Cape Noire - Ad Nauseam

Qui est Cape Noire ?

La vraie question serait plutôt qu'est ce qu'est Cape Noire.

Sinistre, électronique et pur. Un esprit brisé règne au cœur des beats qui punissent ce riche piano. Et une voix. Qui se brise dans l'air.

Désormais vous pouvez chercher ce qui se cache sous le voile, tout ce que vous trouverez c'est un millier d'âmes perdues. Toutes à l'abris sous le lourd manteau.

 Line-up :

Cape Noire (piano/chant/machines)

 Cape Noire est un one-woman band assez énigmatique vous l'aurez compris. Sa tête pensante est cachée en permanence sous une sombre capuche et aucune information ne nous est donnée sur son parcours ou son expérience. Aucune !

L'esthétique visuelle et le titre de ce premier EP (Ad Nauseam) laisserait à penser que l'on a à faire à un projet black metal mais la vérité est à des kilomètres de nos chers pandas tristes. A croire que je n'ai pas le droit de chroniquer de metool depuis quelques semaines !

 Si il fallait décrire les styles que l'on retrouve dans Cape Noire, l'on parlerait plutôt de pop et d'electro que de metal en règle générale. Pop, « Fire » et « Fifteen », les deux premiers titres d'Ad Nauseam le sont assurément. Leurs refrains rentrent directement dans la tête et ont bien du mal à en sortir. Pour être tout à fait honnête j'ai rapidement mis ces deux titres sur mon téléphone pour pouvoir les écouter à n'importe quel moment sans quoi je serais devenu complètement fou. « Fifteen » est le véritable tube de l'EP avec son refrain imparable et son beat énergique qui ferait tortiller du fion n'importe quel pouf à talons. Il se dégage de ces deux premières chansons quelque chose à la fois de très sensuel mais aussi de très sombre, notamment dans la voix. Chose qui se confirme avec la suite et notamment l'interlude « That Day She Woke Up And Threw A Pound Of Shit At My Face » (respire), qui avec seulement quelques notes de piano se montrent plus triste qu'une blague de Kev Adams.

Si la suite est un peu moins accrocheuse, elle n'en demeure pas moins de haute volée. Ainsi l'on s'attendrait presque à ce que la chanteuse éclate en sanglot sur le définitif « Avalanche », plus posé mais surtout encore plus sombre que ses petits camarades. Les paroles, forcément très personnelles, décrivent une rage, un dégoût vis à vis d'une relation qui a échoué. Extrait de « Fire » : « Do you know you destroyed all of me ? Fucker ! » ou encore de « Three Feathers » : « Drop this fucking looser, you're going to suffer ».

 Alors pourquoi vous parler de cet album qui n'a de metal que son esthétique et son fond. Déjà par ce que je fais ce que je veux et que j'apprécie de parler d'autre chose que du metal. Mais surtout par ce que les gens qui entourent ce projet viennent tous du metal, que ce soit le chargé de communication (312 Music : Aqme, The Amsterdam Red-Light District, Under All) ou bien Franck Hueso (producteur d'Hacride et Klone entre autre) qui s'est ici chargé du mix. De plus j'ai envie de comparer Cape Noire à un autre projet assez unique : Ghost !

Au même titre que les suédois le discours et l'imagerie dark sont contrebalancés par une musique plus accessible à la volonté catchy. En plus de l'anonymat du compositeur, planqué sous une capuche, qui nous est inconnu.

 Ad Nauseam est un peu comme une veuve noire (vous savez cette jolie arachnée qui mange les mâles) qui se glisse sous votre peau pour vous empoisonner avec ses beats dansants et ses mélodies vocales entêtantes et envoûtantes.

Encore faut il évidemment être capable d'écouter autre chose que du metal.