Age Of Torment - I, Against

Après un premier opus en 2010, Dying Breed Reborn, qui leur a permis notamment de se produire au PPM Festival aux côtés d'Europe et de Gamma Ray entre autre, Age Of Torment revient avec son deuxième essai. Regroupant des membres ou ex-membres de Resistance, Pro Pain, Ex Nihilo ou encore Bloodshot ; la scène belge tient son nouvel espoir aux côtés de Dehuman, Komah (dont vous pouvez retrouver une chronique dans nos pages), Resistance, Exuviated ou encore Deep Show.

Line-up :

Shaun Van Calster (guitare/chant)
Bruno Giannocaro (chant)
Nico Prygiel (basse)
Jon Malzov (guitare)
Jonas Sanders (batterie)

Dying Breed Reborn, le premier album de Age Of Torment, nous présentait une formation dans l'ère du temps entre thrash, metalcore et death mélodique. I, Against surpasse son prédécesseur sur tous les plans et montre un visage plus mature et personnel de la formation bruxelloise.

Si les éléments qui faisaient le son de leur premier essai n'ont pas disparu ils sont ici mieux maîtrisés, exploités. Aujourd'hui difficile de dire que le combo fait du thrashcore ou du metalcore tant sa formule si elle rappelle ces styles se fait plus personnelle. On a à faire à ce à quoi le metal moderne devrait vraiment ressembler. Car tout ce qui fait la joie des moshers de nos jours est bien là, breakdowns efficaces, échange voix claire/voix saturée, gros riffs qui peuvent rappeller Machine Head ou Devildriver.

La formule si elle paraît connue au premier abord est si bien faite qu'on peut difficilement résister. Et les habitants du plat pays se démarquent par une noirceur assez frappante dans le propos, comme sur Even If I Die qui traite de la maladie mortelle d'un proche et au cours duquel Bruno braille en français pour un excellent résultat. Les soli font parfois penser à du Arch Enemy, avec ce qu'il faut de shred pour ne pas tomber dans la démonstration stérile. D'ailleurs les échanges entre Bruno et Shaun sont loin de restés cantonnés au sempiternel couplet/refrain. Certains titres laissant presque autant de place à chacun (My Own Disease, Even If I Die, Witness The End).

La voix de Bruno tantôt proche d'un Jacob Brehdal (ex Hatesphere, The Kandidate) ou d'un Leif Edling (Dew Scented) tantôt dans un style brutal death appuie encore sur le côté sombre de AOT et apporte une touche plus violentà I, Against que n'avait pas son prédécesseur (Nyko Dybas) ; plus enfermé dans le style metalcore. Le riff principal du titre éponyme montre l'influence qu'a pu avoir Korn sur Shaun (le bougre est un fan absolu du gang de Baskerfield), qui sans pomper ses aînés s'est lâché en proposant ce riff plus « groovy » et lourd.

Native affiche quant à lui un visage plus foncièrement hardcore (comme Holocaust sur Dying Breed Reborn) avec ses choeurs virils et ses riffs un peu plus punky, tandis que Witness The End est sûrement le titre le plus violent de l'album (cette fin sur laquelle Bruno devient complètement fou !). Malgré toute l'efficacité dont le quintet fait preuve la construction de l'album laisse présager d'un certain concept. En effet on trouve pas moins de trois interludes, une intro et une outro au court de I, Against, mais aussi le bruitiste Liberate Tuteme Ex Inferis qui aurait pu finir le skeud.

Age Of Torment réalise le tour de force de proposer un pur produit de son époque tout gardant une identité. Puissant, accrocheur, surprenant, la claque !