Bullet For My Valentine - Venom

Après deux ans d'absence, les gallois de Bullet For My Valentine reviennent avec leur cinquième opus intitulé Venom sous le label RCA Records. En dix ans de carrière, le groupe a connu l'ovation grâce à ses deux premiers albums Poison en 2005 et Scream Aim Fire en 2007 mais a également descendu l'échelon du succès à cause de ces deux successeurs Fever en 2010 ainsi que Temper Temper en 2013. Venom parviendra-t-il à rétablir la popularité du groupe ?

Line-up:

Matthew Tuck (chant, guitare)

Michael Padget ( guitare, choeurs)

Michael Thomas (batterie)

Jamie Matthias (basse, choeurs)

Toute la génération metal des moins de trente ans connaît Bullet For My Valentine qui a su se hisser au palmarès des groupes émergents du 21 ème siècle. Bercés par Metallica, Pantera ou Guns'N' Roses, ils se laissent influencer par leurs idoles afin d'obtenir un mélange de thrash et de heavy metal avec du hardcore mélodique ou du metalcore. Si leur deux premiers albums ont été acclamés par un succès retentissant, la suite de leur production n'a cessée d'être lynchée. Formatage, manque d'efforts, tentatives de reproduction d'un Poison de qualité inférieure.. Tous les reproches leur sont adressés. Venom, dont le titre fait explicitement écho à Poison, a été chaperonné par Colin Richardson, producteur des deux premières oeuvres de la bande. Doit-on s'attendre à un retour aux origines?

D'emblée, "No Way Out" nous prend d'assaut. Hardcore mélodique qui sied si bien au groupe, chant crié, guitares subtilement heavy et énergiques, tout est mis en oeuvre afin d'enclencher la machine de guerre. Dans la même veine, "Army Of Noise" est effréné, rapide, et se révèle efficace. A l'aide d'une avalanche de riffs et de solos diaboliques, le chant est plus heavy et post-hardcore que screamo. "Worthless" mérite également le détour. Plutôt lent et mélodique, le morceau alterne une voix qui susurre les paroles comme il peut les grogner. Autre pépite, "You Want A Battle? (Here's A War" accapare l'oreille avec ses choeurs obsessionnels dès l'intro. Agressif, beau et puissant, ce morceau est un condensé de tout ce que Bullet For My Valentine sait jouer dans l'émotion de Scream Aim Fire à Temper Temper.

"Broken" ou " The Harder The Heart ( The Harder It Breaks)" nous montre les BFMV que nous connaissons, où les influences du thrash sont palpables avec un growl aseptisé par un chant parfois à la limite du pop-punk. L'éponyme "Venom" se laisse marquer par des fûts assaillants. Accrocheur, ce titre s'apparente à une ballade survitaminée en comparaison au tournant plus virulent du reste de l'opus. Les breakdowns ainsi que lignes de guitare de "Skin", "Pariah" et de " Hell Or High Water" s'avèrent mieux travaillées que ce qui avait été produit auparavant sur Fever ou Temper Temper, on peut reconnaître cet effort. Plus judicieux que sur leurs anciens albums, les instrumentaux sont mieux dosés et ne tombent pas dans une exagération fantaisiste.

L'édition deluxe de l'album propose 4 morceaux supplémentaires qu'il serait dommage de négliger. "Playing God" met en valeur le jeu du basse de Jamie Matthias qui remplace Jason James parti du groupe peu avant le début de l'enregistrement de Venom. Très old-school, "In Loving Memory" (en hommage aux Guns'N'Roses?) marque un tournant très heavy. Et que dire de "Raising Hell", qui nous transmet à merveille toute la nostalgie que l'on éprouve à l'écoute d'un Poison resté inégalé jusqu'alors ?

En nous martelant d'arpèges prodiges et d'un metalcore bourru et maîtrisé, Bullet For My Valentine pourrait bien réussir, grâce à Venom, à se refaire plus qu'un semblant de réputation. Sur le devant de la scène, ces productions simples mais éthérées parviendront à conquérir même les plus réticents.