Betizfest 2016 - Jour 1

C’est encore avec une joie non dissimulée que la rédaction de Metal Cunt s’est acheminée au Betizfest ! À vrai dire, rien ne pouvait nous empêcher de nous y rendre: nous sommes en vacances et surtout, l’affiche, toujours aussi éclectique, avait réveillé en nous l’envie de visiter le palais des grottes. Tout était donc réuni pour passer un excellent moment en compagnie de groupes comme Black Bomb A, Mass Hysteria, Bukowski, Dog Eat Dog et bien sûr les gagnants du tremplin, j’ai nommé Overdrivers et Undercry.

Compte rendu du premier jour:
C’est à 17 heures pétantes que le duo de choc s’est rendu au palais des grottes. Vite, nous comprenons que l’ambiance sera bonne et que le public, lui, sera au rendez-vous ! L’organisateur nous avait prévenus: les préventes ont été très fructueuses et cette édition risque d’être mémorable !

Dès notre entrée sur les lieux, nous remarquons qu’un changement de taille a été effectué. Il n’y a plus qu’une seule scène. C’est un réel avantage puisque tous les groupes, quelque soit leur envergure, ont pu se produire sur la grande scène.

Avant le début des hostilités, nous avons eu droit à un petit spectacle de cirque, très sympathique au demeurant, mis en musique par la troupe Arsene Lupunk Trio. L’ambiance est très festive et nous nous faisons plaisir.

C’est Anonymus qui ouvre les hostilités ! Les québécois ont fait très bonne impression d’entrée de jeu. Leur Thrash Metal chanté en français, sans véritablement renouveler le genre, fortement influencé par Slayer (avouons-le), a permis aux quelques punks présents dans la fosse de se défier lors de nombreux duels sanglants. Le concert est très vivant et les musiciens jouissent de conditions de jeu très confortables, ce qui nous permet d’apprécier les titres « Fonce ou Crève », « Un Pied dans la Tombe » et « Sous Pression » à leur juste valeur !

Et les Anonymus ne cachent pas leur joie d’être présents chez nous à Cambrai. Leur frontman l’a avoué à plusieurs reprises en expliquant qu’ils avaient pris l’avion uniquement pour se produire à Cambrai (ils venaient juste d’arriver) et ainsi poursuivre leur tournée en France avec Black Bomb A. En plus, le frontman aime l’humour et s’amuse à provoquer son audience à coup de « tabernacle ». Pour faire court, c’était une très belle prestation. Anonymus en aura surpris plus d’un dans la salle, y compris, nous.


Changement de plateau et c’est au tour de Arsene Lupunk Trio de se produire ! Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, ce trio, formé dans la région, n’a rien à voir avec le reste des groupes présents sur l’affiche. Ces trois gaillards font la musique qui leur plait, point barre. Musicalement ça ressemble à quoi ? Leur set est constitué de reprises des classiques du rock français re-visités façon acoustique et Punk/Acapella. Ainsi, on a pu les voir s’armer d’instruments folkloriques comme le banjo et le ukulélé dit « la plus petite guitare du monde » pour l’interprétation de morceaux comme « Les Bottes Rouges » (Les Wampas) et « Je m’emmerde » (Les Rats) où nous étions invités à chanter en choeur avec eux !


Bien que le groupe soit en décalage avec le reste de la programmation, il n’a pas changé ses habitudes. Et c’est ça qui fait plaisir. Le trio est reparti comme il est arrivé sur scène: sur une dose d’humour, de nonchalance et de légèreté. Une légèreté qui était bienvenue après la claque que nous avait inculquée les Anonymus.

Place à Black Bomb A ! Qui ne les connait pas encore ? Après avoir traversé l’hexagone en long, en large et en travers plusieurs fois, Poun et sa bande sont de retour dans le nord pour en découdre. Et les fans ont mordu la poussière ! Rien n’est plus sûr, si la salle était comble, c’était bien pour eux ! Ainsi, les fans de Black Bomb A, de toute horizon et de tout âge soient-ils, se sont réunis pour ce qu’il allait être le premier gig de la nouvelle série de concerts qu’allait donner le groupe à travers l’Hexagone.

