Interview - Bukowski - Mathieu Dottel

C'est d'une manière assez peu scrupuleuse que nous avons approché le leader des Bukowski, Mathieu Dottel, afin de lui faire subir un interrogatoire dont seule la team de Metal Cunt a le secret. Et le bougre, spécialement venu de Paris pour se produire au Metal à la Campagne, s'est prêté au jeu et nous a révélé son quotidien au sein de Bukowski. Et pour le peu que nous avons à dire, c'est que sa bande n'a pas fini de faire parler d'elle !

Interview réalisée avec Mathieu Dottel à Rexpoede le 19 Septembre:

Salut ! Ça a été la route pour venir jusqu’ici ? 

Oui, ça a été vite. Nous avons juste pris 2h30, le trajet n'était pas très long. 

Que penses-tu de l’affiche ?

Bah déjà, Dagoba sont des potes à nous, donc nous sommes contents de les retrouver. Mais le festival nous a aussi fait connaître pas mal de petits groupes du coin…

Ah bon ? Vous avez vu quels groupes ? 

Nous sommes arrivés ce matin donc nous avons pu profiter de quelques concerts. Je n’ai pas les noms en tête, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y avait des choses très intéressantes. Je sais que Prométhée est un très bon groupe. Et malheureusement, je les ai loupés… Dommage, j’irai les revoir une prochaine fois. 

Vous jouez régulièrement dans le Nord de la France. Vous étiez au Betizfest l’année dernière. Que penses-tu de cette performance avec le recul ? 

Ah bah j’ai adoré ! C’était avec Devildriver, c’est ça ? Il y avait Dagoba aussi. Bon le son était assez particulier car ça résonnait un peu. En plus, on a joué sur la petite scène donc ça ne sonnait pas trop bien, mais c’était un super festival. Nous avons passé un moment génial. Puis, c’était cool pour nous de rejouer avec Devildriver avec qui nous avons déjà tourné auparavant. 

Vous avez un nouvel opus qui est sorti en mars, il a pour nom On The Rocks. Tu peux me parler un peu de la signification du titre de l’album ? 

Au départ, c’est une référence directe au Whisky. Pis, c’est également une sorte d'hommage à l’auteur Bukowski qui picolait également beaucoup de Whisky. On peut aussi faire une double lecture. Le titre est très positif. Nous ne voulions pas d'un titre qui sonne de manière macabre contrairement à tout ce qui fait en ce moment. On The Rocks, ça sent les soirées festives !

C’est votre deuxième album sorti chez Verycords. Tu peux m’expliquer un peu comment le contact avec les mecs du label s’est fait ? 

On était en concert quand la rencontre a eu lieu. On a discuté ensemble et ils se sont tout simplement présentés et ils nous ont dits que notre musique les intéressaient... Donc là, oui, c’est le deuxième album que nous sortons chez eux. Et nous en sommes plutôt ravis car nous avons une bonne distribution. Il y a 10 000 albums de pressés pour le dernier. Le label bosse bien pour nous… 

Pour promouvoir l’album, il y a ce fameux clip « The Winter’s Master ». Pourquoi ce titre et pas un autre ? 

En fait, nous sommes partis en Russie faire une tournée qui était hyper éprouvante. On a survécu à ça et nous nous sommes appelés les « Winter’s masters ». Car nous avons réussi à survivre à ce périple assez particulier. Nous avions un autre batteur à l’époque. Timon n’était pas encore là. C’est pour te dire comment c’était exténuant pour nous… Avec ce titre, on voulait rendre hommage à Bukowski et aux Russes. Car nous avons voyagé dans des conditions totalement épouvantables. Il fallait que l’on ponde un truc pour marquer le coup. 

Il y avait quand même du monde à vos concerts en Russie ?

Pas tout le temps…  C’était très mal organisé… Il y avait au moins deux mille bornes entre chaque concert… On est allés joué jusqu’au Kazakhstan… Notre première date était géniale, c’était blindé ! Sur onze dates, on a fait cinq concerts sympathiques, le reste, c’était assez déplorable… Il y avait quoi… Dix personnes au fond du bar ? C’était complètement à perte. Mais nous ne sommes pas les seuls à vivre ce genre d’expérience. Mais c’était quand même une bonne aventure. Ça nous a bien soudé au final. 

Cette tournée en Russie vous a t-elle permis de découvrir des groupes Russes ? C’est comment le Metal là bas ? 

La scène Metal est vraiment bizarre là bas… Ils font des choses assez étranges. C’est une musique assez progressive. Il y avait un peu de tout...Des groupes abominables et des autres qui étaient mieux. Un peu comme notre tournée en quelques sortes. 

