Alcatraz Festival 2016 - Jour 1

Il est difficile pour la rédaction de Metal Cunt de redescendre sur terre. En fait, comme chaque année, l’Alcatraz Metal festival marque, que ce soit au niveau de sa programmation toujours plus éclectique ou même son caractère humain qui séduit de plus en plus de festivaliers. Et cette année, l’Alcatraz Festival a réussi à faire exploser le compteur avec des groupes tous aussi différents les uns des autres. La programmation, vous la connaissiez toute… Il y avait du Hard Rock, de Thrash Metal, du Metal Symphonique… Maintenant, une belle programmation n’envisage pas forcément une réussite. Et heureusement pour nous, l’équipe de Metal Cunt a été chanceuse. Compte-rendu ci-dessous.

Cette année, plusieurs changements de taille ont été effectués. Certains étaient plus judicieux que d’autres, c’est vrai. Pour commencer, changement d’emplacement. Le festival a subi un petit lifting qui a pu déstabiliser les plus habitués d’entre nous… L'emplacement de l’espace V.I.P. et celui de la scène principale ont été modifiés afin de donner un coup de jeune au festival. Cela était-il un choix rigoureux ? Nous verrons cela par la suite que non, puisque le soleil a aveuglé beaucoup des groupes qui se sont produits entre quatre et huit heures. 

Quoi qu’il en soit, dès notre arrivée au campement, nous sommes accueillis par une équipe de bénévoles fort sympathiques qui n’hésitent pas à aider les festivaliers à trouver leur emplacement. 

Nous posons notre tente, et nous nous acheminons devant la scène principale (qui semble avoir perdu en taille depuis l’année précédente (ce qui n’est pas le cas au final). Et c’est ThunderMother qui ouvre le bal avec un Hard Rock très sympathique qui nous a fait penser aux Runaways. En fait, tout est fait pour faire penser au combo américain. Elles sont cinq et plutôt belles… Peu importe, les riffs hard des suédoises réveillent bien les détenus de la prison de l’Alcatraz en interprétant leurs tubes très AC/DCciens dans l’âme comme « It’s Just A Tease », « Rock n’ Roll Disaster » et « Thunder Machine ». Il faut dire qu’elles ont dû à tout prix marquer la Belgique, c’était la première fois qu’elles s’y produisaient ! Et c’est chose faite. Le public réagit très bien quand elles font l’apologie de la bière et lorsque Filippa Nässil descend dans la fosse pour improviser un petit tube d’AC/DC. C’est un beau concert… Mais il est quand même dommage que le groupe ait délaissé la rigueur au profit de l’ambiance. Certes, elles font le show, mais ce n’était pas toujours carré et juste (notamment les notes pincées de « Thunderous »)… À revoir dans les mois à venir ! 

Metal Church ou bien le premier groupe estampillé Heavy/Thrash à se produire sur scène. Oui, Metal Church n’est plus à présenter. Oui, l’histoire du groupe est assez chaotique… Entre changement de line-up à répétition, nous avons failli nous y perdre, mais qu’importe. Ils sont là, et peut-être bien à leur plus haut niveau. En effet, Mike Howe (chant) est de retour, et ça se ressent clairement. Les américains nous ont offert un concert exemplaire, à l’image de ce que le groupe est réellement: un groupe carré et rigoureux (le retour de Mike Howe au chant n’y est pas pour rien). Certes, il n’y a pas eu beaucoup d’animations dans le pit et le groupe se contente de jouer ses morceaux avec précision, mais nous ne pouvons pas leur en vouloir. On se régale. Avec des titres tels que « Start The Fire », « No Tomorrow » et le classique « The Human Factor », Metal Church a réussi, en faisant varier les intonations, à se mettre les vieux thrasheurs dans la poche. 

