Azziard - Vesanie

Sortie le 21 février 2014 chez Mortis Humanae Productions

Venu d’Île de France, Azziard n’en est pas à son premier coup d’essai. Après un premier album sobrement intitulé 1916 sorti en 2009, le groupe revient en 2014 avec Vésanie sur le label Mortis Humanae Productions. Bien que l’écurie Marseillaise soit clairement orientée Black Metal, Azziard nous propose aujourd’hui un album aux multiples facettes qui, bien qu’indéniablement Black, offre aussi son lot de surprises. 

Ce nouvel album se compose de 8 nouveaux morceaux qui, tout comme dans le précédent opus, sont tous intitulés dans la langue de Molière. Le thème central de l’album est toujours la Grande Guerre (14-18) et s’articule autour de l’histoire d’un personnage en proie à la folie suite à son affectation au front. 

En règle générale, il est assez aisé pour le Hardos expérimenté de deviner le style musical d’un groupe à son identité visuelle (logo, artworks etc.). Ici la pochette, surprenante au premier abord, représente bien le style musical du quintette, à cheval entre Black et Death, à mi chemin entre l’aspect brut d’une pochette de Darkthrone et un artwork typé Death Old School de Mark Riddick.

L’album s’ouvre avec Allégorie, titre court faisant office d’introduction et qui donne d’ores et déjà le ton de l’album : une ambiance définitivement Black et des riffs teintés de Death lourd et puissant.

C’est alors au tour de Disjonction d’ouvrir le bal. Le titre est brutal et ne laisse guère de répit à l’auditeur, c’est d’ailleurs une des caractéristiques de cet album. Ici, peu de breaks mélodiques entre deux déchainements de violence. Il en va de même pour De Lumière, d’obscurité, beaucoup plus orienté Death, autant dans les sonorités que dans ses sections rythmiques.

D’une manière générale, le groupe impose, morceaux après morceaux, son style si délicat à qualifier. En effet, en dépit d’un chant Black typique et d’harmonies dissonantes à souhait, les rythmiques et autres blastbeats sonnent indéniablement Death. On est ici très loin de la brutalité d’un Panzer Division Marduk ou même d’un Incipit Satan.

Le titre Sur La Toile, typiquement Black dans ses sonorités, ravira les fans de compositions torturées avec ses deux dernières minutes particulièrement sombres et inquiétantes.

Dialyse, à l’inverse, est l’illustration du savant mélange stylistique dont fait preuve le groupe, tout en variété, avec en guise de final une conclusion du plus bel effet : chœurs inquiétants sur mélodie de guitare désespérée.

Une fois encore, le titre Ekphrasis vient bousculer l’ensemble avec son riff d’introduction à la structure on ne peut plus Death Metal. Mais très vite, c’est la machine Black qui revient pour faire de nouveau place à des rythmiques que l’on prêteraient volontiers à Bolt Thrower. Un délice.

C’est un départ en trombe pour Dans ma chair qui, contrairement au précédent titre, laisse principalement place au côté Black d’Azziard et insiste avec parcimonie sur le thème militaire via ses parties de batterie évoquant le tambour des troupes.

Enfin, l’album s’achève sur Digression, titre le plus long de l’album avec Sur la toile (6min28 chacun) qui laisse une impression de désolation. Impression renforcée par les textes narrés (et non chantés) empreints de désespoir.

Côté production, rien à redire globalement. L’ensemble est propre, sans excès. Chaque instrument a sa place. Il faudra en revanche tendre l’oreille pour vraiment décrypter l’ensemble des paroles, notamment sur ce dernier morceau qui puise sa force dans ses extraits narratifs et qui nécessitent de monter le son pour être parfaitement intelligibles.

En conclusion, ce deuxième album d’Azziard est une sortie prometteuse en ce début d’année 2014. Le style hybride du groupe, naviguant entre Black et Death est plus qu’agréable et offre une vraie variété dans les compositions. Les puristes d’un Black très traditionnel ne s’y retrouveront peut être pas totalement car justement trop ambivalent. Que les autres se rassurent, l’ambiance qui se dégage de ce Vésanie est tout sauf édulcorée et les amateurs de compositions sombres et brutales y trouveront leur compte à n’en pas douter ! À ranger entre Behemoth et Carach Angren.

À noter que le groupe sera présent sous la Temple du Hellfest 2014 le dimanche 22 juin !