Black Svan - 16 Minutes

L’Irlande… Ses chants Folkoriques et ses fameuses Guinness nous feraient presque oublier que des groupes en devenir demeurent par centaine dans ce pays. Un exemple ? Black Svan qui vient tout juste de sortir son premier album sobrement intitulé 16 Minutes. Et inutile de vous dire qu'il vous fera vite oublier ces chansons de basses vies qui sentent la bière à des kilomètres à la ronde. Maintenant, place à la musique !

Comme un bon vin que l’on a laissé vieillir au fond de sa cave pour en faire ressortir son goût, Black Svan aura fait de même pour 16 Minutes qui s’avère être dès les premières secondes un très bon cru. Mûr et très bien produit ! Come on, « Wake Up ! » ou « Réveille Toi ! ». L’album annonce la couleur d’entrée de jeu et ne fait pas dans la dentelle avec l’énervé « Retribution » qui montre un Keith Caffrey au chant plus agité que jamais ! Ça claque et l'auditeur peut apprécier la tâche qui a été accomplie afin de détenir ce mélange parfait entre agressivité et mélodies harmonieuses.

La production met également en avant les atouts de chacun des musiciens. Kenneth Bell à la basse et Joey Afonso à la batterie forment un duo percutant dans « Bleed Me Dry » où les alternances de tempo ne donnent, malgré tout, aucun fil à retordre au frontman, digne de toutes les formations américaines actuelles. Il faut dire que sa personnalité se ressent énormément dans chacun des morceaux. On peut même clairement distinguer ses influences… De James Hetfield à Layne Staley en passant par Michael Poulsen. Faites votre choix ! Le notre est déjà fait. 

Le groupe sait également se montrer plus fin lors de l’onirique « Dream Forever » où les sentiments sont vite balayés par une batterie progressive et des guitares distorsionnées. L’auditeur peut même se laisser surprendre et c’est là un des gros avantages de l'album. Les membres de Black Svan ont bien exploité leurs capacités afin de faire profiter un univers homogène à souhait en synthétisant tout ce qu’ils ont ingurgité pendant leur plus tendre enfance. Quand on pourra retrouver du Black Sabbath dans les parties plus lourdes et épaisses de « Dream Forever » mises en évidence grâce à l’accordage en Drop D des guitares, l'influence Grunge proche d'un Alice In Chains ou d'un Godsmack se fera voir dans le titre « Immortal ».

Vous l’aurez donc compris. Black Svan ne se contente pas de faire un album pour faire de la musique mais pour donner sa propre définition du Heavy Metal en vouant un culte à ses aieux. Des riffs bien gras et taillés pour remuer les headbangers dans la salle, ce qui n'est pas pour nous déplaire ! Écoutez donc l’introduction de « No More » digne d’un tube de Pantera mélangé à du Grand Magus vite suivie par les paroles pensives à la Zakk Wylde de Keith Caffrey. Un florilège de références pour un groupe qui se fait plaisir. 

En faisant la symbiose entre le Metal Moderne et le Metal « vieux jeu », 16 minutes illustre un groupe au potentiel fort. C’est du Rock sans fioriture qui n’aura jamais fini de vous surprendre au fil des écoutes et ce premier jet ne fait qu’annoncer du très bon pour la suite de la carrière des Irlandais ! Néanmoins, il aurait été préférable que Black Svan efface de manière plus rigoureuse ses influences pour enlever cette idée de « déjà-vu ».

Remerciements: M & O Music et M & O Office !