The Answer est un groupe hyperactif… Révélé en première partie d’AC/DC en 2009, The Answer n’a jamais vraiment arrêté de se produire un peu partout et d’enregistrer des disques. La preuve, depuis 2006, ils ont déjà réalisé six albums (dont Solas qui sera bientôt dans les bacs !) Ce week-end, ils rendent visite aux détenus de l’Alcatraz le temps de trois quarts d’heure… Et c’est que ça passe vite trois quart d’heure. Le concert est festif et le groupe est très communicatif avec son public. Cormac n’a pas hésité pas une seconde quand il a fallu honorer ses prédécesseurs, à savoir Metal Church: « Jamais je n’aurais pensé me produire juste après Metal Church », s’est-il enthousiasmé ! Occasion rêvée pour le groupe de dédier « Come Follow Me » à ce dernier ! Et le Hard Rock de la formation mêlant diverses influences fait mouche sur le site. En effet, il aura été agréable de remarquer les influences Purpliennes et Led Zeppeliniennes de Paul Mahon sur des titres comme « Preachin’ » et « Never Too Late »… Ça tient la route de bout en bout et ça crée également la surprise. Quand les autres formations décident de terminer leur gig par un classique, eux non, ils préfèrent interpréter en final deux titres (« Thief Of Light » et « Solas ») de leur nouvel album, Solas, pas encore disponible dans les bacs ! Un concert très sympathique. 

Personne ne se doutait que Candlemass allait être programmé à l’Alcatraz. Depuis quand le festival programme t-il des formations de Doom ?! Et cela n’est pas pour nous déplaire… Au contraire, voir Candlemass en concert, c’est s’assurer de se prendre une claque et comprendre un peu plus les origines-mêmes du Doom Metal. Pour cela, rien de mieux qu’une basse qui frappe bien, et des guitares sous-accordées qui respectent au mieux les codes émis par Black Sabbath. Niveau chant, certes, le groupe n’a jamais eu de chance avec ses frontmen… Mais il semble avoir trouvé la perle rare avec Mats Levén (ex-Therion, ex-Yngwie Malmsteen, ex-Adagio). Oui, le monsieur est charismatique et nous fera régulièrement penser à Ronnie James Dio, ce qui n’est pas pour nous déplaire puisque cela colle parfaitement à l’ambiance émise par les titres « At The Gallows End », « The Dying Illusion » et Crystal Ball ». Mais l’homme du concert, c’est bien Lars Johansson et son jeu de guitare reconnaissable entre mille ! C’est lourd, c’est gras, ça utilise le triton comme jamais, et surtout le guitariste ne se contente pas de seulement jouer ses parties de guitare. En effet, sur les classiques « The Dying Illusion » et « Solitude », il arrive à ajouter un truc que n’ont pas les versions studio. Vous l’aurez donc compris, il ne fallait sous aucun prétextes louper cette performance ! La première grosse claque de la journée ! 

La ville de Courtrai est amoureuse d’Avatar ! Je vous le jure ! Après s’être produit gratuitement dans la ville l’année dernière, Filip, invite une nouvelle fois son groupe fétiche à se produire au festival et vue la populace qui s’est ameutée devant la scène, il n’est pas le seul à apprécier le combo clownesque. Pour la rédaction, c’est la troisième fois qu’elle assiste au spectacle d’Avatar, et pour le peu que nous puissions dire, c’est que la rédaction n’a pas été déçue. En effet, les protagonistes jouent le jeu à fond et les roadies prennent même des allures d’assistants. En fait, ils sont là car ils ont quelque chose qui cloche chez eux, vous savez cet amour fou du Heavy Metal si bien que les protagonistes en ont un peu perdu la tête, et les fans également. Ils arrivent donc sur scène tous accoutrés de la sorte (en clown) sur fond d’explosions ! Ça réveille. Et bien que le concert ait un peu souffert d’une basse bien trop présente, cela n’a pas arrêté le groupe qui a continué à insuffler la terreur. Et c’est à croire que les belges aiment ça puisqu’ils semblent avoir adopté le groupe. On pouvait même voir quelques flamands brandir un drapeau de la Flandre, et de nombreux spectateurs se faire voltiger. En ce qui nous concerne, nous prenons beaucoup de plaisir écouter leurs morceaux au style très éclectique… Ça sonne « Neo Metal » mais pas que ! On aimera les touches parfois reggae sur « The Eagle Has Landed », parfois plus Thrash (« Hail The Apocalypse »), parfois plus fun comme ce « Let It Burn » (qui a souffert d’un son de guitare bien trop en retrait, c’est dommage), et le sentimental « Bloody Angel ». En plus, tous les morceaux sont introduits par Johannes Michael Gustaf Eckerström plus dément que jamais comme pour « Smell Like A Freakshow ». Bref, le concert faisait plaisir à voir, mais dommage que le son n’ait pas été à la hauteur du show proposé par les clowns… 

