Alcatraz 2017 - Jour 2

Un peu plus de 10h45 lorsque je refoule le site de l’Alcatraz festival de Courtrai en cette journée de samedi. Le temps gris laisse planer un doute sur l’utilisation de la cape de pluie mais bon... on verra. Le site a été totalement nettoyé, les bénévoles ont oeuvré toute la nuit pour rendre au parterre une certaine forme de virginité toute relative.

Direction la Prison Stage pour assister au show de Rage, le son est comme la veille plutôt bon, seulement perturbé par les fluctuations du vent. Les allemands ont gardé la fougue et l’énergie des premières années. Peter “Peavy” Wagner, fondateur et seul membre du line-up de 1984 assure toujours derrière sa basse et au micro. Leur dernier album, sorti cette année résume bien la carrière et la musique de Rage et en live leur Heavy/Speed Metal mélodique s’avère méchamment efficace. Le trio allemand donne le ton de cette deuxième journée en offrant un set carré et enjoué.

Les Belges de King Hiss prennent la suite sur la Swamp Stage pour délivrer un set de grande intensité. Leur stoner hybride, entendez par là que le quatuor incorpore à leur racine Stoner des éléments issus du Trash, du Hardcore même du Death dans certains climats est sacrément efficace et contagieux. Toujours un manque de basse sous le chapiteau dans le son mais l’énergie déployée par le groupe permet d’oublier ce petit écueil. 

C’est au tour de Sweet Savage de prendre place sur scène, quelques gouttes se posent sur ma veste mais rien de bien méchant. Les Irlandais pour qui la carrière fut malheureusement en demi-teinte ont cependant le plaisir d’avoir la reconnaissance du milieu musical et des groupes de la NWOBHM. Outre atlantique les Mets leur rendent hommage en faisant figurer la reprise << Killing Time >> en support de la sortie single de << The Unforgiven >>. << Killing Time >> fut justement un moment fort et attendu de leur set, tout comme << Whisky In The Jar >>. Un show assurément carré, jouer avec enthousiasme même s’il a manqué un petit quelque chose pour véritablement fédérer totalement la fosse.


Sous le chapiteau de la Swamp stage déboule Monkey 3, l’O.V.N.I du festival si je puis dire. Avec un concept basé sur des instrumentaux associant Stoner et Rock prog/Psyché, j’étais très curieux de voir ce que pouvait être un live du groupe Suisse. Et bien c’est du tout bon... le chapiteau est bien rempli et se laisse porter par les musiques lourdes et planantes de Monkey 3. En live le groupe touche un univers proche de celui Tool sur certains passages où la basse et plus en avant, un élément que je n’avais jamais remarqué sur les skeuds. Bref un très bon live qui nous permet de décoller du sol sans avoir besoin d’hallucinogènes.

Difficile de sortir du climat hyper planant et hypnotique dans lequel m’a mis le live des Monkey 3 mais mais jambes me conduisent dans un état second devant le set de Death Angel qui a déjà commencé son concert. Le Trash des gars de San Francisco est toujours aussi dynamique et ravageur. Mark Osegueda est en grande forme, parcourant la scène sans interruption et proposant un vrai show aux fans. Rob Cavestany et Ted Aguilar, la paire de guitaristes ne sont pas en reste. Dommage que le vent de plus en plus tourbillonnant ne perturbe un set franchement réussi en emportant les riffs vers d’autres oreilles.

Juste le temps de parcourir le court chemin qui sépare les deux scènes qu'High On Fire investit la Swamp. Au sortir de l'expérience Sleep en 1997, Matt Pike reforme dans la foulée un projet associant Stoner/Sludge et Trash Metal. Ainsi naît High On Fire. Dire que le combo s'est construit une réputation en live est encore loin de la vérité, le trio en live est un condensé d'énergie Rock'n Roll total. Il en ressort un concert où vous pouvez mettre les boissons énergisantes au rencart, la musique de High On Fire est là pour faire le taf!. Bref le trio se démène et donne une intensité réellement addictive à ses titres.

