Asylum Pyre - Spirited Away

Difficile de se renouveler quand on s’appelle Asylum Pyre et quand l’on joue du Hard Rock Progressif ! Tout semble déjà exploité et abouti dans leur domaine de prédilection. Et pourtant le sextet Francilien remet le couvert en 2015 après un Fifty Years Later relativement bien accueilli par la presse spécialisée. Avec ce Spirited Away sorti chez Massacre Records, il s’agissait de voir si le combo s'était échappé de son asile ou bien s’il était resté confiné dans la banalité.  

Avec deux premiers albums qui traitaient de la nature et de l’écologie, la volonté d’inscrire ce Spirited Away dans un nouvel objet d’étude s’est vite faite ressentir. C'est pourquoi Asylum Pyre a opté pour la thématique de l’âme et de ses dérivés pour ce nouveau rejeton. Appelez cela comme vous voulez, mais ce « concept album » remplit bien son contrat avec des morceaux comme « The Silence Of Dreams », « Soulburst » ou bien le final « Fly ». Mission accomplie à première vue pour les Franciliens.

Dès la première écoute, il est agréable de constater que Asylum Pyre n’a pas perdu de sa hargne d'antan ! Le groupe a réussi à rester authentique en sortant des compositions qui mêlent finesse et puissance à la fois. Ecoutez donc le titre introductif « Second Shadow » et ses lignes de piano subtiles vite balayées par des riffs hachés et un refrain « catchy ». Vous comprendrez ainsi que le style entrepris par les Franciliens est uniforme et assez unique en soi. La formation a également réussi à sortir des sentiers battus en incluant des touches personnelles dans leurs compositions. L’ajout de Talk Box dans « Unplug My Brain » ou bien des notes de clavier purement électroniques sur « Only Your Soul » permet de distinguer la bande à Chaos Heidi (non, vous ne rêvez pas) des autres formations Rock en vogue. 

Asylum Pyre s’illustre donc avec la multitude des intonations entreprises dans sa galette. « Silence Of Dreams » et « Shivers » figurent comme la synthèse de toutes ces émotions retranscrites au fil de l’album. Chaos Heidi n’hésite pas à varier ses cris passant d’un chant clair et lyrique à un chant growlé et gras. Le tout associé à des sonorités électroniques, l’album pourrait prendre des airs de « fourre tout ». Mais ce n’est pas le cas, Spirited Away est juste riche et varié. Les ballades comme l’ultime « Fly » prennent souvent le relais de tranches comme « Instants In Time » aux riffs plus couillus. La preuve avec l’instrumental transitoire « In Hayao’s Arms » qui invoque « Spirited Away » de bien des façons. Le titre éponyme est marqué par une sorte de schizophrénie musicale ! Accalmie et acrimonie se succèdent au fil des mesures. 

Avec Spirited Away, les Franciliens voulaient marquer des points avec des compositions « groovy » mises en avant par une production qui vante les atouts de tous les interprètes. « At My Door » soulève bien chacune des capacités des musiciens, que ce soit la basse dansante de Christophe Babin ou bien le solo de guitare de Didier Chesneau. Remarquable.

Avec un album qui s’inscrit dans la longueur, Asylum Pyre peut être fier d’avoir une nouvelle fois raflé de nouveaux fans. Car il est évident que Spirited Away est une pièce que tout bon Rockeur devrait avoir dans sa discothèque.

Parce qu'il faut continuer à vivre quoi qu'il arrive...

Chronique dédiée aux victimes des attentats du 13/11/15