Betizfest 2016 - Jour 2

Après une première journée forte en émotion et en concerts détonnants, la rédaction est revenue au front. Et cette deuxième journée du Betizfest n’est pas la moindre ! En effet, le meilleur est encore à venir: Nashville Pussy, Mass Hysteria, L'Esprit du Clan, Bukowski, Worry Blast, Undercry et Overdrivers sont de la partie. Et vous le savez tout aussi bien que nous, cette journée a surpassé toutes nos attentes.

Compte-rendu du deuxième jour:

On m’avait beaucoup parlé d’Overdrivers auparavant. Partout où ils vont, ils récoltent des éloges par centaine ! J’étais donc impatient de savoir à quel sauce j’allais être mangé pendant le concert de cette jeune formation. Et j’ai vite compris la raison pour laquelle la réputation du groupe ne cessait de grimper ! Ça dépote ! C’est sur « Rockin’ Hell » qu’Anthony et sa bande entrent sur scène ! Et quelle claque, tout y est: riffs crus, rythmiques bluesy, chant raillé. Et mieux encore, tout est carré, et leur show frôle la perfection de but en blanc. 

Si les Overdrivers se la jouent pro, il est toutefois regrettable que leurs compositions ne transpirent pas l’originalité. À vrai dire, ça sonne parfois trop « AC/DC » et la voix d’Adrien correspond au timbre vocal de Bon Scott. Néanmoins, la performance que nous offre ce jeune groupe est assez incroyable en soi puisqu’en moins de trente minutes, le groupe ne fait aucun faux pas et enchaine les interactions avec son public. Vas-y que je monte sur les enceintes avec ma guitare, et vas-y que je rencontre le public dans la fosse pour l'assassiner à coups de riffs. Vraiment classe. Qui s’attendait à ce que la journée débute ainsi ? Pas nous en tout cas. Merci les gars !  

Ce n’est pas la première fois que la rédaction a affaire à Undercry ! Souvenez-vous, on les avait rencontrés au Metal à la Campagne et au Lievin Metal Fest ! Et leurs efforts ont payé puisqu'ils ont remporté le fameux sésame qui leur a permis de se produire au Betizfest. Autant vous dire qu’ils étaient stressés ! Et ça s’est ressenti tout au long du concert... Dès « Walk All Toward The Light », l’ambiance prend tout de même et les Undercry ne lésinent pas sur la qualité et l’agressivité. En effet, ils ont misé sur une setlist « rentre-dedans » pour marquer les esprits. C’est à dire que trente minutes, ça passe vite ! 

Néanmoins, si la prestation est bonne, nous avons déjà vu les Undercry sous un meilleur jour. Ce n’est pas que le concert était mauvais, non. Ça aurait pu être bien mieux en terme d'ambiance et de précision ! Quoi qu’il en soit, les titres « Unreal », « Heart Of Earth » et « Universe » font toujours leur petit effet sur scène, et leur reprise « Walk With Me In Hell » de Lamb Of God remportera comme à son habitude les éloges des fans de la formation américaine. Une belle expérience pour ce jeune groupe ! 

Mince ! Notre entretien avec Undercry ne nous a pas permis d’assister à l'intégralité de la performance de Worry Blast ! Dommage, car on s’amusait bien ! Le Rock joué par Mat Petrucci et ses copains était très bon... Ces mecs montrent qu’ils ont tout compris au Rock n’ Roll avec des titres comme « Raised By Rock n’ Roll », « Born To Lose » et « It Seems Like Rock n’ Roll ». Mais notre jugement ne peut qu'être biaisé du fait de notre indisponibilité, c'est donc avec impatience que nous attendons de les revoir. 

