Black Stone Cherry - Kentucky

 

Déjà dix ans que Black Stone Cherry fait vibrer la scène hard rock revival. Le temps pour le quartet de passer un cap et affirmer son passage à l'âge adulte, une affirmation qui est d'abord passé par un changement de label. Après des années chez Roadrunner Records (Stoner Sour, Dream Theater, Slipknot...) les américains s'en sont allés du côté de Mascot Records (Black Label Society, Joe Bonamassa, Gov't Mule...) moins directif selon le combo lui même. Celui-ci est aussi revenu à ses racines en enregistrant Kentucky dans la grange qui les avait déjà vu enregistrer leur premier album éponyme il y a dix ans. Un retour aux sources débridé ?

La première chose qui frappe l'oreille c'est la production énorme auquel le disque a droit. En s'accordant un ton en dessous et en mettant la basse de John Lawhon en avant, jamais BSC n'a sonné aussi heavy. De même le groupe s'est autorisé de nombreux arrangements (cuivres, choeurs, chant féminin...) qui enrichissent grandement les compositions. Et ces compos ! Si tous les groupes qui quittent leur label historique pondent un album aussi solide il est grand temps pour beaucoup de formation d'essayer. Kentucky est un sans faute de son premier à ton treizième titre.

En prenant une direction aussi franche le combo s'affranchit qui plus est de la plupart de ses camarades du revival classic rock. De même on sent que les origines sudistes ressortent enfin réellement dans la musique car comme Chris Robertson le fait souligne dans « Shaking My Cage », BSC vient bien du Bayou.

Autant de cartouches qui vont assurément faire un malheur lors des futurs concerts du groupe : « The Way Of The Future », « In Our Dreams », « Shaking My Cage » …. Avec la participation d'une chanteuse soul (bien évidemment), son énorme refrain qui ne vous quittera plus après deux écoutes et ses cuivres discrets mais délicieux font de « Soul Machine » l'un des grand moments du disque. Le groupe va même jusqu'à proposer une reprise de « War » (Edwin Starr) qui reprend le groove et le feeling de l'original tout en proposant sa propre facette. Bourré cette fois de cuivres et magnifié par la voix pleine de chaleur de Chris, un essai fun transformé. La ballade « Long Ride » revient quant à elle à des sonorités purement 80's qui rappelle Bon Jovi ou Aerosmith. Des maîtres en la matière s'il en est !

Pour rester dans les ballades, « The Rambler » semble définir l'état d'esprit qui habite Kentucky. Un disque simple, efficace, fait avec le cœur par des musiciens humbles, restés proches de leurs racines. Le résultat est dénué d'un réel single, plein de feeling, de mélodies entêtantes, d'un chant impeccable de bout en bout (Chris est assurément l'un des meilleurs chanteurs hard rock de ces dix dernières années avec Myles Kennedy) et surtout furieusement entraînant.

Kentucky est sans conteste le meilleur opus de Black Stone Cherry. En se lâchant complètement les sudistes ont dépassé toutes les attentes que leurs fans pouvaient avoir. Si vous êtes fan de hard rock vous ne pouvez pas passer à côté de ce cinquième album.

Peut être le meilleur moment pour que la France s'intéresse réellement à eux. A bon entendeur !

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