Aegeon - Devouring The Sun

Aegeon nous revient avec Devouring The Sun via Elegy Records et son black atmosphérique qui titille les frontières du dépressif. Derrière ce nom se cache le nom d’un seul homme, Lord Aegeon.

Avec une démo et un EP sorti en 2012  Entrance To The Gardens Of Death suivis deux ans tard plus d’un album Nocturnal Glorification, on peut dire qu’Aegeon n’est qu’à ses balbutiements. Pour autant, ce Devouring The Sun est une pépite du genre malgré un artwork pas très avenant surmonté d’un logo presque brouillon si j’ose dire. L’œuvre s’apparente plutôt  à un mini-album avec ses six titres qui frôlent à peine les quarante minutes. Qu’importe, on se laisse captiver par cette ambiance sinistre et ténébreuse  dans laquelle Aegeon veut nous séquestrer. Ce qui est  remarquable c’est que l’album ne perd jamais de sa puissance au fil des titres. De temps en temps, des mélodies distillées avec pertinence comme sur le titre « Art Of The Terminal Metamorphosis » amènenent un côté mélancolique vous touchant aux tréfonds de votre être.  Même si parfois on a l’impression que les titres se ressemblent les uns aux autres, on se rend vite compte que c’est pour affirmer davantage la noirceur de cet opus en ne vous laissant aucun instant de répit. Le summum est atteint avec le dernier titre de l’album « Treacherous Gates Of Silver » qui vous transporte littéralement avec un riff très aérien et torturé laissant un parfum de revenez-y. Les lamentations et les voix criardes  sont un must du genre et ne présentent aucune faute de goût de la part d’Aegeon. Il est difficile de trouver un véritable défaut à cet opus si ce n’est la production qui semble parfois un peu trop synthétique. Le manque d’organicité au niveau de la batterie érode de manière presque imperceptible le côté plus primitif et sombre qu’exige une telle œuvre. Néanmoins, on reste dans un album de très haute volée et nul  doute qu’avec un peu plus de reconnaissance et de renom, Aegeon saura nous combler avec plus de maturité et de maitrise à tous les niveaux.

Ne vous arrêtez  pas à la pochette rudimentaire  de Devouring The Sun parce qu’Aegeon vaut vraiment le détour et mérite qu’on s’y intéresse un minimum. Cette œuvre ne manque ni d’émotion ni de profondeur et les adeptes du genre s’en délecteront de manière certaine.