Chaulnes Metal Fest 2017

L’année dernière, la rédaction de Metal Cunt s’en était allé rejoindre ses copains Picards… 2017 n’a pas fait exception à la règle. À peine remis du Betizfest, nous reprenons la route pour le deuxième festival de l’année, le Chaulnes Metal Fest, qui fête comme le Betizfest, ses quinze ans d’existence. Alors, on ne va pas se répéter, ces initiatives sont saluables d’autant plus que ces acharnés prennent de leur temps pour organiser le meilleur événement possible ! 

15 ans, c’est l’occasion de proposer ce qui se fait au mieux en termes de Metal. Voyez donc par vous-mêmes, Onslaught, Loudblast, No Return, Now Or Never, Svart Crown, Praetoria et Heboidophrenie se sont passés la main et tout ça pour un tarif plus que dérisoire : 15 ans, c’est 15 euros, point à la ligne. 

Trêve de plaisanteries ! Il est 14 heures quand nous arrivons. Nous prenons le temps de saluer quelques têtes, profitons du battement qu’il y a pour rejoindre le LB Circle pour qui l’apéro bat son plein. 

Quelques verres après, nous nous retrouvons devant la toute première formation à fouler le plancher aujourd’hui. Il s’agit de Praetoria, un groupe de la région parisienne, venu pour défendre son premier méfait : Mirror Of Modernity. Praetoria, c’est quoi ? Un bon Thrash/Death orchestré par un leader ne cessera de faire varier les intonations de sa voix durant tout le long concert. Bien sûr, l’originalité  n’est pas de mise, mais saluons-là, les efforts d’un groupe qui exécute au pied de la lettre son show. 

Néanmoins, Bien que tout ait l’air d’être en ordre sur le plan musical, un certain malaise s’installe dans la salle, comme si les fans n’étaient pas prêts à entrer dans le jeu. Et à croire, la régie lumière non plus. Il aura fallu attendre la moitié du set pour que la pénombre s’installe dans la salle en plein morceau. On ne dira rien concernant ces maladresses sûrement dues au stress… Quoi qu’il en soit, il a rattrapé le coup en présentant comme il se doit le morceau le plus «  Pop  » de son répertoire, en lâchant son micro pour exécuter une belle danse du ventre. Le concert était mis en rythme par des samples, c’est bien… Mais pourquoi les musiciens ont-ils fuit la scène et rangé leurs instruments comme si de rien n’était alors que le dernier sampler n’était pas arrivé à son terme. En somme, ce fut une belle prestation, mais gâchée par ces petits détails fâcheux… 

Venus tout droit de Bordeaux, les mecs de Heboïdophrenie ont reçu eux un accueil plus unanime. Ils ont profité que le festival se mette en route pour régler quelques petits détails. Voguant dans un style quelque peu semblable comparé à leur ainé, les Bordelais distillent un Death/Grind agressif, et tendancieux. Alors, pas la peine de vous faire un dessin, chez eux, c’est de la double en voici, en voilà et déjà une affirmé bien affirmé. Alors, le charisme est une chose, mais réussir à organiser le tout premier Wall Of Death de la journée en est une autre. Uniquement composé de quatre fans, l’animation a toutefois lieu…

Néanmoins, les morceaux que nous présentent les Bordelais restent un poil trop linéaires. On ne dira pas que ça nous a gâché le concert, mais, si la formation veut flirter avec le succès comme leurs compatriotes d’Exocrine, une petit sursaut d’originalité serait des plus appréciables. Laissons-leur le bénéfice de l’âge…

Jo Amore et Nightmare, c’est du passé. On va passer sur le déchirement qu’il y a eu entre les Grenoblois et le frontman. Jo compte bien faire un pas en avant et renouer avec le succès grâce à son «  side projet  » désormais projet principal, Now Or Never. Pour ce faire, il a engagé quelques musiciens talentueux à l’instar notamment, Ricky Marx (ex-Pretty Maids) pour assouvir sa soif de conquête. Cette requête se fait par l’intermédiaire d’un festival de renommée moyenne comme le Chaulnes Metal Fest. Avec à son actif deux albums, le chanteur veut surprendre…

Pas de soucis, le frontman enchaîne les morceaux, tous très typés Heavy des années 80. Mais bien que la voix de Jo Amore se porte bien (oui, les vocalismes à la Dio ont fait le plus bel effet sur les partisans du bonhomme), et Ricky excelle dans son domaine, il en faut bien plus pour insuffler un coup de jeune à un genre musical qui a visiblement mal vieilli. Le concert était-il mauvais pour autant ? Non. La bonne ambiance était de mise, le frontman continue de saluer son public et n’oublie pas de remercier comme il se doit l’organisation du festival. Dernière remarque : il se peut que le son, bien trop fort, ne nous ait pas permis s’apprécier le concert à sa juste valeur. 

Résumer un concert No Return au Chaulnes Metal fest, c’est un peu comme toucher quelques mots sur le retour au pays natal d’un vieux groupe. Oui, les mecs de No Return, en arrivant chez les Picards, savaient qu’ils allaient retrouver quelques têtes connues. Alors l’ambiance était à la fête, et c’est pas plus mal… Un peu de «  positive attitude  » ne fait pas trop de mal, et Mick, le sait. Bref, le groupe nous a sorti ce qu’il sait faire de mieux, un Thrash à l’ancienne mis en avant par un chant parfois plus growlé, parfois crié, parfois plus clair, notamment sur les derniers «  Stronger Than Ever  » (issu de Fearless Walk To Rise). 

