Amon Amarth - Jomsviking

Twilight of The thunder God, sorti en 2008 avait positionné les Suédois d’Amon Amarth dans le Hall of Fame du Metal contemporain, devenant de ce fait les représentants les plus reconnus de ce que l’on appelle dorénavant et de façon commune le Viking Métal. Les textes de Johan Hegg, les pochettes ainsi que les décorums de scènes axés sur cette période de l’histoire Scandinave ont bien sûr renforcé cette classification. Amon Amarth c’est aussi un groupe de Death Mélodique qui album après album confirme son savoir-faire, s’offrant ainsi de nouveaux territoires à coloniser et perpétuer la fidélisation de son public. Avec Jomsviking, le groupe s’attaque à une légendaire saga basée sur les Vikings de Jómsborg, des mercenaires offrant leurs services aux plus offrants, le groupe profite de cette ligne narrative exclusive pour nous proposer un album-concept total. 
 
Line up
 
Vocals - Johan Hegg
Bass - Ted Lundström
Guitar - Johan Söderberg
Guitar - Olavi Mikkonen
Drums (Studio) - Tobias Gustafsson (ex Vomitory)
Drums (Live) - Jocke Wallgren ( October Tide, Valkyrja)

Amon Amarth a toujours été dans l’honnêteté et la transparence en créant des liens forts entre les Dieux du Nord, la Mythologie Nordique et ses légendes avec sa musique alternant riffs couperet et plages musicales ultras mélodiques. D'aucuns ont parfois reproché à Amon Amarth de trop souvent naviguer dans les mêmes schémas de compositions et/ou d’ambiances et de trop souvent se répéter.

Que les esprits chagrins et polémistes, les insatisfaits chroniques stoppent ici leurs allégations. Certes Jomsviking se place fièrement dans la tradition du savoir-faire d’Amon Amarth mais une fraîcheur nouvelle semble avoir envahi cet album et le groupe
Leur Death mélodique, ici plus proche que jamais d’un In Flames époque Clayman ou Colony, s’acoquine d’arrangements et de plans terriblement Heavy. « Wanderer », « One Thousand Buring Arrows » ou encore « At Dawn First Light » nous donne à déguster une forme de New Wave of British Heavy Death Métal mélodique made in 2016. On pensera surtout à Iron Maiden avec le travail fantastique sur la sonorité des guitares et les harmonisations judicieuses composées par Johan Söderberg et Olavi Mikkonen et à Judas priest avec en exemple l’intro de « On Sea Of Blood » et son riff tonitruant. 
On peut aussi penser à Saxon à différents moments dans l’approche et les choix du son des guitares « Raise your horns »
Mais attention! Il s’agit bien de références, d'un clin d’oeil assumé et non d’un probable manque de créativité d’un groupe en manque d’inspiration. Bien au contraire, Amon Amarth garde en tout point le contrôle de ses compositions et son style se fait plus épique, plus organique, plus viscéral encore, ceux-ci amenant le groupe vers plus d'universalité. Le chant de Johan Hegg est totalement en phase avec cette option artistique, il s’amuse même à explorer des univers vocaux qui donne au concept de l’album une alternative quasi théâtrale. « A Dream that Cannot Be » confirme cela avec la présence sur le titre de Doro Pesch qui incarne ici l’amour perdu. Le duo sous la forme d’un dialogue, échange et se déchire faisant avancer le titre vers les chapitres du dénouement de l’album.
Les deux voix sont en phase totale, le grain de Doro et celui guttural de Johan Hegg se complétant à merveille. Cela m’a d’ailleurs fait penser à ce que Dimmu Borgir avait réalisé sur le titre « Gateway » de l’album Abrahadabra avec la participation active d’Agnete Kjølsrud et de la symbiose vocale d'avec Shagrath pour un résultat éminament jouissif.
La production assurée par Andy Sneap (Arch Enemy, Accept, Craddle Of Filth, Saxon...donne une clarté exceptionnelle à l’ensemble et renforce le côté épique et captivant de Jomsviking. La musicalité des morceaux en est exacerbée et cette option donne au groupe une nouvelle dimension sonore hautement appréciable. 

Jomsviking est assurément un concept album brillant et intense. Cet exercice n’est pas une démarche aisée et Amon Amarth nous démontre ici avec brio et originalité qu’il maitrise parfaitement les tenant et les aboutissant de cette option artistique. Jomsviking est chapitré, parfaitement construit et l’univers très Shakespirien de la saga, avec son lot de vengeance, de sang versé, de trahison est parfaitement rendu par le groupe, plaçant Jomsviking pas simplement comme un album de plus (le dixième...) de la carrière d'Amon Amarth, mais comme une pièce majeure de leur discographie, sur laquelle le groupe s’appuiera sans aucun doute pour la poursuite de sa carrière. Oui, vous l’aurez compris, cet album est une totale réussite, à la fois enthousiasmant, frais et terriblement addictif.