Black Moth - Condemned To Hope

Fondé à Leeds, Black Moth est la nouvelle coqueluche du pays de la Reine, ce qui lui a permis d'ouvrir pour Uncle Acid And The Deadbeats, Red Fang ou encore Turbowolf mais aussi de se produire au Desertfest de Londres, au Download et au Reading ! Leur premier album, The Killing Jar (2012), a été présenté comme la rencontre entre Black Sab, les Melvins et les Stooges tandis que Condemned To Hope, leur nouvel essai serait un mélange entre Electric Wizard et Band Of Skulls. Alors est ce que la presse anglaise s'est de nouveau enflammée à tort ou à raison ?

Line-up :

Harriet Bevan (chant)
Jim Swainston (guitare)
Nico Carew (guitare)
Dave Vachon (basse)
Dom McCready (batterie)

 

Black Moth en 2014 c'est un peu le cliché ultime, les anglais ont le mot « Black » dans leur nom (le mot le plus utilisé dans le metal selon une étude des plus sérieuses) et donne dans un style qui est de plus en plus surchargé : le doom/stoner. Autant dire que même si le quintet se démarque avec une chanteuse, Harriet Bevan, un fait qui n'a plus grand chose d'exceptionnel mais qui reste minoritaire dans notre univers de testostérone et de bière, il part avec un certain désavantage.

Car de nos jours combien de groupes tentent de tirer leur épingle du jeu en revenant aux sonorités 70's qui collent si bien au doom/stoner ? Bien trop serais je tenté de dire. Pourtant tout démarre pour le mieux avec « Tumbleweave », riff groovy qui donne envie de balancer sa tête de haut en bas tel un autiste, refrain que l'on retient dès la première écoute et enfin une accélération surprenante sur la fin. Non il est clair que Black Moth a du talent et une personnalité qui va lui permettre de marquer les esprits, ce même si Condemned To Hope ne va pas changer l'histoire du rock'n'roll. Il faut tout de même souligner que le groupe n'hésite pas à placer des accélérations rafraîchissantes et bien senties qui font leur petit effet (« Tumbleweave », « Slumber With The Worm »...) mais aussi la présence d'une semi-ballade avec le très bon « Red Ink » ou encore « Slumber... » plus sudiste. Si le groupe reste ancré dans le doom/stoner, on sent un feeling très rock'n'roll que ce soi dans la musique ou dans les paroles, plus « légères » que la plupart des groupes du style (« The Undead King Of Rock'N'Roll », « Looner »). Les riffs sont excellents tout long de l'album, toujours bien lourd et groovy comme il le faut et les refrains ont été soigné (le tube en puissance « Set Yourself Alight », « Looner », le déjà cité « Tumbleweave »). Le chant d'Harriet rappelle le chant déclamé d'un Electric Wizard ou encore le chant prophétique de « F The Mouth Of Satan » (des défunts Devil's Blood), celui-ci est souvent gorgé de delay ou de réverb lui donnant un aspect mystique encore plus puissant. Le petit problème est qu'il peut du coup s'avérer assez lassant à la longue. Dommage qu'un titre comme « The Last Maze », sûrement le plus lent et lourd de l'opus, n'apporte pas grand chose de plus qu'un moment lent et lourd.

 Si la presse anglaise (et la scène elle-même) a l'habitude de nous monter la tête avec des groupes qui n'ont rien à apporter et qui ne font qu'un bref passage remarqué ; Black Moth a de très bonnes choses à offrir à la scène stoner, grâce à sa personnalité plus « facile » d'accès et son excellente chanteuse. Condemned To Hope est un excellent deuxième album mais il faudra clairement faire mieux par la suite pour s'imposer sur une scène déjà très chargée.