Anata - The Infernal Depths Of Hatred

Line-up :

Fredrik Schälin (guitare & chant)
Andreas Allenmark (guitare)
Henrik Drake (basse)
Robert Petersson (batterie)

 

Cette Réédition en vinyle du premier album des Suédois d’Anata The Infernal Depths Of Hatred par le label français KaosKvlt de chez Kaotoxin nous permet de redécouvrir ce groupe de Death metal. Enregistré en premier lieu au StudioMega en 1998, ce remastering en version vinyle a été fait par Frédéric Motte (Gorod, Otargos, Putrid Offal…) au Conkrete Studio en mars 2016.

Plongeons-nous dans le vif du sujet. Imaginez-vous la sortie de cet album en 1998, la scène suédoise et plus spécialement de Göteborg avec son Swedish Death mélo à la At The Gates, In Flames, Dark Tranquillity, ou encore Soilwork, rayonne et marque le metal de par le monde. C’est là que The Infernal Depths Of Hatred de Anata vient faire son petit effet, on s’attend à un son si caractéristique de la scène suédoise comme les groupes précédant et bien non ! Dès le premier morceau on est sur le cul, c’est quoi ce son lourd et brutal se rapprochant de la scène Death US à la Deicide, et Morbid Angel. Anata ce n’est pas du Swedish Death mélo, c’est du Death technique et ça poutre.

Pour un premier album le groupe fait fort. The Infernal Depths Of Hatred est d’une diversité étonnante, et Anata nous propose à la fois un Death technique et brutal mais avec aussi des mélodies caractéristiques du Death Suédois. Et les mecs ne sont pas des manchots ! On ouvre le livret pour regarder le line-up et quand on voit que Frederik Schälin fait la guitare et le chant en même temps, quelle performance. D’ailleurs le deuxième guitariste n’est pas en reste, ils se répondent avec son homologue sur des mélodies et des parties harmonisées faisant son petit effet. Les rares solos sont courts, bien placés et sonnent très Death avec beaucoup de distorsion comme sur « Released When You Are Dead ». Le batteur s’en donne aussi à cœur joie avec des blast et des breaks ne cessant de marteler ses fûts tout au long de l’album. La basse fait le taffe et apporte une rythmique lourde, quant au chant il est hargneux et vient appuyer la musique des Suédois à merveille. Les textes du groupe traitent, un peu comme les groupes de la scène Death US, de l’aversion face au christianisme mais contrairement à cette scène américaine c’est écrit ici de façon plus poétique, nuancé et recherché.

Quand je vous parlais de diversité dans cet album je ne plaisantais pas. On assiste tantôt à un côté très brutal et technique, laissant place à des parties mélodiques et épiques puis passant par des parties plus lourdes et typiquement Death. Des breaks en son clair viennent s’ajouter aux compos pour donner un côté plus atmosphérique et calme, et parfois les chansons sont enrichies par l’ajout d’autres instruments comme sur « Under Azure Skies » vers 4min30. L’intro de « Slain Upon His Altar » avec son petit côté acoustique est très mélancolique et prouve que le groupe sait varier sa musique avec ce morceau mélodique et technique à la fois. Petit bonus, la reprise de la chanson « Day Of Suffering » de Morbid Angel, issue de leur split War Vol. II sorti en 1999.

Même si certains morceaux se fonderont dans la masse et ne se distingueront pas, cet album est un énorme coup de massue. Avant l’arrivée prochaine d’un nouvel album à l’horizon 2017, Anata nous fait patienter avec le remastering de son premier, et ô combien novateur, album. Je vous invite donc à l’écouter sans modération et à découvrir le groupe si vous ne le connaissez pas.