Conférence de Presse - Judas Priest - Hellfest - 19/06/15

 

En juillet 2014, Redeemer Of Souls montrait un Judas Priest aux ambitions renouvelées grâce à l’arrivée de Ritchie Faulkner qui, par son style, n’est pas sans rappeler K.K. Downing. Et comme le dit le fameux adage « C’est reparti pour un tour ! » et « The Priest is Back ! » au Hellfest après quatre d’absence sur les terres Clissonnaises. N’en déplaisent aux extrémistes Catholiques car c’est à l’occasion d'un sermon proféré par la bande du Metal God (rien que ça !) que nous nous sommes permis de nous confesser et nous informer quant à l’avenir de la paroisse de Birmingham. 

Judas Priest vient juste de remporter un prix aux Kerrang Awards. Qu’est-ce que cela représente pour vous ? 

Rob Halford: C’est vraiment un honneur. En tant que musicien, c’est toujours bien d’être respecté et honoré pour ce que tu fais. Nous nous donnons toujours à fond dans ce que nous faisons. Et c’est bien sûr grâce aux fans que ce genre de prix tombent. Ils nous donnent non seulement l’énergie de continuer notre chemin mais aussi de composer de nouveaux morceaux. C’est pour eux que nous continuons à être sur la route et nous voulons partager cette passion pour la musique. 

Est-ce que vous pouvez nous parler de l’Epitaph Tour ? Pourquoi avez vous choisi de revenir sur scène ?

Ian Hill: Nous ne sommes pas vraiment partis. Notre intention était de ralentir un peu la cadence mais ça n’est pas arrivé au final. La sortie du nouvel album l’a bien prouvé. Il a fallu programmer une tournée pour le promouvoir ! 

Que pensez vous de votre performance à Paris avant le Hellfest, c’était cool mercredi dernier avec Five Finger Death Punch ? 

Ritchie Faulkner: Tu parles du concert à Paris ? C’était cool, man ! La dernière fois que nous sommes venus à Paris, c’était en 2012, il me semble. Les fans Français aiment beaucoup le Priest et ça se ressent sur scène. Il y a une véritable histoire d’amour entre les Français et Judas Priest. C’est pour ça que c’est toujours agréable de jouer pour vous, les Français !

Quand vous avez joué au Hellfest la dernière fois, vous n’étiez pas en tête d’affiche. Vous étiez juste en dessous de Ozzy Osbourne. Mais cette année, c’est enfin chose faite ! Qu’est-ce que ça fait d’être en tête d’affiche du Hellfest ? 

Ritchie Faulkner: C’était un honneur de jouer avec Ozzy Osbourne, il est toujours cool même en dehors de scène. Aujourd’hui, il y a Motorhead et Alice Cooper qui sont dans la place. Mais il se trouve qu’aujourd’hui, nous sommes en tête d’affiche mais ça ne change pas grand chose pour nous. Le festival grossit d’années en années et ça c’est vraiment top ! 

Pourquoi est-ce que vous ne jouez jamais de morceaux de l’album Rocka Rolla ?

Rob Halford: Nous l’avons fait lors de la tournée Epitaph Tour. Nous avons joué « Never Satisfied ». C’était vraiment bien. Mais je ne sais pas si nous ne le referons une nouvelle fois. C’est vraiment compliqué de construire une set-list quand tu as composé des centaines de morceaux. On essaie d’y inclure les titres qui marchent le mieux. Car nous la remplissons de manière à ce que les meilleures soient placés de manière dynamique. On veut toujours faire en sorte de finir le concert sur un gros moment. Peut-être que nous rejouerons un titre de cet album un jour. Tout est possible.

À l’époque où l’album Angel Of Retribution était sorti, c’était très compliqué pour vous de tourner en France. Maintenant, le problème est résolu et beaucoup de groupes jeunes viennent jouer avec vous. Et l’arrivée de Ritchie n'a fait que revigorer le groupe. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Glenn Tipton: Nous aimons beaucoup nos fans, mais des moments, c’est plus compliqué de jouer où l'on veut...

Ritchie Faulkner: Quant à l’énergie, je pense que c’est le fait d’être passionné qui permet de motiver un groupe. C’est la même chose qui se produit quand il y a un nouveau joueur dans une équipe de foot. C’est toujours bénéfique pour un groupe, du moins, je pense (rire).