C’est « Comfortable Hate » qui ouvre la valse et - inutile de vous faire un dessin - tout part en vrille ! Il n’était pas bon d’avoir sur soi des objets de valeur sous peine de les voir s’envoler ou se déchirer ! On pourra notamment penser à ce fameux gaillard qui a dû faire ses adieux à sa veste à patchs, une veste qui n’a pas survécu à la violence des titres comme « Born To Die » et « The Point Of No Return ». C’est à dire que le combo est en forme, RV Coquerel frappe ses fûts comme jamais et le combo Poun/Arno fonctionne à merveille... Mais si vous savez, l’alliage entre chant clair et passages growlés sur « On Fire ».

Et les animations se poursuivent au fur et à mesure que les hits « Look At The Pain » et « Land Of Bastards » se profilent ! Ça tourne, ça tourne, et ça tourne encore ! Et on ne va pas se plaindre, la rédaction aura fait son sport hebdomadaire. Elle sera même rentrée en collision avec un mur de la mort pendant « Police Stopped Da Way » - Rassurez-vous, elle en est ressortie indemne - ! Mais c’est bien sur « Mary » que la violence dans le pit est arrivée à son paroxysme. C’était lourd, puissant et honnête de bout en blanc jusqu’à « Make Your Choice ». Quelle claque. Black Bomb A est décidément LE groupe de Metal français à aller voir en live, et ce encore et encore ! Bravo !

Que l’on adhère, oui ou non, aux idées des Sales Majestés, il faut avouer qu’ils se sont construits, en plus de vingt années de carrière, une réputation des plus solide. Peut-être est-ce parce que le climat politique actuel va mal ? On ne sait pas. Quoi qu’il en soit, les Punks étaient de retour dans le nord pour chanter leur envie de démocratie ! Ainsi, nous avons eu droit à une musique Punk identitaire dès « Camarade », « Mes Frères », ou bien « Dernier Combat » jusqu’à la reprise finale du premier morceau du set: « Camarade », où chacun d’entre nous a été invité à fouler les planches de la scène.

Le Punk Rock joué par les Sales Majestés est moderne mais n’oublie pas pour autant de mettre en valeur l’essence-même du genre. C’est ce que l’on a pu constater quand les accords grassouillés de « On en a marre » se sont bousculés. C’est gras, c’est vif, et ça va droit au but ! Et Yves, fidèle à lui-même, hurle ses revendications à coup de « Je suis fier, fier, de ne rien faire » et ensuite défendra un peuple qui n’est pas assez payé pendant le titre « Sois pauvre et tais-toi ». Et entre les morceaux, ce frontman, en véritable porte-parole de la jeunesse, n’hésite pas à insulter le patronat et à s’indigner devant la montée du Front National en France, une occasion rêvée pour lui d’interpréter le titre « Halte au Front » et de gueuler « La jeunesse emmerde le Front National » ! Oui, bien qu’un peu longuet, le set des Sales Majestés a rempli toutes ses promesses. Leur gig était riche, dynamique et pertinent musicalement parlant. Mais toujours est-il que le groupe divisera toujours à cause des idées hyper engagées que celui-ci véhicule. À bon entendeur !



Dog Eat Dog… Personnellement, je ne connaissais pas ces américains avant qu’ils ne se produisent et ce n’est pas pour autant que j’ai été déçu du voyage. Bien au contraire, toujours dans la perpective de rendre le festival plus éclectique, les Dog Eat Dog ont été programmés. Et ils se sont pris au jeu et ont fait le job. D’autant plus que leur musique alternative était la bienvenue après la tempête des Sales Majestés. Tout ce dont nous étions en droit d’attendre d’une telle formation, nous l’avons eu: des titres décadents (on pensera notamment au titre « Rocky » introduit comme il se doit avec la bande sonore de Rocky) et une ambiance digne des ghettos New-Yorkais. Les titres cultes du combo étaient également au rendez-vous comme « Who’s The King » ou même « Isms » ! Le souffle vocal de John Connor s’associait bien au saxophone de Roland Kresse et nous, nous étions dans le move et clairement, ça fait du bien par où ça passe. Une très belle découverte et un gig conclu par bien des façons (invitation d'amis en rafale sur scène jusqu'à l'ultime titre) ! Les absents auront eu encore une fois tort.

La première journée du Betizfest a rempli son contrat, et elle en aura même surpris quelques-uns de par son affluence ! Et le pire dans tout cela, c’est que la deuxième journée nous réserve également encore d’autres belles surprises !