Pionnier du Stoner avec ses comparses, Josh Homme et John Garcia à l’époque de Kyuss ou Fu Manchu, le set de Brant Bjork sentait bon la poussière et le Mescal. Le set de Brant Bjork proposera un stoner beaucoup plus classique que celui des Monkey 3, puisant ses références dans des racines Rock Seventies et Blues. Les têtes s’agitent au rythme des titres, le public est conquis. Difficile de résister aux assauts des rythmiques pesantes et aux riffs gras distillés par le guitariste chanteur et ses zicos. Le combo salue le public que déjà résonnenon loin Last In Line.

Last In Line n’est autre que la réunion des musiciens du grand DIO pour les trois premiers albums à savoir Claude Schnell, Vivian Campbell, Jimmy Bain et Vinnie Appice. Consacrant dans un premier temps son répertoire aux reprises des standards de DIO, le groupe propose en 2016 un album de compositions inédites, moment où Claude Schnell cesse sa participation. Décédé peu de temps avant la sortie cet album Heavy Crown, Jimmy manque cruellement à l’appel et au monde du Hard Rock. Phil Soussan (Ozzy, Vince Neil, Billy Idol...) une autre légende de la basse, officie désormais avec Last In Line. le groupe apris la route afin de présenter cet album et passe en cette journée de samedi par la Prison Stage de l’Alcatraz. Le set fut extraordinaire de maitrise et de bonne humeur, l’hommage rendu à Jimmy par Phil a été vraiment touchant et la foule a pu se délecter des titres de Heavy Crown mais aussi d’un << Holy Diver >> endiablé. TOP!


Dommage pour le vent qui balaye trop le son... mais bon nous savons tous que c’est parfois le risque d’un festival en extérieur.

Une tout autre ambiance m’attends du côte de la Swamp car c’est Obituary qui déboulesur scène. Le manque de fréquence basse semble être moins présent en ce deuxième jour et c’est une bonne nouvelle. le son est bien plus équilibré. Clôturant son set par un << Slowly We Rot carnassier, le gang de Tampa fait office de rouleaucompresseur sur scène. le Death du groupe se propage sous le chapiteau et les premiersrangs subissent de plein fouet et avec un plaisir non dissimulé << Internal Bleeding >> ou << Vision in My Head >>Le groupe a définitivement encore de beaux jours devant lui car nombre de mes connaissances découvrant le groupe en live on été happées par la puissance et la maitrise du groupe. What Else! Obituary Rules!

Iced Earth, figure emblématique du Heavy Metal revient sur scène pour défendre un nouvel album Incorruptible. Vétérans du heavy, le combo est toujours aussi efficace en live, emmené par un Stu Block virevoltant le groupe se laisse entrainer par son enthousiasme et nous balance << Great Hanthen Army >>, << Dystopia >>, << Cthulhu >> avec une énergie bel et bien au rendez-vous. Si John Schaffer est la figure de proue du groupe, Stu Block devient quant à lui au fil des prestations live, le chanteur Heavy Metal de référence. Une grande performance!


C’est maintenant à une autre figure historique du Speed Trash made in USA d’investir le festival et la prison Stage. Testament est dans la place, le backdrop à l’effigie de la pochette de leur dernier album Brotherhood Of The Snake flotte et nappe l’intégralité de l’arrière-scène. Et pour flotter ça flotte... le show sur scéne est très bon, Chuck Billy and Co balance du lourd, << Into The Pit >>, << Pratice What you Preach >>, << The Pale King >>, << Over The Wall >>, << Low >>  couvrant ainsi une grande partie de leur discographie. Les musiciens s’en donnent à coeur joie et riffent à tout va mais là le vent est vraiment trop fort, annihilant les solos et les subtilités de la musique de Testament. Peut-être le combo ayant le plus souffert des aléas du vent sur les trois jours. Néanmoins ne boudons pas notre plaisir voir Testament on stage reste un grand souvenir et un grand moment de Trash pur.

