Anunaki - Anunaki

Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises d'Anunaki, quintet nancéien de post-metal fondé en 2010 à la croisée des chemins entre le black metal, le postcore et le sludge. Auteur d'un premier EP trois titres en septembre de l'année dernière (dont vous pouvez retrouver une chronique dans nos pages), le groupe a joué avec Blockheads, Phazm, Hypno5e, Burning Heads, 6:33 ou encore Svart Crown.

 Line-up :

Kali (chant)

Damoon (guitare)

Mathieu (guitare)

Rosie (basse)

François (batterie)

 Poursuivant sa vision « DIY », Anunaki publie une fois de plus un trois titres fait main bien plus soigné cependant que le premier. A tout les niveaux ! La production, confiée au Psyrus Studio (responsable du son de DeadMen et de Dust In Mind), laisse Eléphange à la case démo en quelques secondes et l'EP est vraiment un superbe produit.

L'autre grande différence avec Eléphange c'est la présence de Kali au chant, qui a remplacé Orlando en août dernier. Sa voix plus vindicative rend la musique des nancéiens moins noisy et plus aggressive, ce qui n'est pas pour déplaire aux métalleux pur jus. Sa performance est totalement différente de ce que la jeune femme propose live, plus brisée et éraillée. Particulièrement sur la fin de « Temple Of Trilobites », qui choppe les tripes comme un bulledog choppe les coui...

Cela vient probablement du fait que la frontwoman a dû enregistrer plus de dix heures (!) d'affilées. Il est bien difficile de ne pas être touché par la souffrance, l'honnêteté et l'affliction qui se dégage de cette voix.

 Dans son ensemble Anunaki est plus rentre dedans que son prédécesseur, notamment le plus core « Mouette », de loin le titre le plus violent de la bande.

Difficile de savoir si les titres sont sérieux ou non, après « Puppies », « Ostrich & Walrus » et « Lezards » sur le premier EP voici : « Cult Of Palourde », « Mouette » et « Temple Of Trilobites ». Il est clair qu'Anunaki est omnubilé par les animaux mais est ce un délire ? C'est ce que vous pourrez découvrir dans l'interview que nous ferons avec le groupe sous peu.

Si comme dit précédemment Anunaki est plus frontal, il n'en demeure pas aussi ambiant et dépressif que l'était Eléphange. C'est qu'au cours de « Cult Of Palourde » et « Temple Of Trilobites », qui approchent tout deux les quatorze minutes, le quintet nous fait passer par de nombreuses ambiances qui empruntent autant au black, qu'au postcore, qu'au sludge. « Temple Of Trilobites » aux relents de black metal putride proposent de superbes guitares tantôt solos de Damoon, tantôt arpégées de Mathieu qui rappellent Cult Of Luna. Sa fin pachydermique écrase tout sur son passage et rythmé par les coups de François, semble interminable.

 Anunaki a gardé son esprit de débrouille mais a su soigné sa deuxième sortie, qui dépasse du coup la première de la tête et des épaules dans tous les domaines. Plus touchant, plus « tripal », plus rentre dedans, plus mature.

Des bases plus que solides pour un futur premier album de postmetal.