Chaulnes Metal Fest 2016

Le Chaulnes Metal Fest est une institution régionale ! Et si c’était parce que le festival fait tout pour ameuter le plus de monde en proposant des affiches éclectiques (électriques diront certains) ? C’est encore la fameuse impression que nous a laissé l’édition de 2016 ! Les fans de Death, Thrash/Death, Grind, Metalcore et Heavy/Hard étaient dans les starting-blocks pour accueillir Beyond The Hatred, Spirit, Putrid Offal, Mercyless, Gang, Supuration, Dew-Scented et enfin Legion Of The Damned. 3, 2, 1, c’est parti !

C’est Beyond The Hatred qui ouvre les hostilités ! Souvenez-vous, les nordistes avaient remporté le fameux sésame qui leur a donné l’opportunité de transformer leur essai. Mais malheureusement, rien ne se passe comme prévu… Un de leur membre, Vince, n’a pas pu se rendre à l’événement. Vite, nous comprenons que le show ne sera pas conforme à nos attentes… C’est à Nath qu’a été confiée la tâche de combler ce manque… Pas évident ! On pouvait même la voir compter les temps: « un, deux, trois, quatre, un, deux, trois, quatre ».   

Quoi qu’il en soit, le groupe est heureux de figurer sur l’affiche et fait tout pour présenter, comme il se doit, les titres de son premier EP, j’ai nommé Tropaïon… Mais décidément, rien ne sourit à la formation valenciennoise… Beaucoup de laisser-aller se fait ressentir sur le plan sonore (indépendamment de leur volonté, encore une fois…). Parfois, les grognements d’Aurélien étaient audibles, parfois non… Mais, nous ne pouvons que saluer son audace. Le groupe, malgré tout, a bien voulu présenter un de ses nouveaux titres: « Blood Curse ». Il y a des jours avec et sans, même pour les bons groupes… Dommage !

Spirit profite du créneau horaire qui lui a été confié pour faire un tour de Déloreane. Direction les années 80, plus précisément le 26 mars 1988 quand Iron Maiden était à son apogée ! Tout y est ! Les riffs exécutés par Thierry sont hyper mélodiques et ses solos très très bien ficelés ! Un régal ! Le show est homogène et les ballades prennent le relais de titres plus « maidenesques » où il était possible de chanter en choeur avec le frontman.

Par contre, là où ça cloche, c’est bien au niveau du chant… Certes, Arno fait tout pour se démarquer et joue au fou pendant les breaks (on l’aura même vu verser quelques verres de bière sur lui et arpenter la fosse)… Mais un bon frontman ne fait pas forcément un bon chanteur. Son chant, très puissant, restait assez approximatif… Heureusement, ça ne fait aucun doute, le bonhomme fera en sorte de combler quelques unes de ses lacunes. Une belle expérience pour ce groupe qui s’est permis d’inviter ses potes de Gang sur scène afin de célébrer son amour du Heavy Metal Traditionnel le temps d'un morceau.


Place à Putrid Offal ! La formation nordiste ne nous avait pas laissés indifférents en décembre dernier lors du Kaotoxin Fest… Leur prestation au Chaulnes Metal Fest ne fera pas exception à la règle. Les Putrid Offal sont bien là pour en découdre. Et ils n’ont pas eu de mal à balayer les vieilleries du groupe précédent pour insuffler la crainte et à la pitié à leurs fans. Comme à son habitude, quelques perfusions sont disposés au pied du micro de Franck Peiffer et les quatre sbires débarquent sur scène accoutrés de la sorte ! Vous n’étiez pas fan de corps en putrefaction ? Tant pis pour vous ! Ils ont pris un malin plaisir à nous montrer ce que l’humain a de plus terrible pendant l’interprétation des titres de Mature Necropsy !

Ainsi, quand les titres réactulisant la recette du Grind « From Plasma To Embalming », « Gurgling Prey » et « Symptom » se sont enchainés, nous étions en droit de constater que le groupe gagne en professionnalisme à chacune de ses prestations ! Ça pue le pus et ça claque de tous les côtés ! En plus, le jeu de lumière collait bien avec cette boucherie ! Que demander de plus ? Eh bien que le groupe ne soit pas interrompu par l’organisation… Dommage car « Freddy Kruger », leur fameuse reprise de S.O.D., passe bien en live !