Il y a un groupe Russe qui fait figure de Headliner là bas ? 

Oui, il y a un groupe. Par contre, je ne suis plus capable de te dire le nom car c’est déjà très compliqué pour nous à le prononcer. Mais cette une formation n'est connue qu’en Russie. C’est des super stars, ils sont très populaires là bas… Bien qu’ils ne sortent jamais de chez eux. En général, il y a pas mal de groupes en Russie et il y a une vrai scène… Mais inconnue de nous les occidentaux. 

On va revenir à votre musique. Votre dernier album est très varié. Il y a une réelle base Stoner mais il y a quelques influences de Post Hardcore également. Est-ce que tu peux me dire comment un groupe comme Bukowski conçoit un album ? 

Nous l’avons composé quand Fred Duquesne est arrivé dans le groupe. Il est venu avec son petit paquet d’idées qui nous ont carrément plus. Et vu que nous sommes assez ouverts d’esprit, ça l’a tout de suite fait. Il a apporté une couleur différente. Cet album, nous l’avons composé en deux mois et enregistré en deux mois… Quand on est arrivés en studio, nous n’avions même pas un morceau… Tout s'est fait dans l'urgence ! 

Dans cet album, il y a même une ballade, elle s’appelle « Birth », tu peux m’en parler ? 

« Birth », c’est un morceau que Fred avait composé il y a bien longtemps... Il ne savait pas trop quoi en faire donc ils nous l’a proposé. Au départ, c’était un titre qu’il avait composé à la naissance de sa fille. Alors, il m’a filé les parties instrumentales et je lui ai écrit un super texte dessus, j’ai chanté en « one shot » dessus et au final, nous en sommes très contents. Fred voulait faire un morceau à écouter pour sa fille quand elle grandira. Il était très content. Donc voilà, c’est ça l’histoire du morceau.

Fred joue maintenant avec Mass Hysteria. Ce n’est pas trop dur pour lui d’occuper à la fois le poste de guitariste chez Bukowski et Mass Hysteria ? Mass Hysteria est un groupe qui se produit beaucoup en plus…

Oui, c’est un groupe qui tourne beaucoup… Et en plus, Mass Hysteria a une tournée qui tombe presque au même moment que celle de Bukoswki… Mais nous nous y sommes préparés. Nous avons un ami, Clément, qui viendra remplacer Fred quand il ne sera pas là. D’ailleurs, nous avons fait un concert avec lui la semaine dernière. Ça s’est super bien passé ! L’accueil du public était parfaite. Donc au final, cela ne nous pose pas trop de problèmes. Disons que nous pouvons encore programmer beaucoup de concerts vu qu’il y a un guitariste remplaçant. 

Bukowski et Mass Hysteria sont deux groupes assez proches. À ton avis, sera t-il possible de voir ces deux groupes lors d’une tournée commune dans les années à venir ? 

Nous allons nous produire à plusieurs reprises avec Mass Hysteria. Mais sinon, bien sûr que nous aimerions bien ! Je pense néanmoins que ce sera un peu compliqué pour Fred de faire la même tournée avec deux groupes. Mais si Clément se sent capable de le faire avec nous, pourquoi pas oui ! Nous allons voir par la suite comment les choses se profilent. 

Vous allez vous produire en compagnie de No One Is Innocent à la Gigale à Paris. Qui est est à l’origine de la date ? 

Ce sont les No One Is Innocent qui nous ont proposé d'ouvrir pour eux. Et on est ravis de le faire ! On avait déjà partagé la scène une fois avec eux, il y a longtemps maintenant. À ce moment là, No One Is Innocent était dans une période plus calme. Maintenant, ils ont fait un retour aux sources, et c’est tout à leur honneur car je préfère clairement quand ils envoient le bousin. 

Que penses tu de la scène Metal Française ? 

Je trouve qu’elle bouge bien ! Elle est toujours en perpétuel mouvement. Il y a eu un petit passage à vide pendant deux ans là. Mais actuellement, c’est revenu ! 

La dernière question, c’est de la philosophie. Kant a dit que la musique était la langue des émotions. Est-ce que tu es d’accord avec lui ? 

Ah bah alors là, complètement ! Chez Bukowski, on retranscrit toutes nos émotions en musique. Ça peut être différent pour les autres groupes mais nous c’est carrément ça. On raconte nos vies et on se débarrasse de notre haine en musique. Donc bravo à notre philosophe Kant ! (rires)  

Merci ! 

Crédit photo: Phenix Promotion