Avenged Sevenfold, Disturbed, Chevelle - Lille - Le Zenith

Une semaine avant le début du concert d’Avenged Sevenfold nous étions toujours aussi incertains de notre venue… Et pourtant, c’est notre conscience professionnelle qui nous a conduits à nous rendre au Zenith de Lille ! Un Zenith, c’est toujours ça de pris, surtout si ce sont des groupes «  Rock/Metal  » qui mènent le jeu ! Quoi qu’il en soit, c’est à 17 heures pétantes que nous nous rendons au Zenith et voyons là toute une horde de fans véritablement en joie que nous retrouvons ! 

18 heures, les portes sont déjà ouvertes, et pourtant les concerts ne commencent qu’à 19H30 ! Sur place, dans les entrailles du Zenith, nous saluons quelques têtes et nous nous rendons à l’évidence : Une partie des gradins est occultée par un grand rideau noir, et la scène a véritablement été avancée donnant vivement l’idée d’avoir un espace comble, mais ce ne fut pas le cas… Peut-être qu’un Zenith eût été une option un peu trop ambitieuse ! 

C’est Chevelle qui ouvre ! Comment retrouver ses vingt ans ? En se produisant devant un public constitué de jeunes metalheads… Mais un malaise se fait clairement ressentir dans le public ! Dès le début du show, la régie son se montre quelque peu capricieuse ! C’est très brouillon tout ça… La batterie l’emporte clairement sur la guitare… Il nous faut nous déplacer pour pouvoir ressentir une once de frisson procurée par le groove des titres typés «  Grungre/Alternative  ».

Le groupe profite de son temps de jeu pour revisiter l’ensemble de ses albums phares Hats Off To The Bull, This Type Of Thinking (Could Do Us In), La Gargola, et le tout dernier The North Corridor… Ainsi, vous l’aurez compris, la communication n’était pas de mise. Le concert reste assez linéaire, et le groupe peine à donner le ton. Trente cinq minutes de jeu, ce n’est clairement pas assez ! Nous restons assez déçus de cette première partie… 

S’il y a une formation qui nous a motivés à nous rendre aux abords de la plus grosse scène Lilloise, c’est bien Disturbed ! Quelle claque au Hellfest, la rédaction se souvient encore du coup de ranger qu’elle a reçu… Pas grave ! Quoi qu’il en soit, changement de décors et voilà un spectacle tout feu tout flamme dont nous ne garderons presque aucune séquelle ! C’était la classe internationale de but en blanc !  

Aucune restriction de temps, un concert bien complet qui met bien en exergue toutes les époques du groupe, Disturbed enchaîne les titres de ses meilleurs albums, The Sickness, Believe, Indestructible, Ten Thousand Fists et Asylum et de son dernier rejeton… Et il n’a fallu attendre que le premier morceau précédé d’un solo de guitare pour voir le groupe faire exploser le plafond du Zenith à coup de jets de flammes ! Orchestré par David Draiman, mi-Matrix, mi-chanteur de Rock contemporain, les événements prennent une nouvelle tournure ! Les animations prennent place dans le pit, et les musiciens s’alternent sur l’espace scénique pourtant habituellement réservée à la tête d’affiche ! À vrai dire, Disturbed n’est-il pas une tête d’affiche à lui tout seul ? 

La communication est cette fois-ci de mise puisque David, toujours en forme, anime sa prestation comme il se doit pour varier ses approches d’un concert live. En effet, à l’occasion du titre «  The Light  », il n’a pas hésité à demander à sa fan-base de se procurer son portable afin de créer une cohésion lumineuse lors du refrain… Le public a joué le jeu… De plus, vers la fin du concert, il a voulu faire culminer l’ambiance du pit en organisant un double circle-pit attentivement observé par les personnes situées aux gradins ! Les flammes, les tornades… Presque tous les éléments étaient conviés ce soir… 

Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. Le groupe en aura surpris sûrement plus d’un avec sa reprise de «  The Sound Of Silence  » malheureusement boycottée par la régie-son… Pourtant, ils sont partis d’une bonne intention ! C’était pas mal, mais dommage que les balances n’aient pas été à la hauteur ! 

Le performance de Disturbed reste de bonne facture. On s’est clairement bien amusés… Le calme retombe, le décor change et des écrans géants remplacent l’aspect barricadé de la scène de Disturbed ! Une fois n’est pas coutume, Avenged Sevenfold sait ce qu’il fait, une fois que la scène lui appartient, il aménage la scène en bonne et due forme ! 

«  Space Oddity  » tourne en fond sonore et l’ambiance se détend, les fans s’amusent à marmonner les paroles du morceau - les lumières s’éteignent ! Et c’est les musiciens arrivent tous vêtus d’habits extravagant, surtout le bassiste ! C’était quoi cette tenue ? Est-ce normal de jouer sur les clichés à ce point ? D’où est-ce qu’un rockeur se pointe sur scène accoutré d’un bonnet de skieur, d’une perfecto cloué et de lunette de soleil… Il faut dire qu’être sans arrêt sous les sunlight des tropiques, ça ne laisse pas indifférent. 

Non, ils ne sont pas là pour taper la pause, mais bien pour jouer ! «  The Stage  », «  Afterlife  », «  Almost Easy  »… Tous les tubes de la formation sont interprétés… Mais pourquoi l’interprétation semble-t-elle douteuse ? Le feeling n’y est pas et voilà qui est inquiétant. Pourquoi la guitare sonne-t-elle si creuse ? On ne sait pas. Là où on pourrait attendre des riffs implacables, nous nous retrouvons en face d’un groupe qui a su compiler tous les clichés appartenant au Metal, sans le petit truc en plus.

Alors oui, la communication avec le public était là, notamment avant l’interprétation du titre «  Hail To The King  », très mal perçu par son public à sa sortie… Mais qu’importe, le frontman dédie son morceau à la personne qui filme en lui claquant : «  Je te le dédie à toi  »… Un morceau, voire deux font l’unanimité : «  Nightmare  » et «  Bat Country  », allez, on va dire trois, l’avant dernier rappel «  A Little Piece Of Heaven  » a fait son petit effet avec ses vidéos en fond. Mais nous restons inquiets. Il faut dire que les fans, connaissent les morceaux sur le bout des dents et pourtant ne semblent pas prendre en compte le manque  de rigueur dont font preuve les solistes. Il ne suffit pas de faire du sweeping pour faire des solos de guitare…

 

Décidément pas convaincus par l’aspect musical du concert, on vous épargnera du petit solo de batterie après «  Nightmare  »… Nous nous concentrons sur l’aspect visuel. Les lumières sont super belles, et les vidéos et autres animations (cube qui se déplace et cosmonaute gonflable) ont fait un belle effet. Les animations dans le pit étaient dignes, les habitués se faisaient slammer. Mais il nous en faut plus pour nous satisfaire… 

Malgré notre déception, et notre agacement envers la tête d’affiche, nous avons passé une bonne soirée. Les fans étaient heureux, et ont fidèlement répondu à l’appel de leur groupe préféré. À bon entendeur.