Angellore - La Litanie des Cendres

Concevoir un album, c’est souvent révéler une partie de soi au grand public. Le musique a ce pouvoir, aussi grandiose soit-il, de véhiculer des émotions par l’intermédiaire de quelques notes, quelques mots. Quoi qu’il en soit, c’est bien ce qu’il se produit lorsque nous posons un disque d’Angellore sur notre platine et ce depuis Les Promesses de l’Aube. Ce premier Ep annonçait déjà les prémices d’un groupe prometteur. Et en 2015, le groupe en est déjà à son deuxième album, La Litanie des Cendres, un disque spirituel et dépaysant à la fois.

Un album d'Angellore est un morceau d'art assez difficille à appréhender car tout relève du spirituel et de l'occulte. Il faut dire que les chants religieux des trois gars participent à l’évasion des auditeurs et ce dès les premiers souffles de « A Shrine Of Clouds ». Les parties de guitare sont pleines de nuances et la voix gutturale rentre bien en connivence avec le chant clair. Tout est complet, tout est cohérent.

Bien sûr, il s’agit là de longs chants sacrés, à une exception près, qui peuvent à première vue rebuter tout auditeur « lambda ». Car la crainte que ces psalmodies se répètent est évidente. Si cela peut être un poids, c’est tout le contraire qui se produit chez Angellore ! Nous sommes invités à distinguer les différents mouvements qui constituent ces compositions. Conséquence ? Nous sommes comme fanatisés. Ces prières se fondent dans un tout logique qui ne lâche jamais ses partisans. Pour faire court, le mot d’ordre de cet album est « qualité » et ce dès l’incipit de « A Shrine Of Clouds » jusqu’au final épique de « Moonflower ».

La Litanie des Cendres se laisse donc écouter sans réelle difficulté. Le trio a réussi à sélectionner le meilleur de ses sources d'inspiration et a assimillé le tout à une identité déjà bien construite. Quand « Inertia » prendra des airs d’Anathema grâce à la participation vocale (assez sublime en soi) de Lucia, les notes liturgiques de « Twilight’s Embrace » rappellent un certain Empyrium. Tout comme ses aïeux, le groupe a proféré à chacun de ses chants liturgiques différentes intonations. Et ce, dès les premières notes dynamiques de « A Shrine Of Clouds » en passant par les parties de violon de Cathy plus qu’indispensables sur « Twilight’s Embrace ».

Angellore, c'est aussi un grand moment de poésie où l'on peut décerner une panoplie de passages lyriques et poétiques à chaque piste. Le titre « Moonflower » illustre bien cela.  La formation marque des points en plaçant un chant Français qui rentre bien dans la logique du Romantisme Noir. Cet objet d'étude, conceptualisé par Charles Baudelaire, renforce bien ce côté atmosphérique et gothique si propre à Angellore.

Partout dans l’album, on notera le soin qui a été apporté à la production. Elle met en avant les consonances lyriques entreprises par les invitées, Lucia et Cathy, sur « Inertia » et « Twilight's Embrace ». Le tout empaqueté dans un digipack artistique deluxe et vous obtenez là une oeuvre qui frôle la perfection à tout point de vue faisant de l'objet une réelle pièce de collection. 

La messe est dite ! Angellore, en signant La Litanie des Cendres, a fait son entrée dans la cour des grands en privilégiant la qualité à la quantité. Et ce nouvel album en est bien la preuve formelle.