Bukowski est LA valeur montante du Metal Alternatif Français. Ils sont de retour, et nous en attendons beaucoup de ce concert. Après avoir tourné en compagnie de Dagoba à l'occasion du Metal Obs' tour, les Bukowski sont revenus se produire dans le cadre du Betizfest. Et dès « Keep Your Head On », ça part en vrille ! Contrairement à ce que nous étions en droit de nous attendre, Fred n'a pas été de la partie et c'est Clément qui a eu la lourde tâche de le remplacer. Mais remplacement oblige, l’alter-ego de Fred n'a apparemment pas eu le temps d'assimiler toutes les partitions du groupe. C’est donc un concert assez étroit auquel nous avons assisté (6 morceaux). 

Néanmoins, les Buko en sont conscients et c’est un condensé d’énergie qu’ils nous ont délivré. Ainsi, l’ambiance s’est décoincée et les pogos ont repris de plus bel dans la fosse ! Et le remplaçant de Fred fait bien son job, et à vrai dire, il arrive même à nous faire oublier son absence quand il exécute le solo de « Keep Your Head On ». Il ne fait nul doute que le guitariste deviendra plus qu’un simple membre de remplacement dans les mois à venir. 

L’alchimie des frères Dottel (Matthieu/Julien) prend toujours ! L’un complète l’autre sur le plan vocal. Cette fraternité conduira à des passages mémorables où leurs deux voix se mêleront sur les titres « Hazardous Creatures » et « Scarecrow ». Quant au public, il ne fera pas semblant de répondre aux appels des frères ! Il improvisera même un Wall Of Death sur l’ultime titre « Car Crasher » ! Certes, le concert était court, mais il aura permis à Bukowski de rafler de nouveaux fans sur son passage, et conforter l’avis que nous avons déjà sur eux. Oui, chez Metal Cunt, on aime Bukowski et on ne le cache pas. Alors, pourquoi ne pas avoir prévu de stand de merchandising à cet effet ? Dommage ! 

L’Esprit du Clan s’est fait attendre ces dernières années - Les fans étaient devenus orphelins suite à cette pause indéterminée (quatre années !)- Mais ça, c’est du passé ! L’Esprit du Clan 2.0 est en marche avec un tout nouveau line-up et un nouvel opus, Chapitre VI. Arsène est devenu seul au poste de chanteur et doit gérer l’absence de son ancien acolyte, Shiro. Et à vrai dire, nous appréhendions un peu ce retour.

Mais tout s’est extrêmement bien déroulé. Encore mieux, Arsene est en forme et arrive à combler l’absence de Shiro sur l’ensemble des titres issus des premiers albums du groupe. Ainsi se sont enchainés de nombreux morceaux cultes comme « Et Caetera » et « Phénix » (Chapitre 2: Révérence) et d’autres comme « Dans Cette Fournaise » et bien sûr « Révérence ». Le nouveau line-up balaie l’intégralité de la carrière des parisiens, et les fans se sont pris au jeu lors des mesures agressives de « La Theorie Des Armures » et « Mesdames Et Messieurs ». On le sait, le public nordiste est friand de leur Metalcore qui mêle spontanéité, agressivité et couleur locale. Le combo se met donc le public dans la poche en un rien de temps ! C’est à dire qu'il entretient avec le festival « une relation amoureuse » comme le dit si bien Arsène. 

Mais si le groupe est de retour au Betizfest, c’est bien pour faire la promotion de son nouvel album, simplement nommé Chapitre VI. Les fans ont même pu écouter quelques titres en avant-première comme le « Le Dernier Homme » et même « L’Art est Grand » et bien sûr « Rat Des Villes », extrait que nous avions découvert sur les réseaux sociaux quelques temps avant leur prestation au Palais des Grottes. Un excellent concert. 

Mass Hysteria à Lille, c’était il y a un mois déjà ! Mais le duo Axl Meu/François Lampin fait partie de ces furieux qui ne manquent jamais une occasion de revoir Mouss et sa bande. Et nous n’étions pas les seuls… Après la tornade de l’Esprit du Clan, l’armée des ombres remplit considérablement la fosse ! Une fois n’est pas coutume, Mass Hysteria ameute, et c’est bon à savoir !  