Pour raison de faim grandissante... C’est assis et me restaurant que j’écoute plus que je ne vois le set de Sleep. Le son est puissant mais brouillon, je me rapproche, même constat, le chapiteau semble absorber de nouveau beaucoup les basses. Dommage pour la musique de Sleep qui s’appuie beaucoup sur la basse de Al Cisneros pour donner la prestance et l’ampleur au Doom/Stoner hypnotique du groupe. Une set list de choix avec << Holy Mountain >>, << Argonaut >>, << The Clarity >> fait pourtant vaciller de contentement le nombreux public dont j’entends les clameurs s’élever après chaque titre.

La pochette de l’illustre album Black Metal de Venom est en place, prête à épauler le trio dans leur procession de ce soir. Les fumigènes ainsi que les lights bleutés se posent...
Welcome to hell les ami(e)s. Une heure et quinze minutes pour se replonger dans les racines du Black. Nous sortons des limbes avec le constat que nous avons vu un concert de grande qualité. Les festivals sont le moyen de faire la part belle aux standards et en ce début de soirée nous en prendrons pleins les oreilles. Basse en avant Cronos égrène les titres phares de Venom avec un son puissant et clair. Le trio est en grande forme, Rage et Dante ne font qu’un avec Cronos. Les dix huits titres s’enchainent avec furia pour nous préparer au Show de l'ex-Immortal, Abbath.

 Abbath (le musicien....) n'est plus un personnage à presenter, membre fondateur du cultissime Immortal. Cependant la musique d'Abbath est différente de celle d'Immortal, plus lourde, plus atmosphérique même. Le premier album d'Abbath (le groupe...) fourmille d'excellents titres, mémorisables et efficaces. En véritable showman, Abbath gère la scène et n'oublie pas de cracher le feu comme souvent déjà du temps d'Immortal. Plongé dans un bleu glacial, le groupe se donne sans compter. Le son est plutôt bon, une bonne chose car parfois les shows d'Immortal souffraient d'un son trop moyen pour profiter totalement de la richesse de la musique. Mais là, tout y est, c'est clair et puissant, doublé par le plaisir pour les fans de Black de retrouver King Of Hell (GorgorothOv Hell, God Seed...) à la basse. On en redemande mais il est temps d'aller se poser devant la main Stage pour assister au live de Saxon.

 
 
 
L'Alcatraz reçoit Biff Byfford et sa bande en pleine tournée anniversaire. Effectivement les Anglais célèbrent cette année leurs quarante ans d'existence avec une tournée mondiale. Pour faire court, ce live fut excellent, une ambiance de ouf avec des fans totalement captivés et déchainés. Les lights plongent le groupe dans une ambiance dynamique sans en faire trop, le groupe s'amuse sur scène et nous aussi dans la fosse. C'est magique d'assister à un live de ce calibre, Saxon est une légende du Métal et on comprend pourquoi... Biff  est toujours très loquace et le public joue le jeu. Les classiques s'enchainent avec << Motorcycle Man >>, << 747 (Strangers In The Night) >>, << Princess Of The Night >>pour terminer le set et le triptyque << Wheel of Steel >>, << Crusader >>, << Denim and Leather >> en guise de rappel. Tout bonnement formidable. Les lumières se rallument et les sourires sont figés sur les visages. 
 
 
 
 
 
Ainsi se termine cette seconde journée, mon dos, me titillant depuis quelques heures, s'avère trop douloureux et me prive de Wolve In The Throne Room, combo de black atmosphérique que pourtant j'affectionne.
Un remerciement tout particulier à Stephan Birlouez d'Among The Living pour les photos de Saxon. Stéphan sera également parmi nous pour la journée de Dimanche. Merci à lui!

A demain!