NB: Le billet d’humeur du frontman concernant l’intégration et les amalgames commises dernièrement aura également été bienvenu en ces jours où le fanatisme ne cesse de gagner du terrain. Merci ! Stay Grind, Stay Putrid, Stay Putrid Offal !

Nous avions raté Mercyless lors de leur passage à la gare Saint Sauveur de Lille. Pas grave, nous savions que ce n’était que chose remise ! L’équipe de Metal Cunt s’est rattrapée au Chaulnes Metal Fest et n’a pas été déçue du voyage. Nous avons eu tout ce dont nous étions en droit de nous attendre d’un tel groupe. Max Otero est toujours en forme et, comme d'habitude, la setlist met la lumière sur sa pièce maitresse, Abject Offerings avec des titres comme « A Message For All Those Who Died », « Adject Offerings », « Burned At The Stake » et « Substance Of Purity ».

Si la prestation est très bonne, nous ne pouvons que regretter que la guitare solo n’ait pas été assez mise en avant. Gauthier, dernière recrue au sein du groupe, pourtant bien à l’aise sur scène, n’a pas bénéficié du soutien nécessaire de la part de l’ingénieur son, complètement à côté de la plaque ce soir… Dommage. Quoi qu’il en soit, la chose s’est améliorée au fur et à mesure et nous avons pu contempler sa dextérité sur des titres comme « Infamy » et « Burned At The Stake ».

Max Otero n’hésite pas à s’adresser à plusieurs reprises à son public et, la sortie du nouvel album approchant à grands pas, il a bien voulu nous faire découvrir quelques unes de ses nouvelles tranches, « Eucharistic Adoration » (déjà présent sur le split CD Blast From The Past) et « Pathetic Divinity ». Vite, nous pouvons nous faire une idée de la nouvelle galette qu’ils vont nous pondre ! Ça sera lourd, gras et 100% Thrash/Death « Old School ». Maintenant, il nous reste plus qu'à attendre la sortie du fameux opus (prévue pour octobre 2016) !

Bien que la foule semble amorphe, elle examine le jeu des alsaciens et bien sûr, c’est tout rassasiée qu’elle est ressortie du concert ! Une petite reprise de Death « Evil Dead » (Scream Bloody Gore) et Mercyless se met le public dans la poche, bravo !


Malheureusement, le rencard que nous avait filé Max Otero ne nous a pas permis d’assister à l’intégralité de leur show. Les Gang, que l’on n’a plus à présenter dans la région, ont eu la lourde tâche d'apaiser l’atmosphère avec du bon vieux Heavy Metal. Pas évident après Putrid Offal et Mercyless ! Malheureusement, nous n'avons pas retenu un bon souvenir de ce concert, bien que l’ambiance fut bonne (ils ont même invité leurs potes de Spirit sur scène pour fêter un anniversaire). Leurs morceaux et les reprises « (747) Strangers In The Night » (Saxon) et « Riding On The Wind » (Judas Priest) sont passablement exécutés… Leur frontman ne fait pas honneur à ces classiques… Dommage. Ajoutez à cela un mixage assez médiocre et l’on détient le concert le plus décevant de la journée. Dommage car on aime bien le Heavy Metal Traditionnel chez Metal Cunt ! Peut-être aurait-il fallu que Gang se produise juste après Spirit ?

Après cette pause, c'est à Supuration de se produire. Et ils prennent leur temps pour s’installer ! C’est à dire que préparer un show de Supuration, c’est non seulement prêter attention à la scénographie, mais aussi au son. Tout se doit être parfait - Peu importe si le groupe doit fouler les planches en retard - Si la formation valenciennoise s’est construite une réputation sans faille, c’est sans doute grâce à sa volonté de bien faire. Une fois n’est pas coutume, quand les premiers accords de « The Elevation » retentissent, l’ambiance si particulière de la formation se met en place: brume, et lumière rouge oppressante s’alternent et rencontrent leur Death Metal avantgardiste.