Mouss nous avait prévenus, le groupe ne pourra pas jouer autant qu’à Lille… Mais le clan a fait en sorte de doser son énergie bien comme il faut pour rendre le concert inoubliable et percutant. Ont donc été de la partie des nombreux classiques du groupe comme « Condraddiction », « Positif à Bloc », « World On Fire » et j'en passe ! Bien sûr, la setlist met l’accent sur Matière Noire (« Vae Soli ! », « L’Enfer Des Dieux », « Plus que du Metal », « Chiens de la Casse » et « Vector Equilibrium ») et inutile de vous dire qu'il s’agissait là bien plus qu’un simple condensé d’énergie ! 

Si l’énergie dégagée par le gang est intacte, Mouss a montré quelques signes de faiblesse au début du set (il manquait parfois de voix et il a rencontré, en plus de cela, quelques soucis de micro). C’est à dire qu’il enchaine les dates à succès, et ne connait point de repos. Et nous lui en excusons car son concert était honnête, franc et tout aussi percutant qu'à Lille. Mouss ne vit que pour sa musique. Respect ! 

Le groupe a donné du fil à retordre à tous ces énervés dans le pit avec des titres comme « Tout est Poison » et « Pulsion » où il n’était pas bon de fouler le dancefloor sans être averti de la violence qui se tenait ! Une image de la puissance du show ? « P4 », un titre pendant lequel Fred, Mouss et Yann se sont invités dans le pit, bien que ce soit interdit par l'organisation du festival, et ont créé comme à l’accoutumé un gigantesque circle pit ! Énorme ! Pas fan de violence ? Vous n’aviez qu’à monter sur scène et faire la danse du ventre pendant « Respect To The Dancefloor » à la toute fin du show !  

Enfin, nous ne pouvons que saluer la performance d’un groupe qui ne fait jamais table-rase de son passé, qui n’oublie pas ses amis, et qui se veut dans l'air du temps. Ce concert, c’était aussi l’occasion pour Mouss de rendre hommage à son ami Patrick Roy (ex-député/maire de Denain) et bien sûr aux victimes des attentats de Paris et Bruxelles, à qui a été dédié « L’Enfer des Dieux ». En conclusion, il ne fait nul doute que ce concert rentrera dans les annales du Betizfest de par la puissance de la claque qui nous a été inculquée ! Merci ! 

Les détracteurs de Mass Hysteria avaient pris leur mal en patience et ils étaient impatients d'assister à ce qui allait être le dernier concert de la soirée: Nashville Pussy ! Certes, la salle se vide considérablement après la prestation de Mass Hysteria, mais les fans et les curieux sont là, et c’est ce qui compte - Une bonne dose de Hard Rock Sudiste fait-maison ne fait jamais de mal - On attendait donc l'arrivée du groupe sur scène de pied-ferme ! 

Et ça dépote ! Les membres entrent sur scène progressivement au rythme de musique « western » et les tubes issus de leur compilations 10 Years Of Pussy (« Come On Come On », « PillBilly », « Hate and Whisky » et bien d’autres) défilent ! Le show sera homogène durant tout le set - Le groupe mêle interaction avec le public et déconnade avant d’introduire des titres comme « Hate and Whisky » ! Ruyter Suys, toujours aussi classieuse,  s'est même invitée à boire quelques gorgées de Jack Daniel’s avant d'introduire ce titre à coup de riffs cinglants.

L’ambiance est donc sucrée, mais malheureusement, nous avons dû avorter notre présence. Deux heures de route oblige. Mais on le sait, le chant puissant de Blaine Cartwright en a fait chavirer plus d’un dans la fosse et ce, jusqu’au furtif « Go Motherfucker Go ». 

Le Betizfest 2016, c’est déjà fini. Quel week-end ! Pour certains d’entre nous, ce week-end était l’occasion de s’amuser et de décompresser après une semaine d’examen, pour d’autres, c’était l’occasion de se retrouver autour d’une pinte, et pour d’autres, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux groupes. Bref, cette édition 2016 du Betizfest aura marqué les esprits. À l’année prochaine ! 

 Remerciements: Yannick et toute la clique du Betizfest !