Alcatraz Festival 2016 - Jour 2

Après une nuit mouvementée au camping, la rédaction est réveillée par un groupe de flamands chantant des chansons paillardes dans les alentours du camping ! Il se faut réveiller ! Une grosse journée nous attend. Et en plus, cette journée n’est pas des moindres puisqu’elle annonce le retour de Twisted Sister sur les terres de Courtrai, et ce pour la dernière fois de son existence ! Puis encore une fois, quelle programmation pour cette deuxième journée ! Constatez par vous-même: Exodus, Kreator, Devildriver, Soulfly, Avantasia et bien d’autres se sont partagés la scène, de quoi faire baver plus d'un régiment de Hardos !

On commence la journée avec Flotsam and Jetsam ! Et bien du beau monde s’était donné rendez-vous pour assister aux hostilités. En fait, ce groupe est un peu culte, c’est le premier groupe de Jason Newsted (ex- Metallica). Mais vous l’aurez compris, ça c’est du passé. C’est le Flotsam and Jetsam version 2016 qui nous intéresse ! Et claque ! Nous avons eu droit à une panoplie de bon vieux morceaux et d’autres plus récents comme ce fameux « Seventh Seal » qui a ouvert le gig. Le groupe voulait vraiment faire plaisir aux fans de la première heure en interprétant quelques titres de son premier album: « HammerHead » et « Desecrator ». Le concert est vif et les riffs gras des titres « Life Is A Mess » et « No Place For Disgrace » se bousculent bien comme il faut… Mais malheureusement, aucun pit ne s’est réellement mis en place durant ce gig. Dommage car le groupe le mérite amplement. 

S’il y a bien un groupe qui ne rencontre pas de difficulté pour former un pit, c’est bien Exodus. Sillonnant le monde en long, en large et en travers, le bande de Steve « Retro » Souza arrive à l’Alcatraz et est bien décidé à en découdre. C’est vrai, en plus, ils ont toujours quelques bonnes bombes à retardement à faire exploser sur le public… Et c’est que le groupe aime la violence… Dès « The Ballad Of Leonard and Charles » (pendant lequel les parties d’arpèges ont défilé en fond sonore), les Thrasheux se sont passés le mot: en gros, il faut foutre le bordel. Ça se bouscule, et les autres restent attentifs. Gary Holt est toujours bien occupé avec Slayer donc il est remplacé par Kragen Lum. Mais pas grave, car les titres sont particulièrement bien exécutés ! Et c’est que Steve aime bien voir son public s’entre-choquer. Il l’interpellera à plusieurs reprises en avisant celui-ci de donner quelques conseils en ce qui concerne la violence durant « A Lesson In Violence », vite poursuivi par « Black List » et « War Is My Shepherd ». Mais ce n’était rien comparé à l’engouement dont ont fait preuve « Bonded by Blood » et « The Toxic Waltz » où il n’est pas bon de rester dans le pit sous peine de se faire déchirer la jambe. Programmer Exodus à 12h, c’est un peu sous-estimer ce mastodonte du genre, mais ça aura eu le mérite de réveiller les fêtards de la veille. 

Autre formation que nous attentions de pied-ferme: Devildriver. Quand Dez Fafara n’est pas avec Coal Chamber, il tourne avec Devildriver et sort même quelques albums quand l’envie lui prend. Autant vous dire qu’il excelle dans les deux groupes. Certes, il y a carrément moins de monde qui est resté voir Devildriver… Mais Dez a réussi à motiver ses fans dès « End Of The Line », le titre plus connu du groupe ! Ainsi, une fois le public dans la poche, il a pu lui demander d’enchaîner les circle-pits et walls Of death. Et c’est que ça tabasse. Les nouveaux morceaux « Daybreak » et « My Night Sky » ont été adoptés au même niveau que les classiques « I Could Care Less » et « Clouds Over California » bien présentés comme il faut par le maître de cérémonie. En fait, si Devildriver fascine, c’est bien par l’endurance dont fait preuve le combo, et surtout son côté « funky/groovy » qui fait carrément mouche dans le public ! Le côté « mélodique » des titres comme « Clouds Over California » et « Before The Hangman’s Noose » n’a pas été mis de côté et particulièrement bien mis en avant par le mix. Mention spéciale à cette reprise de AWOLNATION (« Sail ») qui fait toujours son petit effet sur scène ! Un excellent concert de Thrash/Death. 