Ludo est en voix ce soir et son spectre gueule les poèmes tirés de ses principaux recueills: The Cube, Incubation, Cube 3, et Rêveries… Les frères Loez sont dans leur élément et leurs voix se fondaient régulièrement dans un seul tout pendant que Fred faisait valser sa tignasse. Plus surprenant encore, Thierry, illusionniste accompli, faisait jaillir de ses fûts, une nappe de brume quand résonnaient les rythmiques sulfureuses de « Tales From The Crematory ». Les non-initiés, sûrement surpris par l’allure qu'a pris la scénographie, n’ont pu qu’être transcendés par les accords pincés de Ludo pendant l’interprétation finale de « The Cube ».  

Bien sûr, les habitués étaient ravis. Non seulement les Valenciennois ont joué une partie de leurs morceaux cultes « Incubation (January) », « Synergy Awakes » et « Through The Transparent Partitions », mais quand l’interprétation frôle la perfection, c’est encore mieux. Ainsi, changement de régisseur oblige, le son était correct et le show, des plus pertinent. C’est sur « The Cube » que l’illusion optique prend fin. Nous ne pouvons donc que saluer leur performance et, à vrai dire, nous n’étions pas les seuls. Les Mercyless, eux aussi, regardaient d’un oeil attentif la prestation des frères Loez.

Les Dew-Scented sont des habitués du festival. Ils s’y sentent même comme chez eux. C’est à dire qu’ils s’y sont déjà produit à plusieurs reprises. La tâche n’est donc pas compliquée pour les Allemands ! Quelques titres cultes, « Turn To Ash » et « Sworn To Obey », en guise d’ouverture et c’est reparti ! Le quatuor nous offre un show intense parsemé de points d'orgue comme « Cities Of The Dead » et « Storm Within ». Et en plus, le mixage est correct et nous permet de nous rendre compte de la dextérité de Koen ! Quel son de batterie ! Et il sera d’autant plus remarquable de voir que le groupe sait combler une éventuelle basse absente.

Leif Jensen sait entretenir des liens forts avec son public. À plusieurs reprises, le bonhomme interviendra pendant les temps morts du set. « Vous vous souvenez la dernière fois que l’on s’était produit ici ? Un mec avait montré son sexe ! » ou bien « Demain, c’est Pâques ! Faisons en sorte de passer un bon week-end de Pâques ! ». Certes, ces allusions sont peut être inutiles… Mais elles mettent à jour la complicité qui existe entre le groupe et ses fans.

En plus, le groupe n’est pas radin ! Le public aura eu droit à 1H15 de show, soit 15 morceaux ! Cela en fait la performance la plus longue de la journée. Cependant, bien que le concert est appréciable et bien construit (il y a deux parties différentes), nous ne pouvons que regretter l’aspect « à rallonge » que celui-ci a pris au fur et à mesure que les dernières mesures de « Acts Of Rage » et « Radiation Sickness » s’échelonnaient. Quand il y en a plus, il y en a encore ! Un très bon concert toutefois !

Après que Legion Of The Damned ait pris une plombe à installer son matériel sur scène, à accorder ses guitares et faire en sorte qu’elles sonnent, les néerlandais ouvrent enfin la dernière valse ! Inutile de vous dire que les fans qui avaient pris leur mal en patience n’ont pas été déçus. Ça sonne, ça sonne et ça sonne même un peu trop fort ! Les Néerlandais défient les lois de la gravité et jouent la totalité de leur setlist à 110 décibels ! Nul doute ne fait que le concert était très bon. Mais fin de journée pour nous, la musique était juste insupportable malgré un show qui s’annonçait pourtant comme mémorable.

Que retenir de ce festival ? Nous n’allons pas épiloguer sur l’organisation…  Il est évident que beaucoup de laisser/aller s’est fait ressentir, que ce soit au niveau du mixage, et même des lights. Pourtant c’est dommage, car tous les groupes y ont donné du leur pour faire en sorte que la journée se déroule bien. Un ami me disait: « Ça fait des années que je viens, et je constate tous les ans qu’il y a de moins en moins de festivaliers ». Et dire que ce festival pourrait être cent fois mieux.

Merci au Chaulnes Metal Fest, aux organisateurs et aux bénévoles pour l'invitation, et leur bonne humeur !