Est-ce que vous allez vous produire un jour en Inde ? 

Glenn Tipton: C’est vrai que nous ne sommes jamais allés là bas. Le groupe aimerait beaucoup rencontrer ses fans Indiens mais on va où on nous propose d'aller... Ce n'est jamais encore arrivé donc on verra si un jour l’opportunité s’offre à nous. Nous nous sommes produits dans les quatre coins du monde, mais nous n'avons jamais eu l'occasion de poser nos flight-cases en Inde. C’est dommage. 

Rob Halford: On a besoin d’un promoteur Indien afin qu’il contacte notre manager à Londres et, là, ça pourrait arriver. Nous voulons bien jouer en Asie, c’est pas ça le problème. Envoie le message à nos fans Indiens que nous allons faire en sorte que le problème se résolve !

Est-ce que l’on peut espérer, comme les Rolling Stones qui ont maintenant dans les soixante dix ans, que vous soyez encore sur scène à cet âge là ?

Rob Halford: Si nous avons encore la possibilité de jouer, surtout de bien jouer et de faire de bons concerts qui divertissent les gens, oui, nous serons encore là. Il n’y a pas que les Rolling Stone. Regarde un peu Paul McCartney et The Who. Tu sais, le Metal et la musique Rock en général, c’est un univers à part. La nouvelle génération de Metalhead ne fait pas attention à l’âge des musiciens qui sont en face d’eux. Ils ne jugent que la qualité du show qui s’offre à eux. Donc oui, si un groupe qui a plus de quarante ans de carrière se sent capable de faire de la bonne musique et de bons shows, il n’y a pas de raison qu'ils arrêtent ! On aime jouer ce putain d’Heavy Metal. On prend tellement de plaisir ! On adore être dans le bus ensemble à se dire des conneries. C’est ça vraiment un groupe. Il n’y a pas que la musique, c’est une vraie famille. Si un membre ne veut travailler que pour lui seul, qu’est-ce qu’il fout dans un groupe ? 

Vous avez créé le Metal moderne au début des 70’s en incorporant à votre groupe deux guitares. Mais maintenant, c’est plus simple pour les groupes de jouer du Metal, de créer de la musique et de faire des concerts. Ce qui est gênant, c’est que dans les festivals, ce sont toujours des groupes comme vous qui font les têtes d’affiche. D’après vous, quels sont les problèmes que ces groupes vont devoir surmonter pour pouvoir faire un jour les têtes d’affiche ?

Glenn Tipton: Oui, je comprends ce que tu veux dire. Nous avons beaucoup de respect pour ces jeunes groupes. Nous écoutons leur musique. Ces jeunes formations contribuent un peu chaque jour au renouvellement du Heavy Metal. Quand nous avons commencé, nous étions toujours fiers de nous autoproclamer comme un groupe de Heavy Metal, nous ne voulions pas être victimes de la mode. Il faut toujours être convaincu de la musique que tu joues. Mais nous ne sommes pas stupides… Nous écoutons également beaucoup de jeunes formations. Nous avons appris beaucoup de choses grâce à ces nouvelles formations et même, il faut avouer, qu'ils sont une source d’inspiration. 

Rob Halford: Ce que je pense, c’est qu’il faut essayer de jouer n’importe quand pour essayer de percer dans le milieu. Même si en 1974, ce n’était pas pareil que maintenant, il fallait travailler pour y arriver. Le succès ne venait pas comme ça. Aujourd’hui, il y a internet qui permet à un musicien de partager sa musique partout où il le souhaite, mais ça ne l’amène pas forcément à remplir des stades. Donc il faut faire le maximum de concerts et le plus vite possible. Et là un groupe pourra avoir l’opportunité de percer. En plus, maintenant, grâce aux réseaux sociaux, les gens peuvent suivre ces groupes sur Instagram mais c’est beaucoup plus dur de se faire un nom car il y a beaucoup plus de jeunes formations qu’avant. Si beaucoup de choses ont changé en quarante ans, une chose est sure: si un groupe veut se faire connaitre, il doit travailler encore et encore !

 Judas Priest: 

Rob Halfold: Chant

Glenn Tipton: Guitare

Ritchie Faulker: Guitare

Ian Hill: Basse

Scott Travis: Batterie