Apocalyptica - Dagoba - Aeronef - Lille

L’aéronef ouvre ses portes en ce début de soirée Dominicale à un plateau plutôt hétérogène, à savoir les Sudistes de Dagoba en ouverture et Apocalyptica, quatuor Drum & Cellos que l’on ne présente plus car présent sur les scènes depuis vingt années maintenant comme le fera remarquer Eicca Toppinen pendant le set presque étonné d'une telle longévité. D’abord remarqué pour leurs reprises de Metallica (One, Seek and Destroy, Master of Puppets...) le groupe s’est attaqué à la composition peu de temps après avec l’album Cult (2000) et depuis n'ont de cesse de continuer à se faire plaisir sur les covers Metal et de nous proposer des albums de leur cru de grande qualité.

18H15, ouverture des portes afin de permettre au public déjà très nombreux d’assister au show des quatre de Dagoba prèvu à dix-neuf heures tapantes. Du line-up de base, subsiste Shawter (chant) et Werther (basse), Franky Costanza (batteur) ayant tiré sa révérence il y a peu pour se consacrer à Blazing War Machine dans lequel officie également Izakar, l’ex-gratteux originel de Dagoba. C’est Nico Bastos (Deep In Hate, ex-Esprit Du Clan) qui a pris le relais à la batterie et le Monsieur s’y entend pour marteler ses fûts et assure grandement sur la discographie de Dagoba. Avec un jeu et un toucher assez différent de Franky, il insuffle aux titres une énergie nouvelle, s'appropriant les titres sans en dénaturer l’essence.

Très expressif derrière sa batterie il cogne à tous va et assure sur les trente minutes d’un show qui s’avérera excellent. Un peu déçu de la prestation du combo au Kraken Fest ou le groupe semblait ailleurs, la rédaction ne peut ici que saluer l’excellent live donné ce soir. Tout y est, rage, présence scénique et bonne humeur.

Les titres s’enchaînent comme autant de classique dans la discographie déjà bien fournie du groupe. les deux groupes étant dans un registre très différent on aurait pu craindre un certain manque d’intérêt de la part du public s'étant déplacé pour Apocalyptica mais pas du tout, les fans de Dagoba ont entraîné avec eux la majeure partie du public pour laisser la fosse aux abois du premier au dernier morceau.

 Une prestation des plus agréables à regarder et écouter, desservie par un son précis et puissantLe groupe n’a en rien perdu de son sens de la scène et prouve qu’il est bien là dans son élément, à revoir en tête d’affiche avec un set plus long.

 Changement de plateau pour découvrir une scène quasiment vide à l’exception de la batterie, installée sur un praticable qui nous permettra de profiter du jeu démonstratif de Mikko Sirén. Le fond de la scène est couvert dans son intégralité par un backdrop gigantesque, de toute beauté où un personnage au visage cagoulé et veste gothique défie le public dans un hangar désaffecté et entouré de mannequins de vitrine à la silhouette presque fantômatique.

 Le décor est planté, le noir se fait et c’est parti pour presque deux heures d’un show ultra carré ou virtuosité et feeling mènent la danse. Le concept d’Apocalyptica a séduit dès le début en 1996 et sur scène leur démarche prend une ampleur phénoménale. Les violoncelles deviennent de véritables machines à Riffs entre les mains de nos phénomènes Finlandais. D’évidence, le groupe prend un pied fou à être sur scène et une complicité toute naturelle s’installe entre eux et le public. S’enchainent les reprises et les compositions issues de leurs sept albums studio. Quelques covers, dont « Refuse/Resist » de Sepultura et quelques titres de Metallica avec une version de « One » tout en émotion et force. Le light show est simple mais totalement en phase avec les efforts et l'énergie déployée par le groupe.

 Les violoncelles deviennent au fil des années des instruments hybrides au service de la volonté, de la fantaisie artistique des musiciens. ils se font doux et symphoniques puis tout en distorsion et couverts d’effets finissant d'installant  Apocalyptica dans la sphère d’un “vrai” groupe de Métal. Le quatuor en avait la philosophie et l’attitude, maintenant c’est aussi avec le son qu’ils franchissent un autre pallier pour délivrer live les singles les  imparables que sont « I Dont Care », « Not Strong Enough » ou « I’m Not Jesus », qui furent de grands moments où les refrains repris en choeur par la fosse donnèrent des frissons.

Une belle réussite que ce plateau, sur le papier un peu surprenant mais qui à voir les sourires sur les visages se rapprochant de la sortie aura ravi le plus grand nombre.