Atlantis Chronicles - Barton's Odyssey

Le groupe Francilien nous honore de son deuxième album avec Barton's Odyssey, leur premier opus Ten Miles Underwater (2013) avait déjà ce concept élaboré et novateur basé sur l’histoire de William Beebe, chercheur, naturaliste et explorateur Américain qui construisit la bathysphère, submersible voué à l'exploration des abysses. Le groupe avait fortement et à juste titre marqué les esprits en nous plongeant dans cette aventure associant l'histoire de cette quête à un récit purement fictionnel, épique et onirique. Atlantis Chronicles, maintenant par le biais d'Apathia Records, continue de nous narrer les aventures des fonds marins, de développer la fiction et l’imaginaire sur une base historique solide, mais cette fois en faisant d'Otis Barton, le comparse de Beebe, son personnage central.

Line Up

Alex Houngbo - Guitar & Backing

Sydney Taieb - Drums

Antoine Bibent - Lead Vocals

Jérôme Blazquez - Guitar

Simon Chartier - Bass 

Tout comme Ten Miles Underwater le fut, Barton's Odyssey est un album qui ne fait pas que s'écouter, il se vit, se partage, se digère. Il serait facile de dire qu'Atlantis Chronicles a conservé du Modern Death Metal (Obscura, Spawn Of Possession, Within The Ruins...) la rage, la virulence ainsi que la maitrise technique d’usage, mais cela serait ne pas rendre justice à tout ce que le groupe met en oeuvre pour nous offrir une oeuvre complète ou le terme thématique n’est pas un vain mot, car le groupe continue de nous proposer son univers, total et addictif.Du superbe graphisme de la cover (une nouvelle fois confié au soin de Pär Olofsson assurant et assumant par là même la continuité visuelle de Ten Miles Underwater) au livret composé comme un carnet de bord vieilli par le temps et les épreuves, celui-ci nous permet au fil des lyrics de nous enfoncer avec Barton dans les abysses les plus noires en quête du continent perdu.

« The Odysseus »,  « Otis Barton » et  « Back To Hadatopia » forment le trio d’attaque imparable pour débuter en trombe cet album. Le groupe nous met d’emblée la tête dans l’eau, le chant d’Antoine Bibent est plus radical, offrant plus de modulation, de présence, prenant nos sens d’assaut, il pose ses lignes comme le sixième instrument indispensable à l’ensemble et se sert des interventions en voix narratives assurées par Raphaël Cimolino comme une respiration, une pseudo accalmie dans ce déferlement de rage.  « Within The Massive Stream »,  « Upwelling part I et II »,  « Flight of the Manta » avec son final Neo Classique du plus bel effet offre une alternative plus mélodique, le Death technique se fait plus progressif pour accentuer la profondeur et l’ampleur des compositions ( ce pont basse/batterie/arpège sur  « Upwelling II »... Frissons) sans en ôter la densité et la fougue. Le combo aime nous emmener au milieu du Maelstrom de leur riff, de leur rudesse mais conserve à l’esprit l’importance d’y adjoindre l’indispensable finesse d'exécution, de contre-balancer la fureur avec des mélodies et des atmosphères prenantes comme en témoigne  « A Modern Sailor’s Countless Stories », pièce finale de l’album qui se fait rageuse, subtile, tout en nuances, rivalisant de feeling et de virtuosité offrant à l’auditeur un ultime et somptueux voyage dans l’odyssée d’Otis Barton.

Atlantis Chronicles signe un deuxième album d’une très grande qualité, plus complexe, plus mature et personnel que ne l’était Ten Miles Underwater. Le groupe maitrise sa musique et son concept, pour les avoir déjà vus “on stage”, nul doute que Barton’s Odyssey passera sans encombre l’épreuve de la scène. Le quintet nous transportera sans retenue dans cette traversée, se servant du live pour transcender le déjà très élevé potentiel émotionnel de cet album.