Acyl peut se montrer itératif. Mais Acyl reste authentique, Acyl fait voyager et Acyl nous propose toujours de la musique de très bonne facture. Peu importe qu’Aftermath ne soit pas un album à écouter en boucle, il reste parfait pour reposer nos oreilles meurtries ou pour nous évader l’espace d’une petite heure. Tout le monde éprouvera sans nul doute un grand plaisir au moment de la sortie d’Aftermath, et tout cela pourrait faire une formidable publicité pour le metal africain, qui regorge de pépites à découvrir.

Retrouvez ici le titre "Ungratefulness", provenant du premier album d'Acyl, Algebra.