Blue Cheer - Vincebus Eruptum

On pense souvent à Black Sabbath quand il s'agit d'origines du métal, mais il ne faut pas oublier que le métal est né de différents foyers dont les USA. Et aux des states, même si l'atmosphère sombre des groupes européens n'est que rarement au rendez-vous, le son quand à lui est bien présent ... voir même très présent avec certains. En effet, Blue Cheer est un véritable ovni au milieu du paysage musical de l'époque. Avec les sonorités surboostées de Leigh Stephens, les rythmes sauvages de Paul Whaley, et la basse dévastatrice de Dickie Peterson, sans compter son chant façon Beatles sous amphets'... on a là un petit exemple de ce que la fin des années 60 pouvait offrir de mieux en termes de bourrinitude.

L'album commence tranquilement... si l'on peut dire... avec une reprise d'Eddie Cochran : Summertime Blues. Et autant vous dire que dès les premières secondes, on sent que le groupe n'est pas venu ici pour cueillir des framboises et gambader avec les poneys. La chanson originale est presque méconnaissable tant les sonorités diffèrent. Après une introduction qui fait ruer les enceintes, le riff principal très simpliste se met en route et par dessus vient se greffer le chant de Dickie qui s'égosille dans le micro avec sa voix d'ado fatigué. Le solo est simple, mais de bonne facture s'ensuit un break pour le moins bizarre puis dernier couplet et on passe à la suivante.

On continue avec une autre reprise, Rock me Baby de B.B. King. Bien que le riff d'origine soit beaucoup plus blues et gentillet, la batteur n'a toujours pas l'air de s'être rendu compte que l'on a changé de chanson et frappe comme un sauvage. Le guitare est en son clean ... un son clean tellement fort qu'il crée de la distortion... Et Dickie Peterson qui hurle pour tenter de couvrir le brouhaha. Le solo tient en quelques notes qui se répètent à l'infini et finissent par ressembler à des hululements de baleine enragée. Un énérvement sur la batterie plus tard, le morceau est terminé et on enchaine.

Premier morceau écrit par le groupe Doctor Please commence dans un rugissement de tracteur qui nous est cordialement offert par Leigh Stephens. S'ensuit un riff extrèmement bizarre, quoi qu'assez fouillé, en son clean, et des paroles tordantes, hurlées jusqu'à plus voix. le refrain arrive sur un hurlement de guitare et signe le retour fracassant de la disto. Un autre couplet plus tard arrive le moment du solo... et là encore... C'est indescriptible. un autre couplet, un joujou avec le larsen en guise de final et voilà ...

Out of Focus est peut-être le morceau le plus conventionnel de l'album. La rythmique et le riff sont très typique de ce qui se fait dans le heavy rock de l'époque. Bon on garde tout de même ce qui fait le charme du groupe, c'est à dire tout le monde qui s'énerve un peu trop, et surtout on rajoute un solo qui ressemble à deux guitares sous extas qui font des trucs pas nets. Et on finit encore une fois sur un bon gros larsen...

On arrive sur ma chanson préférée de l'album : Parchment Farm qui est une reprise de Moose Alison. La chanson démarre magnifiquement sur un riff endiablé très bien servi par le son du groupe. S'ensuit un break ou Leigh se décide enfin a faire un solo potable. Puis la batterie arrive pour annoncer la 2e partie de la chanson. Et on rattaque direct par un riff bourrin. On enchaine avec un 2e solo beaucoup moins recherché, pour le plaisir des oreilles (Aïe). Encore un break plus tard, la voix de Peterson nous ramène sur la chanson dont le tempo s'est largement accéléré (fait exprès ou non, allez savoir ...). Un dernier solo (Encor-aïe) et la chanson est enfin finie.

Dernière Chanson de l'album Second time Around est très bien fichue elle aussi. Les sonorités du groupe vont bien avec la mélodie et le rythme, et ... Oh mince... il a recommencé avec les deux guitares ensemble... je ne veux pas savoir ce qu'elles font! Je veux pas ! Un autre couplet et on enchaine sur un solo ... de batterie cette fois ! Je n'ai pas spécialement les compétences pour juger mais il me semble de facture très correcte. La chanson reprends tout doucement avec une montée progressive du volume pour l'outro de l'album. D'abord la basse puis la batterie  et enfin, le bouquet final avec Leigh Stephens qui nous balance des sonorités qui nous donnent l'impression qu'il se retenait durant tout le reste de l'album (et je pèse mes mots).

Pour conclure, cet album fait partie de l'anthologie du métal. Même si on n'aime pas la musique, qui est, il faut le dire très brouillonne (et le mot est faible), on ne peut que reconnaitre que ce groupe fait bien partie des quelques rares illuminés qui ont allumé la flamme du métal. De plus, j'ajouterai que par curiosité de leur instrument, tous les guitaristes devraient avoir écouté ce groupe au moins une fois dans leur vie, afin de se représenter ce qui se passe quand on pousse tous les potards à fond sur du matos fin 60's.