Bloodstained Ground - A Poem Of Misery

Quintet suisse, de Zofingen plus précisément, Bloodstained Ground publie en ce mois de Novembre 2014 son deuxième opus après sept années d'existence. Adepte du death mélodique, et non pas du black metal comme son nom et la pochette de A Poem Of Misery le laisse à penser, sur fond d'inquisition et de chasses aux sorcières le groupe peut se targuer d'avoir partagé la scène avec Debauchery, Cataract, Kruger ou encore Fleshless.

Line-up :

Roger Rüfenacht (chant)
Thomas Gerber (guitare)
Mischa Leutwyler (guitare)
Thomas Müller (basse)
Markus Bader (batterie)

Le death mélo, c'est un peu comme un film de Tim Burton, on connaît chaque élément qui compose l'oeuvre par cœur mais lorsque l'ensemble est de qualité il n'y a rien à faire ça marche à tous les coups. Alors Bloodstained Ground est il plutôt Edward Aux Mains d'Argent (1994) ou Dark Shadows (2008).

Présenté par son label comme un « mélange » entre Behemoth, At The Gates et Fleshgod Apocalypse on pourrait finir cette chronique ainsi mais tout cela serait fort simple, bien qu'on puisse sentir l'influence du premier dans le chant, que les nombreuses orchestrations rappellent le dernier et que la saveur suédoise du death mélo des suisses pourraient être résumée par ces trois mots magiques, on ne peut pas dire qu'ils atteignent la classe (inatteignable en même temps) et la beauté d'At The Gates.

Comme vous l'aurez compris Bloodstained Ground donne dans un death mélodique assez symphonique ce qui apporte ses avantages et ses inconvénients. Car les dites orchestrations si elles souvent de qualité (« Yersinia Pestis » et ses violons dissonants) relèguent comme bien souvent la section metal à un rôle assez ingrat, fort heureusement le groupe utilise ses arrangements classiques avec parcimonie bien que l'on en trouve sur tous les morceaux. On notera aussi cette superbe partie de sitar sur « The Old Ones », la vibration qui se dégage de l'ensemble de A Poem Of Misery est très pure et le groupe fait clairement old school. Particulièrement dans le son de batterie, qui est excellent même l'ajout des éléments sympho sonne assez cru, ceci venant probablemet du fait qu'ils ont été enregistré par des musiciens et non par des samples. En revanche s'il y a bien un élément qui a été trop « poli », c'est le chant, celui ci est constamment doublé ou triplé d'où une impression désagréable de trop de fausse puissance. On se prend au jeu sur de vrais moments de bravoure, tel la mélodie de l'éponyme ou encore la fin ultra intense de « Poisoned Mind » cependant l'ensemble demeure foutrement plat. La fin de A Poem Of Misery arrive avec cette impression d'avoir juste écouté un bon album, dont les ficelles sont connues et reconnues, efficaces certes mais sans grandes suprises et encore moins le frisson ou l'accroche pour marquer durablement.


Finalement Bloodstained Ground serait plutôt Frankenweenie (2011), un essai qui passe comme une lettre à la poste car il est bel et bien réussi cependant il y a peu de chance de revenir à l'écoute de A Poem Of Misery car il lui manque de ce petit truc en plus pour marquer durablement. Dommage car le potentiel est là.

Les fans de death mélodique old school qui n'ont pas peur du symphonique peuvent tenter leur chance, les autres peuvent passer leur tour sans se retourner.