Can Of Worms - Kult Of Nuke

L’étape fatidique du deuxième album est sans pitié. Elle montre si une formation est constante et arrive à se renouveler. Parfois, une nouvelle offrande permet à un groupe de se faire connaitre au grand public et même de percer à l’échelle mondiale comme Black Sabbath l’a fait avec Paranoid ou bien s'avérer être un gros raté Ici, c’est la formation Bayonnaise de Thrash/Death, Can Of Worms, qui revient avec Kult Of Nuke après trois ans d’absence discographique. Alors, cette nouvelle galette, ça passe ou ça casse? 

Si la formation avait déjà réussi à se démarquer grâce au très redoutable World Collapse, elle ne manquera pas d’accrocher l’oeil une seconde fois, ne serait-ce, grâce à l’illustration de Kult Of Nuke. C’est une entité mystique sur fond bleu qui annonce le projet du groupe: faire l’effet d’une bombe atomique nuancée par une couleur spirituelle. Et les titres des morceaux de l’album s’y prêtent totalement. Ils sont tous pourvus, à quelques exceptions près, de connotations religieuses comme « Altered Genesis », « Hybrid Heaven » ou même « Blasphemic God ».

Néanmoins, cette dimension spirituelle sera vite balayée par des compositions agressives qui renouent avec le Thrash/Death d’antan. « Altered Genesis » demeure comme le prologue de la violence inouïe de « Hybrid Heaven ». Bien que les parties instrumentales des morceaux ne présentent aucune innovation dans le genre, les titres sont efficaces. La formation a bien compris les enjeux d’une telle musique. L’album dans son intégralité est pourvu d’une brutalité digne de formations comme Kreator ou même Morbid Angel. Mais certaines pistes se démarquent de cette boucherie par le ton angoissant que celles-ci prennent. « Children of Nuke » ne manque pas de marquer l’attention de l’auditeur pendant son break mid-tempo où un riffing vicieux entre harmonie avec des notes plus aiguës. Le titre prend une tonalité inquiétante et morbide qui plongera l'auditeur dans une méditation métaphysique avec les forces de l'au delà.

Néanmoins, ce Thrash/Death d’antan est réactualisé par le groupe. Partout on retrouvera le style grâce auquel Can Of Worms avait réussi à se distinguer des autres formations Thrash /Death Française dans son premier essai. On pensera notamment aux guitares ultra-mélodiques et aux alternances des chants criées et claires. « Endless Vortex » et « Blasphemic God » vont dans ce sens. Certes, aucune nouveauté n’est à recenser mais la formation a trouvé un style propre et reconnaissable. Avec du Blast Beat et de la double pédale omniprésents, une basse épaisse et grasse qui accompagnent des guitares harmonieuses et agressives à la fois comme la formation le fait sur les titres  « Arachnid » et « Colossal Maelstorm », Can Of Worms semble avoir déniché la recette du succès.   

Le groupe innove également ce genre un peu vieilli sur « Doomsday Preacher » en proposant une introduction limite rappée qui montre encore une fois que le groupe n’a pas de limite et qu’il ose franchir certaines barrières! Soulevée par des parties mélodiques, cette communion entre, osons le terme, Rap/Hip-Hop et Thrash Metal donne un rendu alors exclusif très pertinent. 

Grâce à un rendu très homogène et audacieux, le deuxième essai des Can of Worms s’avère être un très bon cru de l’année 2015. La formation a franchi un cap. Sublimé par une production digne de ce nom, ce Kult Of Nuke confirme la personnalité d’un groupe qui cherche à innover un style passé de mode en gardant un pied dans le passé.