Ashes of Nowhere - Emptiness


Il y a près d’un an, les italiens de Ashes of Nowhere ont révélé leur premier album, Emptiness, au grand jour. Un premier test pour ce groupe de black metal aux influences multiples qui aspire à produire une musique forte des critères de nombreux sous-genres du black metal. Penchons-nous sur le premier né du duo italien.

Line-up :

- Alessandro Coos (Basse, Guitare, Batterie, Clavier, Chant)
- Andrea Lodolo (Chant)

Deux ans après la formation du duo, Ashes of Nowhere nous a proposé en août 2015 un premier album, produit de manière indépendante. Et force est de constater que, pour une première production, Emptiness ne se montre pas avare en terme de quantité. Nous nous retrouvons face à un album d’une petite heure comprenant sept titres. Les italiens se revendiquent du post-black, bien que le sous-genre soit extrêmement vaste. On distingue, à ce titre, comme évoqué précédemment, des influences provenant de nombreux autres sous-genres.

Cela passera probablement inaperçu pour certains, mais il m’est difficile de ne pas évoquer des similitudes avec Cradle of Filth, tant les chants se rapprochent de ceux, si particuliers, de Dani Filth. Les sonorités en arrière plan en viennent même à nous faire penser à l’atmosphère du groupe britannique. Cela peut sembler troublant dans le cadre d’un écoute passive, mais la comparaison s’arrête là, car Ashes of Nowhere s’est bel et bien constitué un style qui lui est propre.

Au fil de l’album, on distingue clairement des touches de black avant-gardiste et de blackgaze. La structure des titres n’est jamais clairement définie, le travail de composition est plutôt poussé pour nous offrir des instrumentations plutôt satisfaisantes. Nous noterons malgré tout certains riffs de guitares qui sonnent franchement très mal sur la longueur, ou peut-être est-ce une tentative pour rendre le tout plus dérangeant ? Quoiqu’il en soit, c’est raté.

De manière générale, l’ensemble est malgré tout relativement bon. Les titres sont longs et appréciables, avec une préférence naturelle pour "Finest Pain" et "Journey In The Abyss Of Emptiness", sur lesquels l’atmosphère est mieux travaillée et se marie mieux avec les chants et les riffs de guitare. L’ambiance générale est, sur la majeure partie de l’album, réellement malsaine, bien que les quelques imperfections ternissent un peu le tableau. Emptiness n’est pas un mauvais album, mais il s’adresse à un public en particulier. Qu’on se le dise, les puristes du genre n’apprécieront guère, mais ce n’est de toute manière pas à eux que s’adresse cet album.

Ashes of Nowhere assume pleinement ses choix sur le plan musical pour donner naissance à son propre style, et cela est louable au sein d’un genre où la catégorisation bat son plein. Post-black, certes, mais pas uniquement, et c’est finalement ce qui fait la richesse de Emptiness. Le duo italien signe donc un premier album un peu lacunaire sur les bords mais plein de promesses. Nous surveillerons donc avec intérêt son évolution. En ne lui souhaitant qu’une chose, de rester fidèle à ses idéaux.