AMOEBA - Counterweight

Il y a des groupes qui, lorsqu’on les découvrent, nous touchent et nous poussent à suivre de près l’évolution de leur carrière. Amoeba fait parti de ceux-là.
Formé à Strasbourg début 2010 autour de Lucas Hahl (chant), Marius Philippi (guitares), Simon Reiss (basse) et Louis Schmidt (batterie), le groupe évolue dans le registre du Brutal Death Metal. Depuis 2010, le line-up a quelque peu évolué, accueillant Vince Wilquin en seconde guitare et Jonathan Gebel en remplacement de Simon Reiss à la basse.

Le premier EP 3 titres intitulé Days in Black sorti en octobre 2010 m’avait purement et simplement démoli. En effet, outre son degré de brutalité, le quatuor faisait déjà preuve d’une technique et d’un professionnalisme rares compte tenu de l’âge de ses membres à l’époque (18 ans en moyenne).

Vous l’aurez compris, j’attendais de pied ferme ce premier full-length et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu.

C’est donc le 22février 2014 que sort ce Counterweight, premier album d’Amoeba

Au programme, 9 nouveaux titres pour une durée totale de 27 minutes. Pour ce premier opus nous avons droit à une pochette dans la continuité graphique de l’EP, plutôt originale dans un style musical ou les artworks se battent généralement pour obtenir la palme du gore.

Musicalement, cet album reprends là ou l’EP s’était arrêté en s’assurant que cette fois, l’auditeur ne se relève pas. Dès le premier titre Mind Coercion, le ton est donné et on peut dès lorsaffirmer que le groupe mérite son étiquette Brutal Death Metal. Ça frappe vite, fort et sans temps morts. 

Cependant, limiter Amoeba à cette simple étiquette ne serait que trop réducteur.
La preuve en est avec des morceaux comme In Loathsome Avarice et son intro tout en lourdeur typée Immolation (période actuelle).
Il en va de même pour les morceaux Plague Mongers et Martyrdom et leurs plans ultra syncopés qui font désormais offices de marque de fabrique pour des groupes étiquetés Deathcore comme WhiteChapel ou encore Thy Art is Murder.

Mais si il y a bien une influence qui est perceptible tout au long de cet album, c’est bien du Death dit Technique qu’elle provient. En effet, de véritables cascades de plans sweeping, si « Necrophagistiens » viennent agrémenter les compositions de l’album. Toutefois, c’est avec la plus grande parcimonie que le groupe en a ponctué l’album, ce qui évite l’overdose comme ont pu le faire certains groupes récemment (Deeds of Flesh pour ne pas les nommer).

Le groupe décide néanmoins de ralentir le tempo pour le dernier titre By Lawful Violence et nous offre par la même occasion le morceau le plus long de l’album, agréable en guise de conclusion, presque reposant. 

Sur le plan de la production, Counterweight se place une fois encore dans la lignée de Days in Black. Le son est très propre, très moderne. Les blastbeats et autres parties de batterie sont bien mises en avant et apportent beaucoup de dynamisme à l’ensemble. Côté guitares, rien à redire, le son est massif, puissant, l’arrivée de Vince Wilquin permettant un véritable travail des harmonies. De son côté Lucas Hahl est toujours aussi impressionnant, avec un growl qui ne subit que peu de variations pendant toute la durée de l’album. Seule la basse reste peut-être un peu en retrait et gagnerait à être plus mise en avant, d’autant que le style technique peut permettre de belles lignes travaillés.
 
Vous l’aurez compris, il m’est difficile de trouver du négatif dans ce premier album d’Amoeba. Des compositions d’un niveau technique assez hallucinant, un son surpuissant, le tout étiqueté Made in France : que demander de plus !
Un excellent premier album pour un jeune groupe de Brutal/Technical Death Metal ? Personnellement, tout ça me rappelle un certain Decapitated et son
Winds of Creation… À suivre de près !