Triptykon ou l’incompréhension. Pourquoi avoir programmé un groupe de Black/Doom (ou Doom/Black) en plein après-midi ? Oui, le festival tente et ose en faisant venir des groupes qui ne sont jamais passés au festival… Mais à l’image d’un Behemoth qui avait dû se produire en plein jour l’année dernière, le concert fut en poil décevant. Qu’importe, le soleil brule et c’est sur un semblant d’Enfer que Tom Gabriel et ses sbires se sont produits sur scène. Très peu d’interactions entre le public… À part un commentaire sur la météo et un « This Song was composed before you were born », le groupe s’est contenté d’interpréter ses morceaux (« Goetia » entre autres) et ses reprises de Celtic Frost (« Dethroned Emperor », « The Prolonging » et « Procreation (Of The Wicked)). Le tout est toujours aussi efficace en live, planant et colle bien à la mise en scène pieuse du groupe (vous savez les croix) mais nous ne gardons pas un aussi bon souvenir par rapport à la prestation que nous avait offert la formation au Motocultor en 2015. 

Anthrax ou la première grosse classe du festival. Oui, Anthrax, c’est un peu comme Slayer, c’est une fois sur deux que c’est bien. Et nous avons eu de la chance. Ce fameux concert n’avait rien à voir avec le concert un peu raté du Hellfest. Peut-être est-ce parce que le groupe est attaché à la Belgique ? Scott Ian l’a dit pendant le concert ! Trois performances en un été, pas mal ! La fosse se remplit, et les slams s’enchaînent donnant du fil à retordre aux fans d’Airbourne qui attendaient leur tour, et ce dès le premier titre, « You Gotta Believe » vite suivi par « Caught In A Mosh » et « Got The Time » (Joe Jackson). En plus, nous avons également eu droit à « Madhouse » qui avait été boudé au Hellfest. Un régal. Mais si Anthrax s’est illustré, c’est bien pendant la prestation, sans faille cette fois-ci, de ses nouveaux morceaux « You Gotta Believe », « Evil Twin » et « Breathing Lightning ». La claque. Belladonna est en voix, et joue à son habitude avec son public en se prenant en selfie avec et arpente la scène en long, en large et en travers pendant le dernier titre « Indians ». Scott Ian, lui, est toujours aussi provocateur et a entraîné de sacrés mouvements de foule pendant la « war dance » du morceau en question. Est-ce que vous me croyez si je vous dis que j’ai assisté au meilleur concert d’Anthrax de ma vie ? 

Ministry est de retour en Belgique pour le plus grand plaisir des fans de Metal Industriel. La rédaction avoue, elle a profité du concert pour aller se restaurer, mais elle est toutefois revenue pour assister à la deuxième partie du concert. C’était un show efficace que nous ont donné les américains... Le gig était à l’image de ce que le groupe avait proposé cette année au Wacken: écrans projetant des vidéos ressortissants à l’imagerie du groupe, des accessoires lugubres (assez kitchs), de nombreux riffs saccadés sur « LiesLiesLies » et « The Missing ». Niveau public, il a totalement évolué depuis le départ d’Anthrax, et c’est une atmosphère plus attentive et calme qui s’est mise en place, bien que Al donne du sien pour rendre le concert percutant. Il faudra attendre la fin du concert pour que de véritables pogos se mettent en place sur les titres « Stigmata » et « Thieves ». Oui, la rédaction avoue, elle n’est pas vraiment fan du style vestimentaire d’Al et ses copains, ni de l’imagerie qu’ils colportent… mais il est évident que Ministry demeure toujours une référence dans le domaine du Metal Industriel tant les morceaux  comme « Just One Fix » demeurent aussi des manifestes du genre en question. Clairement, le groupe en aura surpris plus d’un de par son endurance !  

