Boudain - Way Of The Hoof

Déjà auteur d'un EP il y a trois ans, Boudain nous vient de Monroe aux Etats Unis et non de Grèce. Adepte d'un stoner/doom d'école influencé par les ténors du genre Sleep, The Melvins, Kyuss, le quartet publie aujourd'hui son premier album : Way Of The Hoof.

 

Line-up :

Brian Lenard (guitare)

Chris Porter (chant/basse)

David Karakash (guitare)

Stephen Jester (batterie)

Il est parfois difficile de savoir vers quel groupe inconnu se tourner dans le tas de promo qu'un webzine reçoit. Ici les noms du groupe et de l'album tout comme sa pochette ont capté mon attention en une seconde. Cette simple vitrine qui te dit "c'est du gras, vient profiter de son jus". Cela fait des années que l'on se dit que le stoner, le doom, le sludge ou même parfois le black, suintent le gras. Voilà le premier groupe qui a décidé de l'afficher.

Car l'album est clairement vendu comme une tempête d'espace, de porc et de riffs !

Tout le monde sait ce qu’est un emballage. Cela doit être joli et mettre en valeur ce qui se trouve à l’intérieur, sans forcément être synonyme de qualité pour ce qui se trouve dans ce fameux paquet. Way Of The Hoof n’est pas un mauvais album, loin s’en faut. Mais il est résolument classique dans tout ce qu’il entreprend. Et il devient de plus en plus compliqué de n’être qu’un groupe de plus. Même lorsqu’on manie très bien l’art du fuzz et du riff qui fait mouche (« Sleazy Feats », « First Class », « Disco Jimmy »). Des groupes de stoner avec une identité marquée il y en a encore. Dans notre superbe hexagone on pense tout de suite à Mars Red Sky qui affiche toujours une douceur touchante, des mélodies à couper le souffle et bien sûr une lourdeur écrasante à en faire pâlir notre Gégé national. Là où le bât blesse vraiment qui plus est, c’est dans le chant de Chris Porter. Pas varié, au niveau du premier venu et avec une fâcheuse tendance à donner dans des lignes saccadées qui paraissent presque anecdotiques. On connaît l'égo qu'ont parfois les musiciens mais il est vraiment dommage que le groupe ne soit pas allé débaucher un "vrai" chanteur plutôt que de laisser le guitariste prendre le micro lui qui n'a pas vraiment de talent particulier dans le domaine.

 Le bougre s’en sort bien mieux sur des titres comme « Coda » ou « First Class » avec des vocaux plus proches du punk. On apprécie aussi l’utilisation d’effet sur « Disco Jimmy » apportant semblant de fraîcheur après six morceaux peu glorieux en termes de vocalise. Un autre point faible vient de la batterie, garage qui a bien du mal à soutenir la lourdeur des autres instruments. Vous pourriez répondre qu’il s’agit d’un premier album et que le groupe s’améliorera assurément dans les années à venir mais ses membres n’ont pas l’air d’être des débutants et leur formation existe depuis 2008. Alors une marge de progression est toujours possible mais sans être catastrophique il ne montre qu’un bon groupe de seconde division. 

On notera tout de même une reprise très sympa du « Godzilla » de Blüe Oyster Cult en conclusion.

Je ne cesserais jamais de le souligner mais ici le groupe a fait le choix de l’efficacité avec un album de quarante minutes. La longueur parfaite selon des études très sérieuses du « Board Of Metal Music Around The World » (et ouais tu peux oublier tes quinze centimètres mon pote).

Le groupe a eu la bonne idée de se trouver un nom et un visuel qui le fera sortir de la masse quand sa musique le remet complètement dans celle-ci. Fan de stoner insatiable, tu peux te jeter sur ce premier album de Boudain sinon jette un coup à son emballage, souris et passe ton chemin sans te retourner.