AkromA - La Cène

Formé en 2003 par des membres ou ex-membres de Scarve, Ghord ou encore Elvaron, AkromA est un adepte du concept album et des featurings. Avec un premier essai sur les sept péchés capitaux en 2006 (Sept) et un second sur les dix plaies d'Egypte en 2009 (Seth), revoilà les nancéiens avec un nouvel opus qui s'intéresse à nouveau à La Bible (oui le titre est en itallyque, il s'agit bien d'une œuvre littéraire à part entière) : La Cène.


Line-up :

Alain « Bob » Germonville (chant)
Thomas Das Neves (batterie)
Mathieu Morand (guitare, orchestrations)
Laura Kimpe (chant)
Pierre-Yves Martin (basse)

AkromA c'est à la base deux mecs qui ont décidé que sortir un disque metal en France n'était pas assez compliqué. Du coup ils choisissent des concepts de dingues, composent avec des orchestrations dans tous les coins et invitent pleins de mecs pour rendre le tout encore plus énorme. Fatalement La Cène aura demandé quatre années de travail avant de voir le jour et regroupe pas moins de quinze invités dont douze chanteurs français. Les plus « connus » étant SAS De l'Argilière (Misanthrope, Argile), Black Messiah (Seth) et Manu « El Worm » Lévy (Wormfood) L'idée rappelle un peu celle de Pierre Le Pape avec Melted Space et dans les faits, ça donne quoi ?

La Cène raconte l'histoire d'un maniaque qui va reconstituer le dernier repas du Christ en tuant ses douze apôtres. Et on va commencer par l'élément qui affiche le plus ce concept : le chant.

Alain « Bob » Germonville s'égosille dans un registre black des plus écorchés qui ne plaît pas à tout le monde, loin s'en faut. Il faut dire que son chant peut s'avérer assez lassant au fil du disque lui qui occupe facilement 80% de chaque morceau, celui-ci est pour ainsi dire omniprésent. Pour autant il faut avouer qu'à la lecture des textes de La Cène, il est impressionnant que l'ex Scarve ait réussi à les placer dans un morceau tant ils sont complexes et pas écrit pour être chanter. Laura Kimpe, la soprano, n'a droit qu'à quelques lignes par morceaux, ce qui est un peu dommage. Plus d'échanges auraient peut être été bénéfique à la musique en amenant plus de variation et d'aération. Car finalement les invités n'ont pas forcément énormément de temps de parole chacun. Je regrette aussi le fait que Laurent Gisonna (Deficiency) n'ai droit qu'à du chant braillé sur « Jude », lui qui assure aussi bien en voix claires qui auraient sûrement eu plus d'impact. Ce black sympho des plus fouillés aux orchestrations super bien foutues se fait étrangement accrocheur sur le refrain de «Thomas».

Malgré un ensemble très chargé, autant en matière de texte/concept que de musique La Cène demeure une sacré œuvre qui mérite que les fans d'opéra metal se penche dessus.