Changement de plateau et place au groupe le plus déjanté de la journée: Airbourne. Après avoir secoué le festival Into The Grave, le groupe de Hard Rock australien a directement pris la route pour rejoindre l’Alcatraz Festival ! Le groupe se la joue « old school », décore sa scène avec de nombreux amplis Marshall et balance des morceaux remplis de hargne dès « Ready To Rock ». Pour les australiens, pas question de faire dans la dentelle, on enchaîne avec les morceaux les plus connus (« Too much, Too young, Too Fast », « Chewin’ The Fat »…) pour réveiller ceux qui s’étaient endormis pendant Ministry ! Le concert est classique et Joel O’Keefle va à la rencontre de son public avec sa guitare (et même les PMR) ! On ne va pas vous faire un dessin, ça puait l’énergie et la décadence de partout ! Jo, comme à son habitude, fait le show avec ses bouteilles d’alcool qu’il explose sur son crâne et laisse Ryan tourner la sirène pour introduire « Live It Up ». Le son est particulièrement bon, et bien plus dynamique que celui proposé à l’Into The Grave la veille… Le public est ravi, et aura même pu voir le groupe interpréter le nouveau « Breakin’ Outta Hell », un titre bien plus Heavy qu’à l’accoutumé… mais n’a pas vu le frontman expérimenter quelques acrobaties périlleuses sur l’infrastructure de la scène… Mais ne vous inquiétez pas, il le fera surement le 12 décembre prochain à l’Aéronef de Lille à l'occasion de la nouvelle tournée européenne du groupe !




Voir Whitesnake en sous tête d’affiche peut être déstabilisant pour les fans de David. C’est vrai quoi ! Quarante années au service de la cause Hard Rock pour se retrouver en dessous de Within Temptation est incompréhensible pour certaines personnes. Mais David et ses musiciens ont joué le jeu ! Pour rallier tout le monde à sa cause, ils ont décidé d’interpréter onze morceaux du répertoire de Whitesnake, tous aussi connus les uns que les autres à commencer par « Bad Boys », « Slide It In » et « Love Ain’t No Stranger ». Oui, les titres les plus « FM », aucun titre de Lovehunter ni de Snakebite… Mais on aura quand même apprécié le frontman chanter « Here I Go Again », « Cryin’ In The Rain » et « Still Of The Night », de sacrés morceaux qui ont débouché sur des moments d’anthologie. Par contre, là où ça clochait, c’était bien au niveau de la place qu’ont pris les nombreux solos de guitare, basse et batterie. Oui, ces moments ont confirmé le talent de ses musiciens, on aura vu de belles guitares à paillettes et reconnu le style qui fait de Tommy Albridge un batteur légendaire… Mais une amie m’a dit: « les groupes qui laissent autant de place à l'instrumental, c'est que le chanteur ne veut plus trop forcer car il ne tient plus ». Inquiétant ? non. Normal ? Oui… Et nous pouvons aujourd’hui que remercier David et son divin charisme pour le concert qu’ils nous ont offert. 

Après la légende, place à une valeur montante du Metal Symphonique: Within Temptation. Sharon et ses copains n’ont aucun album à promouvoir, mais rien ne les empêche de proposer une nouvelle scénographie… une nouvelle comédie façon « Broadway » diront les autres. Oui, car Within Temptation est un peu la petite soeur de Nightwish. Tout est très beau à voir, et tout sonne très juste sur « Our Solemn Hour » et « In The Middle Of The Night ». J’insiste sur le côté visuel, car un groupe de la trempe n’avait jamais autant compté sur cet aspect. Quitte à oublier l’aspect musical, le groupe a préféré placer un gros écran pour que les musiciens se confondent dans la masse visuelle des clips proposés en fond sur « Paradise (What About Us ?) et « And We Run » sur lequel on pouvait voir Tarja et Exzibit sur l’écran pour les collaborations respectives. Oui, car l’apparence joue beaucoup chez Within Temptation… Mais ce sont tous des musiciens accomplis, il ne faut pas l’oublier ! C’est notamment cette fameuse reprise de Black Sabbath « Black Sabbath » qui l’aura prouvé. Oui, le Metal Symphonique est assez codifié, mais une fois transposé sur ce genre de classique, cela peut donner des choses très intéressantes. En gros, même si l’on est pas fan, il faut avouer que la place de Within Temptation en tête d’affiche était légitime. 

Premier feu d’artifice, quelques festivaliers s’échappent de la prison… Certains se sont retrouvés dans le camping pour passer une nuit mémorable en compagnie de nos amis flamands, qui n’ont pas manqué d’amour, de sympathie et d’alcool pour fêter leur amour du Heavy Metal. À Demain ! 

 

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