Centrate - Ritual

Trop, c’est trop ! Trop de nouvelles formations Thrash sortent leur premier album sans pour autant proposer une nouvelle interprétation du mot « Thrash ». Thrash ‘Till Death ou pas, nous sommes en 2017 et le mouvement qui a connu un renouveau dans les années 2000 continue de faire émule au sein de la communauté Metal. De nouveaux groupes ne cessent de voir le jour et parmi eux, les jeunes allemands de Centrate qui nous livrent leur album des débuts, Ritual, peu de temps après leur EP, Tiger Force. Mais avions-nous vraiment besoin d’un nouveau groupe de Thrash aujourd’hui en 2017 ? 

Centrate sort donc son premier album, l'opus de la vérité qui validera une fois pour toutes la pérennité d’une telle entreprise… C’est aussi celui qui nous dira si le groupe pourra tenir sur la durée. Bref le groupe n’a pas droit à l’erreur car, avouez-le, on se désespère déjà à l’idée d’écouter encore et encore le même album de Thrash Metal aussi bon soit-il. 

On enclenche le disque avec « Voodoo », un titre ambiant aux allures primates qui finit par se révéler plus dynamique au fil des mesures. Le tempo s’accélère et les cris du frontman surgissent de nulle part. Aidé d’une voix typiquement Thrash, Niki s’amuse varier les intonations tout le long du morceau. Sa voix ne cesse de jongler entre tonalités Thrash dans l’âme et cris un peu plus Death par moments. Y’a pas à dire, nous revenons au fondamentaux du genre. Back to 1986, comme si rien ne s’était passé entre temps.

Tous les morceaux sont de très bonne facture. Leurs structures sont efficaces et vont à l’essentiel… C’est surtout l’excellente quatrième piste « Soul Collector » qui fait mouche. Mais rien ne semble nous apporter du neuf… Certes, c’est solide, mais jamais le groupe ne prend de risques. Cette plage, « Soul Collector », en est bien la preuve formelle : un chant à la Tankard, un gimming à la Exodus… On ne va pas vous faire liste !

Pourtant, bien que la nouveauté ne réponde jamais à l’appel, la formation a fait de son mieux pour se renouveler, et ce, à chaque morceau. Centrate a essayé de créer une rupture entre les morceaux afin que les titres se distinguent les uns des autres. « Old Mans Table » et « Kill Till Death », les pistes les moins Thrash de l’album soulève l'idée que l’on peut faire du Thrash tout en variant les approches. Quand « Old Mans Table » se distingue de par ses intonations plus Hard Rock dans l’âme, l’autre, lui, est clairement plus lourd, assez proche d’un titre de Slayer et met en exergue un groupe qui puise dans ses influences tantôt plus graves pour sortir du lot. 

Satanée production ! Sortez les casseroles ! Le groupe n’a pas voulu faire dans la démonstration et ce, jusqu’au bout ! La production assez sommaire ne soulève pas le charme de certaines pistes, et c’est bien dommage. Elle défigure même quelques-unes d’entre elles en leur incorporant sans le vouloir des petits effets Punk. Dommage, la batterie aurait pu gagner en profondeur.  

Nous ne sommes pas pleinement convaincus par cet album bien qu’il soulève toutefois un énorme potentiel « live ». Peut-être que la captation studio a stérilisé des morceaux typiquement conçus pour être joués sur scène. Quoi qu’il en soit, nous ne le saurons jamais sauf si Centrate décide de poser ses flight-cases dans la région.