Pas de nouveaux titres interprétés, mais le groupe n’oublie pas de rassurer ses fans. Le groupe est actuellement en studio où il peaufine ses nouveaux titres. Sortie prévue pour octobre prochain… Mais rien de neuf à se mettre sous la dent. Les classiques prennent bien la sauce, et le public semble être satisfait du set proposé par le combo. Certains membres du public se sont même permis de monter sur scène pour faire part de leur satisfaction. Encouragée par un «  cassez-vous de là, bande de cons  » venu de nulle part, ils finissent par quitter la scène et laisser la place à un invité de marque, Monerno Grosso (chanteur de No Return entre 2003 et 2010) venu pour se produire le temps d’un titre : «  Rising » (Manipulated Mind). Oui, No Return, c’est les retrouvailles à chaque fois ! Rendez-vous en Octobre prochain ! 

Svart Crown gravit les échelons, et ne cesse d’évoluer d’un cran à chaque fois que nous les rencontrons. Alors, se produire en Picardie à l’occasion du Chaulnes Metal Fest, c’est un peu un concert de routine pour eux qui ont maintenant de l’habitude de se produire un peu partout, notamment aux États-Unis. Abreaction est sorti il y a maintenant deux mois, et le constat est sans appel, le groupe est aujourd’hui à son plus haut niveau. Concert millimétré, orchestré, c’est un Svart Crown déterminé à rafler les quelques curieux qui se sont amassés dans la salle que nous rencontrons. Les lumières rouges se fondent dans le décor, et JB Le Bail, véritable chef de guerre, présente ses nouveaux morceaux. 

L’ambiance véhiculée par les nombreux effets de lumière et les nouveaux titres «  Khimba Rite  », «  Orgasmic Spiritual Ecstasy  » transcende la salle, et nous redécouvrons chez Svart Crown cette sensible faculté de propager une atmosphère unique dans la salle. Mené par des musiciens de talents qui ne cessent de flirter avec la perfection, le concert ne pouvait pas prendre une autre tournure. JB Le Bail, toujours aussi charismatique, alterne des différentes tonalités vocales et se fond dans la brume dessinée par les lumières rouges. Oui, Svart Crown est la nouvelle référence du Metal à la Française, cette prestation au Chaulnes en est la preuve formelle.  

Loudblast ! Encore une fois, et toujours… Vantant une nouvelle fois les mérites de son album phare, Sublime Dementia, Stephane Buriez et ses acolytes reviennent au Chaulnes Metal Fest, un festival qu’ils connaissent bien puisqu’ils s’y sont déjà produits à plusieurs reprises. C’est donc en terrain conquis que les nordistes enchaînent leurs morceaux «  Sublime Dementia  », «  Presumption (Farther On) et autres «  Subject To Spirit  » et «  My Last Journey  ». Certes, l’album n’aura pas été joué en entier comme promis, mais nous pouvons nous réjouir devant les classiques «  Disquieting Beliefs  » et «  Cross the Threshold  ». Dans le pit, c’est la bagarre, et tous les titres sont très bien exécutés.

Attention, chaussée glissante ! Tous les membres de la fan base du groupe sont dans les starting-block et s’affrontent dans le pit. Pas très malins ceux-là. Ça glisse et ça carambole comme jamais. Bref, en une heure de jeu, Loudblast a prouvé qu’il était encore LE patron du Death/Thrash à la française. Que ça vous plaise ou non. 

Mention spéciale à RV, le batteur a assuré ses derniers shows (Betizfest compris), et poursuit actuellement l’enregistrement du nouvel album de Black Bomb A bien qu’il soit grièvement blessé à la jambe. Vous aurez sans doute remarqué qu’il avait du mal à se déplacer. Néanmoins, ça claquait ! 

Dernier groupe ! Onslaught ! Souvenez-vous, la rédaction de Metal Cunt s’était déjà entretenue avec le groupe dans le cadre du Hellfest en 2015 ! Nous les avions également rencontrés au Motocultor en 2016… Bref, Onslaught est partout, même au fin fond de la campagne picarde ! Que nous vaut celle venue ? Le groupe n’a rien à promouvoir, mais compte bien marquer les esprits. En effet, il y a déjà trente ans de ça que sortait leur deuxième opus, The Force, leur meilleur diront certains. Alors niveau setlist, pas de surprises, l’album a été interprété dans son intégralité, dans l’ordre.


Qu’en était-il de la prestation ? Bien que classique, Sy Keeler va à l’essentiel et ne cesse d’alterner chants clairs et criés. Particulièrement habile, il harangue une foule totalement sous l’emprise de «  la force  ». Quelques effets de fumée par-ci, par-là, et le show rend justice à tous les morceaux… Mais la fatigue nous prend, et nous empêche d’apprécier le show à sa juste valeur. Nous partons avant la fin. 

Pour ses 15 ans, le Chaulnes Metal Fest n’a peut-être pas vu les choses en grands, mais est resté fidèle à son public. Ce festival est et restera toujours ce bon vieux festival où l’on se rend le week-end de Pâques pour y voir des groupes que l’on aime, et pour trinquer avec nos copains.