Bushwhacker - The False Dilemna

 

Quartet canadien (et non allemand, car il y a aussi des teutons qui ont choisi ce doux patronyme), Bushwhacker donne dans un black/death progressif qui n'hésite pas à puiser dans le classic rock et le psychédélique. Ils ont ouvert pour de nombreuses formations dont les plus notables sont Subrosa, Kylesa, Cult Of Luna ou encore Minsk. The False Dilema est leur troisième sortie après un premier album et un EP (Bushwhacker et Fish Guy), promue par Clawhammer Promotion (Ferium, Cryptopsy, Kaotoxin Records...) puisque le groupe est encore indépendant.

Line-up :

Cavan Egan (chant, guitare)

Geoff Woods (chant, guitare)

Rory O'Brien (basse, chant)

Sean Komaromi (batterie)

On dit que le cap du troisième album est celui de la maturité pour une jeune formation.

Si The False Dilemna est en réalité le deuxième essai longue durée des canadiens, il est bien leur troisième opus. Et à tous les niveaux Bushwhacker s'est sorti les doigts et l'ensemble surpasse leurs débuts depuis la production, en passant par la pochette jusque dans les compositions bien plus matures et ambitieuses.

Le black est la toile de fond de Bushwhacker sur laquelle il peint au gré de ses envies progressif, death et psychédélique. Ce même si le rock psyché n'intervient que lors des deux interludes : « Cheewhat Giant » et « A Path » ainsi que sur la respiration de milieu d'album « The Return » belle réussite très planante. Un peu dommage mais il est clair qu'il est difficile d'inclure des ambiances plus « fumantes » dans cet amas de gros riffs et chant éructé. Un chant complètement typé black metal (bien que l'on pense aussi fréquemment à Chuck Schuldiner) mais la musique est bien plus ouverte, conservant du style son côté fielleux et des riffs hypnotiques bien sentis. L'exception étant le final « Golden Shell » et ses relents de Mayhem qui se finit gentiment sur des bruits de vagues. Les compos relativement longues et techniques du combo font que celui-ci rentre complètement dans la case progressive.

L'une des plus grosses influences du quartet vient de notre superbe hexagone puisqu'il s'agit évidemment de Gojira ! Impossible de ne pas penser à nos compatriotes lors de l'intrumental éponyme tout comme sur le musclé « Dead Man Waltz » dont les passages plus heavy (comme d'autres au fil du skeud) font penser à Mastodon ou à Yob. Le groovy « Shikadance » débute par un riff que Lamb Of God n'aurait pas jeté aux oubliettes et cette dernière référence induit un fait indéniable : Bushwhacker est un groupe moderne. Sans jamais tomber dans le djent ou le metalcore et sans être desservi par une prod lisse au possible. Moderne mais intelligent donc ! Si en lisant le descriptif de l'intro vous pensiez tomber sur un émule d'Enslaved tel n'est absolument pas le cas. L'ensemble est extrêmement technique, restant toujours à la limite de la démonstration en proposant d'excellents riffs, des sacrés solos (« Dead Man Waltz », « Bushwhacker », « Perfection » et sa fin épique...) et des structures riches et surprenantes.

The False Dilemna est un très bon album, suffisament personnel pour que les influences du groupe ne deviennent pas gênantes. S'agissant d'un groupe encore fort jeune on se dit qui plus est que la marge de progression est énorme. On tient peut être là un futur grand canadien, Bushwhacker en a tout le potentiel.

 

Le titre ci-dessous est extrait du premier album du quartet, aucun titre de The False Dilemna n'a été posté sur Youtube pour le moment