Atrocia - Dystopia: The Machine Murders

Ce n'est pas évident de se faire un nom dans le paysage musical quand on s’appelle Atrocia et que l’on joue du Death Metal. Il faut dire qu’une bonne poignée de groupes de la trempe émergent dans le paysage musical Français. Est-ce là une raison d’abandonner ? Non ! En 2015, Atrocia réitère ses voeux pour l’avenir en sortant Dystopia: The Machine Murders. Une tranche de vie qui s’inscrit dans la continuité de son aîné, le sulfureux Inward Chaos… 

Et « Ça poutre ! » dès que les premières notes de « Unforeseen Warfare » se bousculent ! Le groupe maitrise son objet d’étude et ne fait pas dans la dentelle ! Tout ça grâce une basse bondissante et une double batterie agressive sur des titres comme « Mass Lobotomy ». Dès lors, l’auditeur est sur un terrain de jeu connu et se prend à apprécier les rythmiques dopées composées par Atrocia.

Mais cet album révèle également la capacité d'un groupe à pondre des titres qui s’enchainent de manière logique et cohérente. Des morceaux homogènes dont la violence ne fait qu’aller en amont sur des extraits comme « The Machine Murders ». Tout ça grâce aux bras armés de béton de Pierre (Batterie) et Cyril (Basse) qui forment un duo solide en affrontant à chaque seconde les lois de la vitesse de la lumière à coups de riffs hachés comme dans « Brain Destroyers ».

Néanmoins, il ne faut pas réduire ce Dystopia: The Machine Murders a un moment de boucherie sans nom. Les Nazairiens tenaient également à faire preuve d’originalité en mettant au jour des passages plus axés sur la mélodie. C’est ce qu’a voulu montrer le groupe en composant un « Land Of The Oppressor » dont l’unique but réside, non seulement dans ses parties growlées, mais aussi et surtout dans son break hyper progressif et mélodique à la fois. Peut-être le morceau de l’album !  

Ce qui fait la force d’un tel album, c’est aussi son caractère éphémère. Les trente huit minutes s’écoulent sans que l’auditeur ne s’en rende compte ! Tout ça grâce à un riffing de qualité qui permet au disque de ne souffrir d’aucun temps mort. Les bandes vocales glauques terminent la grande majorité des morceaux de l’album n'y sont pas pour rien ! Elles permettent à des titres comme « Red Project » d'accompagner l'auditeur à son passage sur le billard pendant un dernier « Laboratory Chronicles ».

Le tout mis en exergue grâce à une production qui sait se faire très roots et très efficace à la fois, Atrocia a su renouer avec les origines mêmes du Death Metal tout en les ré-actualisant. En quelques mots, il s’agit là d’un album percutant, poignant et assez mémorable en-soi.  

Avec des titres fortement influencés par les plus grands, Atrocia mettra en péril vos cervicales et peut être fier de se placer dans la lignée même des modèles qu’il exploite sans pour autant les plagier. En quelques mots: un album honnête pour un groupe qui souffre d’une petite réputation. Une renommée qui, sans doute, ira crescendo au fil des années... Du moins, c’est bien le mal que nous leur souhaitons !