Atreyu - Long Live

 

Les américains d'Orange County reviennent pour un sixième effort intitulé Long Live. Désireux de retourner aux sonorités brutes de leur deuxième album The Curse, les membres d'Atreyu annoncent leur retour via un communiqué facebook après six ans d'absence. Après avoir été signé de nombreuses années sous le label Hollywood Records, le quintette décide de tenter un nouveau départ sous un label finlandais indépendant Spinefarm Records ( Amorphis, Killing Joke, Children Of Bodom).

Line-up:

Alex Varkatzas (chant)

Dan Jacobs ( guitare, choeurs)

Travis Miguel (guitare)

Marc McKnight (basse, chant)

Brandon Saller (chant clair, batterie, percussions, piano)

 

Ayant longtemps surfé sur la vague emocore avec Lead Sails Paper Anchor en 2007 ainsi que Congregation Of The Damned en 2009, Atreyu fait son comeback et décide de réintégrer sous les meilleurs auspices la violence subjuguée de ses débuts dans le but "de nous faire saigner les oreilles" (ndlr: wikipédia, facebook).

Le treize titre est entamé par le titre éponyme "Long Live". D'entrée de jeu les intrumentaux sont saturés et la rage vaine et convaincante que l'on connaît au groupe est démontrée. Les chants clairs maîtrisés par Brandon Saller sont toujours aux rendez-vous lors des chorus; cela fait partie du paysage musical du groupe et ceux qui sont allergiques au metalcore melodique doivent en avoir conscience afin d'appréhender l'univers des américains. Avec "Live To Labor", nous découvrons des riffs sinuants dès l'intro, ainsi qu'une voix enragée à la frontière d'un punk dérobé aux années 80 puis très rapidement, le refrain opère une rupture moderne avec un chant clair plus proche du pop-punk ou du happy-hardcore à la A Day To Remember ou Chunk! No Captain Chunk. Un bon growl est dégueulé et la mélodie est enjouée, rentre-dedans. "I Would Kill/Lie/Die ( For You)"est rythmé par une batterie métronomique, les guitares sont grinçantes et le chant est émotif, rageant de désespoir à l'image du titre, définitif, extrême. Si cette pépite n'exploite rien d'innovant et est teintée d'émocore (bien que le groupe s'en soit éloigné depuis 2009), elle n'en demeure pas moins un passeur lyrique assez intense.

"A Bitter Broken Memory" ressemble beaucoup à la dernière production de Bullet For My Valentine, Venom (qui a elle aussi effectué un retour à des sources plus violentes, ce qui justifie cette assimilation). Le chant est toujours amer, teinté d'un grain portant en lui l'expression de la désillusion. Les choeurs s'invitent à la fin de la chanson (comme sur de nombreux titres de l'album), intensifiant l'émotion. A l'écoute de "Do You Know Who You Are" et ses clappements, nous pensons à Queen et son "We Will Rock You". Sur du Atreyu, cette aspect définit un tournant hardcore résolument taillé pour le live. Cette chanson sur le questionnement de soi met en avant dans le clip les attributs de groupe ("I am a shredder", "I am an artist") et en guise de conclusion une réflexion qui nous concerne tous: "I am always searching". "Revival" est un interlude poignant joué à la guitare accoustique. Le groupe explique sur sa chaîne youtube son désir, en référence à plusieurs de leurs groupes favoris qui ne jouaient pas de slows tels qu'In Flames, d'intégrer une ballade à leur répertoire le temps d'un morceau au deux.

Des enregistrements tels que "Heartbeat and Flatlines", "Brass Balls" ou encore "So Others May Live" (premier titre dévoilé sur youtube en 2014) témoignent de l'ovation et de la fièvre qui règnent dans la fosse lors des tournées d'Atreyu. Témoins d'une énergie sensuelle, effrénée et déterminée, les solos enflammés se libèrent sans fioriture ni artefact. Sur "Moments Before Dawn", le son de la boîte à musique enregistré sur le track apporte une intensité mélancolique, sombre, presque comme un thème de film d'horreur. La folie destructure les breakdowns de ce morceau déchiré, convaincant, dans une puissance ultime et définitive. Le tempo plutôt lent rend plus accessible le poids de sa musicalité et de son message. "Reckless" s'affine par la présence du piano dès l'intro accompagné de choeurs égayés qui sont superposés à la voix d'Alex Varkatzas. En fusion, les mots sont crachés comme des glaviots et les riffs sont pincés comme des pierres jetées par des fauteurs de trouble sur l'asphalte. L'asphalte, le sol, la scène: ciment de toute l'expression artistique d'Atreyu en définitive.

Avec Long Live, Atreyu opère un retour triomphant grâce à des morceaux finement travaillés et ne décevra pas ses fans de la première heure. Actuellement en tournée aux Etats-Unis, le groupe défend son album aux Etats-Unis et au Mexique. Malheureusement, aucune date n'est prévue pour la France cette année mais le groupe a fait preuve de générosité pour les curieux en dédiant sur sa chaîne youtube une minisérie de vidéos consacrées à la création de chaque morceau de Long Live.