Nous prenons le temps de nous restaurer et nous revenons aux abords de la scène lors de la prestation de Korpiklaani. Korpiklaani est le groupe culte de Folk et avant toute chose un groupe qui sent la débauche à des kilomètres. En fait, le groupe est aussi surtout connu pour ses titres « Vodka » et « Tequila »… Mais réduire la carrière du groupe à cela, ça serait bien trop méchant. En ce qui concerne le concert de ce dimanche, il était festif à l’image du groupe. Et les protagonistes tous habillés en tenues traditionnelles encouragent le public à faire la farandole dans la foule. Et c'est que les titres « Sahti », « Viinamaen Mies » et « Journey Man » font toujours leur petit effet… Mais pourquoi Jonne ne prend t-il pas le temps d’entretenir sa voix ? Pour une fois que les arrangements sonores des morceaux sont agréables à écouter… Lui, il baragouine ses paroles et se contente de cela pendant tout le concert… Bref, les fans s’en moquent et reprennent la fête qui arrivera quand même à son paroxysme lors de l’interprétation de « Vodka » où les animations dans le pit se sont décuplées…  Nous nous sommes bien amusés, certes, mais il est dommage que le groupe se contente du même show à chaque fois. Le groupe va t-il créer la surprise dans les années à venir ? On l’espère ! 

Lita Ford ou la surprise de l’édition 2016 ! Bien que son image reste associée à celle des Runaways, Lita Ford n’en demeure pas moins une artiste solo accomplie ! Et pour être honnête avec vous, la venue de Lita Ford sur le territoire Belge en a surpris plus d’un. Normalement, la diva aime se produire aux États-Unis avec des groupes comme Warrant et Ratt, mais pour le plus grand plaisir des Européens, elle a fait le déplacement le temps d’un concert. Voir Lita Ford en 2016, c’est se rendre compte que son charisme n’a pas changé et que la chanteuse est fidèle à elle-même. Bien sûr, son répertoire a évolué, elle interprète désormais des titres de ses albums récents comme « Living Like A Runaway » précédé d’un discours durant lequel elle a expliqué s’être produite en Belgique il y a 40 ans devant une fosse remplie d'Hardos de sexe masculin. Mais elle n’a pas oublié d’interpréter le titre qui l’ont fait connaître au plus grand nombre: « Cherry Bomb » des Runaways ! Bien sûr, nous aurons eu droit à de nombreux titres de sa carrière solo comme « Gotta Let Go », « Kiss Me Deadly » et la fameuse power-ballad « Close My Eyes Forever » durant laquelle Lita Ford s’est équipée de sa guitare à deux têtes et son guitariste, chargé de chanter les parties d’Ozzy Osbourne ! Oui, nous avons eu tout ce que nous étions en droit d’attendre de la chanteuse, et en plus, elle chante encore extrêmement bien… Mais alors pourquoi est-elle partie dix minutes avant la fin de son concert ? 

Changement de style et nous passons à tout autre chose avec Children Of Bodom. Le groupe est partout - François Lampin, notre photographe, ne vous dira pas pas le contraire ! Il est en passe de voir la formation pour la quatrième fois ce week-end, et ce en un seul été ! Children Of Bodom, en 2016, semble être en forme et hormis quelques soucis de son (une basse bien trop présente, et des guitares inaudibles au début du concert), le groupe dégage toujours cette petite dose d’énergie qui fait du bien par où ça passe. Children Of Bodom a déchaîné les passions ce dimanche… (vous l’avez aussi entendu cette fille qui a crié « I love you Alexi » tout le son du set ? Nous oui)… Mais revenons à la musique. Les Children Of Bodom s’en sont bien sortis avec une setlist mêlant toutes les époques du groupe. Les die hard auront pu se satisfaire devant la prestation comme « Lake Bodom » et « In Your Face » pendant que les petits nouveaux auront pris leur pied en écoutant quelques tranches issus de Worship Chaos. C’était un beau concert oui, mais pas plus impressionnant que le raz-de-marée de fans qui a tourmenté les fans de Twisted Sister les forçant à sacrifier leur place au premier rang: la vie aux barrières peut s'avérer impitoyable ! 

