Chris Holmes - Shitting Bricks

Il y a ces artistes qui vivent profondément dans le passé et il y a ceux qui tentent de revenir sur le devant de la scène après plusieurs années de traversée du désert. Et ce n’est peut-être pas pour rien que Chris Holmes a décidé de confirmer son retour en force quelque temps après son emménagement dans le sud de la France. Avec son deuxième album solo sobrement intitulé Shitting Bricks, le Guitar Hero voulait concurrencer son ancien acolyte, Blackie Lawless, riche d’un nouvel album, Golgotha. Alors, vous me croirez ou non, mais c’est une belle leçon de vie que nous conte le Cannois. 

Néanmoins, il est évident que l’album que nous tenons dans les mains est loin d’être parfait, et très loin même. Tout semble inabouti et assez brouillon dans l'ensemble. À commencer par la voix du natif américain qui a été over-dubée afin d’en faire ressortir quelques qualités. Mais il s’agit d’un leurre puisque ces effets, assez superficiels en soi, sont souvent insuffisants pour aboutir à une voix passable en studio. Quoi qu’il en soit, il faudra sûrement attendre et écouter l'album régulièrement afin d’apprécier ces parties vocales à leur juste valeur, ou pas. 

Pourtant, les compositions sont loin d’être inintéressantes pour autant. Au contraire, le riffing de Chris Holmes qui a révélé W.A.S.P. au grand public est resté intacte. Les fans du barbu ne seront donc pas désorientés face aux riffs « Old School » de « Let It Roar » ou bien « Shitting Bricks » où le guitariste mise sur le feeling de ses solos pour se démarquer. Car il est évident que l’intérêt d’une telle pièce ne repose pas sur les moments chantés mais bien sur ses parties purement instrumentales, pas des plus mauvaises.  

Et contre toute attente, plus les titres se profilent, plus cet effet de n’avoir affaire qu’à des ébauches s’avère être un des atouts majeurs de cet album. Car le musicien y est allé à l’instinctif de bout en blanc. On le sait tous, Chris Holmes, en 2015, n’a plus rien à prouver à personne et n'a surtout plus rien à perdre. Et si ce Shitting Bricks était juste l'occasion pour le sudiste de s’éclater et de prendre du bon temps sur scène en jouant du bon vieux Rock n’ Roll ? C’en n’est plus douter avec le ton positif que prennent les titres comme « Get With It » et « In Your Mouth ». Ces morceaux, sans être pour autant des tubes, sentent les soirées de débauches sexuelles à des kilomètres. Tout est honnête, tout est vrai. 

Dans Shitting Bricks, Chris Holmes a également réussi à varier les tonalités. L’acoustique spirituel « Nevermind » et les power ballades (« Born Work Die » et « Don’t Care »), bien que regrettablement non-mis en valeur par une production qui aurait pu se faire plus percutante, font partie de ces moments d'accalmie souvent bienvenus car ils cassent un peu la routine et ces effets de longueur... 

Que retenir de cet album ? Chris Holmes est loin de son succès d’antan. Néanmoins, en sortant Shitting Bricks, l’ex-Americain voulait montrer qu’il était toujours là et qu'il était capable de composer des hymnes entêtants comme à la bonne époque. Mais peut-être aurait-il fallu que Chris prenne plus de temps pour concevoir Shitting Bricks ?