Anunaki - Eléphange

Formé en 2010 dans les Vosges pour soutenir un bar, Anunaki a depuis partagé la scène avec Phazm, Hypno5e ou encore Ulcerate dans sa Lorraine natale. Melting pot assez poussé, le groupe vogue entre les flots post-hardcore, doom et black pour ce qu'il aime à définir lui même comme du post metal. Ce trois titres est leur première galette et s'intitule Eléphange.

 

Line-up :

Julie « Kali » Genestier (chant)
Damoon (guitare)
Mathieu (guitare)
Rosie (basse)
François (batterie)

Anunaki ne fait pas comme les autres. A l'heure où tout le monde enregistre un premier EP (cinq ou six titres), le fait presser à quelques centaines d'exemplaires et espèrent tourner un maximum, les lorrains eux, publient un trois titres dont chaque exemplaire est unique. Chaque artwork est créé par un membre et numéroté (cinquante exemplaires existent), une démarche qui rappelle le milieux black metal, un style dont Damoon (guitare) est un grand fan.

Autre étrangeté de cette première sortie, c'est le fait que le chant soit assuré par Orlando, hors celui-ci ne faisait déjà plus partie du combo lorsqu'elle est parue en septembre dernier. Il a depuis été remplacé par Kali (ex-Bioscar).

 

Anunaki est un peu comme la rage du désespoir : implacable, pesant, irrésistiblement hypnotique.

Les riffs orientés black metal de leur musique ne peuvent que plonger irrémédiablement au sein de ce torrent d'affliction fort bien exprimé par Orlando qui oscille entre le chant black et le chant criard d'un Sam Carter (Architects). Toujours écorché vif, en un mot. Globalement Eléphange montre la facette plus black d'Anunaki, notamment sur « Ostrich & Walrus » et ce « Puppies » tendu à l'extrême et son riff plus hypnotisant que le jeu d' « actrice » d'Eva Green. « Lezard » montre la facette plus postcore des lorrains avec ces courts breaks inattendus et ses riffs plombés. Le doom n'est jamais bien loin non plus, dans ces lentes montées rampantes et malsaines. Sachant qu'il est bon de poser les choses parfois (et aimant ça par la même occasion), on trouve aussi des breaks planants aux très beaux arpèges sur lesquels l'ancien pirate de la bande (elle était pire que facile celle là...) s'arrache encore les cordes vocales ou bien s'essayent à un chant clair vacillant (« Lezard »).

Le quintet a choisi une production pure, sans aucun artifice qui colle parfaitement à l'esprit du groupe, le son de batterie laissera les moins habitués un peu circonspect mais rien qui gâche le disque. On pense tour à tour à Neurosis, Cult Of Luna, When Icarus Falls, Electric Wizard, il y a plus dégueulasse comme influences non ?

Le format trois titres d'Eléphange lui permet du haut de ses quinze minutes, d'être plus facilement abordable que s'il s'était étalé sur un long format. Pas sûr cependant qu'Anu l'ait réalisé dans ce but. C'est que sa musique n'est pas facile d'accès à cause de sa charge émotionnelle, l'auditeur doit se sentir prêt à écouter ses pensées les plus sombres et désespérées pour entrer complètement dans leur univers. Le jeu en vaut la chandelle, car les amateurs de riffs plombés, du côté hypnotique et rampant du black metal et de lourdeur tant musicale qu'ambiante, trouveront leur bonheur sur Eléphange.