Soulfly ! Quand Max n’est pas avec Cavalera Conspiracy, ni en train de fêter les vingt ans de l’album Roots, il est avec Soulfly. Et clairement, nous ne sommes pas contre une nouvelle performance de Soulfly bien que leurs prestations laissent parfois à désirer. Aujourd’hui, ce fut un peu le cas pour des raisons indépendantes de leur volonté… Bah oui, imaginez bien un batteur qui doit se produire face au soleil qui plus est a les mains totalement moites, c’est pour cette raison que l’introduction de « Refuse/Resist » (Sepultura) a été loupée ! Mais pas grave, Zyon s’est quand même bien débrouillé et a fait preuve d’un professionnalisme exemplaire par la suite et s’est même amusé à rattraper les baguettes qui s’échappaient de ses mains par la suite ! Quoiqu’il en soit, le reste était très efficace, Max est en voix, et demande à ses fans de former le plus grand circle-pit du festival dès « We Sold Our To Metal ». Niveau setlist, c’était une setlist très axée sur les meilleurs albums de Soulfly (Conquer, Dark Ages, Prophecy, Savages…) avec des morceaux comme « Blood Fire War Hate » « Arise Again », « Phophecy »… Mais il est intéressant de voir que le groupe n’a pas perdu de son authenticité. Max, même s’il fait le strict minimum avec sa guitare à 4 cordes, s’amuse et nous amuse en reprenant les riffs d'« Iron Man » (Black Sabbath). La reprise finale de « The Trooper » (Iron Maiden) était également bien amusante. Pour faire court, c’était un beau concert ! Prochaine étape, le Motocultor pour revoir Maxou et ses copains !

Kreator est une vraiment une machine de guerre… Kreator est vraiment le groupe qui s’en sort le mieux au sein du Big 4 Teuton. Pourquoi ? Quand nous assistons à un concert de Kreator, nous remarquons d'emblée qu'il s'agit là d'un concert qui ne repose pas uniquement sur l’aspect musical. Il y a une vraie mise en scène, et des roadies qui jouent le jeu à fond en portant des masques à l’effigie de la mascotte du groupe et des fumigènes… Ce fut le cas à l’Alcatraz ! Après cette introduction et quelques explosions de confettis, Mille Petrozza et sa bande arrivent sur scène sur « Enemy Of God » vite remplacé par « Terrible Certainty ». Tout se passe au mieux et au fil des morceaux, Mille demande à ses partisans de lui montrer « Belgium Style of Moshpit ». Le leader est toujours aussi charismatique et nous prenons beaucoup de plaisir à imiter ses fameuses mimiques lorsqu’il chante les couplets de « Phobia » et « Awakening The Gods ». Incroyable. Le concert a été découpé en trois parties distinctes séparées par les bandes sonores « Choir Of The Damned », « Mars Mantra » et « The Patriarch » et le son est particulièrement bien mixé pour un groupe de Thrash Metal, on entend bien les solos de Sami Yli-Sirniö ! Mais dommage que notre enthousiasme ait été interrompu pendant la coupure d’électricité durant le morceau « From Flood Into Fire » ! Pas grave, le groupe est pro et sait comment réagir à la situation. Une fois le problème résolu, Kreator reprend et nous avons finalement droit à nos riffs mélodiques mis en scène par des flammes durant les refrains. La dernière partie constituée de « Violent Revolution » et « Pleasure To Kill » assassineront les derniers courageux slammers… Mais avouez-le, vous avez été étonnés que Mille et ses copains sortent de la scène sans avoir interprété le classique « Flag Of Fate ». On en veut encore ! 

Avantasia ne se produit pas souvent en Belgique… La fosse était donc blindée quand nous nous retrouvons devant Tobias Sammet et son Metal Opera. Et quelle entreprise, la scène est riche d’un décor assez impressionnant qui faisait penser aux mises en scène que proposait Ronnie James Dio dans les 80’s, vous savez les escaliers et les quelques balcons ! Bref, Tobias est vraiment là pour faire le show et offrir une nouvelle gloire à des musiciens inconnus du jeune public Metal. Oui, accompagné de musiciens et choristes talentueux qui n’hésitent pas à faire le show, Tobias Sammet, le chef du projet, présente au fur et à mesure cinq musiciens tout aussi exceptionnels les uns que les autres. Après un « Mystery Of a Blood Red Rose » où Tobias est seul accompagné de ses choristes, il sera rejoint par ses amis/interprètes… Ainsi se sont enchainés quelques titres du dernier album et les vieilles stars du Rock ’n’ Roll, à savoir Jørn Lande sur « The Scarecrow » et « Promised Land », Eric Martin (Mr Big), Ronnie Atkins (Pretty Maids) sur « Invoke The Machine », Bod Catley (Magnum) et Michael Kiske (Unisonic, ex- Helloween) sur « Ghostlights ». Bref, une belle panoplie de moments inoubliables qui frôlaient la perfection à chaque fois. Et c’est que Tobias ose ! N’ayant pas peur des contraintes temporelles, il programme quand même un morceau fleuve, le morceau « Let The Storm Descend Upon You » qui a rassemblé Jørn, Ronnie et Tobias. Un voyage épique qui en a dépaysé plus d'un ! Et bien sûr, que serait une concert d’Avantasia si tous les musiciens conviés ne chantaient pas ensemble sur « Sign Of The Cross/ The Seven Angels » ? L’interprétation de ce titre a mis à la lumière du jour plus que des musiciens qui chantaient ensemble mais des amis qui prennent du plaisir à nous faire plaisir. Même si cela avait l’air toutefois un poil stérile, nous ne pouvons que féliciter Tobias Sammet de nous avoir concocté un show hors-norme et d’avoir rassemblé tout ce beau monde rien que pour nous ! 

C’est toujours à l’occasion de sa tournée d’adieux que nous voyons une nouvelle fois Twisted Sister. Si le concert du Hellfest avait été assez spécial du fait de l’apparition de Phil Campbell sur deux morceaux, celui donné à l’Alcatraz Festival ne fut pas moins intense. En effet, il s’agissait là du tout dernier concert que donnaient Dee Snider et sa bande en Europe… Et Dee Snider nous l’a fait comprendre d’entrée de jeu: il a délivré un concert mémorable à l’image de ce que le groupe a toujours été: décadent et délivrant une bonne leçon de Rock ’n’ Roll ! Le son est top dès « What You Don’t Know (Sure Can Hurt You) » ! Mike Portnoy fait toujours le boulot et assure les parties de chacun des morceaux qui seront présentés ce soir ! Et c’est que nous sommes chanceux, nous avons eu droit aux meilleurs morceaux de Twisted Sister tous tirés des quatre premiers albums des New-Yorkais comme « The Fire Still Burns » (joué en hommage à A.J. Pero), « Like a Knife in the Back », « Destroyer » et le revendicatif « I Am (I’m Me) ! Tous les musiciens à savoir Jay Jay French, A.J. Pero, Mark « The Animal » Mendoza assurent chacune de leurs parties… Mais la palme de la classitude totale reviendra toujours à Dee Snider, le seul véritable homme de la situation ! Souvenez-vous ces fameux jeux corporels durant « Burn In Hell » ou même ces interpellations durant le mythique « We’re Not Gonna Take It » (chanté plus de cinq fois ! Un record !), cette quenelle envoyée au groupe Scorpions, Ozzy Osbourne, Judas Priest qui prétendaient prendre leur retraite alors que non et bien sûr cet hommage à Lemmy, Dio, Jimmy Bain durant le morceau « The Price » ! Aussi est il que nous avons eu le droit, contrairement au show du Hellfest, à la fameuse reprise des Rolling Stones « It’s Only Rock ’n’ Roll (But I Like It) » et à trois rappels ! Incroyable, Dee Snider, jamais en manque de voix, vocalise comme jamais les couplets de « Come Out And Play » suivi par « Tear It Loose » tiré du premier album de la formation. Mais toutes les bonnes choses ont une fin… Avant d’interpréter l’ultime titre de la soirée: « S.M.F. » nous avons eu droit à une présentation mettant en avant chacun des membres, sans oublier A.J. Pero… Le logo de Twisted Sister s’illumine, prend feu et les derniers artifices jaillissent et Twisted Sister s’en va… 

Nous retournons une dernière fois à notre campement, la fête est finie et pourtant de nombreux festivaliers continuent de chanter en choeur le refrain de « We’re not Gonna Take It »… Oui, Twisted Sister, c’est bel et bien fini pour nous, il ne fait aucun doute qu’on entendra encore parler de lui dans vingt ans ! C’est sur cette belle note que s’achève l’Alcatraz 2016. Aucun point noir, que des bons moments, et bons souvenirs... Ce qui est sûr, c’est que la rédaction de Metal Cunt sera encore de la partie l'année prochaine !