Claw - Claw

Auto-proclamé « Post Apocalyptic Metal », à cause de son univers à la Mad Max, Claw est une formation suisse (oui nous aimons bien la Suisse chez Metal Cunt) de thrash mélodique qui évoque par bien des aspects Megadeth et s'est formée en 2008. Sorti le 6 Octobre, Claw, est leur premier essai qu'ils ont confié à Serge Morattel (Knut, Zatokrev, Lofofora) intégré en tant que guitariste depuis.

Line-up :

Nikolay Prensilevich (chant)
Serge Morattel (guitare)
Bruce Borgeaud (guitare)
Oscar Martensson (basse)
Jean « Glycy » (batterie)

Continuant sa recherche de la crème de la scène suisse, Czar Of Bullets (le label du leader des énormes Zatokrev), nous présente Claw et son premier opus éponyme. Le quintet a eu le privilège d'être « Découverte du Mois » sur le sampler Rock Hard du mois d'Octobre, pour son single « Out Of The Vault ». Et il est fort probable que l'on range Claw à côté de The Burden Remains (que nous avions chroniqué il y a quelques mois), car en plus de partager le même label eux aussi donnent dans un thrash bourrés d'influences diverses et variées.

Dès « Out Of The Vault » Claw prouve l'intérêt qu'on peut lui porter, car après une intro grandiloquente qui aurait assurément sa place dans la BO d'une production hollywoodienne, ce premier extrait a tout d'un hymne en puissance. Gros riffs thrash qui donnent envie de bouger la tête et de courir en cercle comme un imbécile heureux, refrain à la mélodie imparable et au chant on ne peut plus efficace. Une constante que l'on va retrouver tout au long de ce premier jet éponyme, les refrains ont tous été très soignés à tel point qu'il suffit de deux écoutes pour les connaître. Globalement l'ensemble est très mélodique et il faut bien avouer que l'on pense de nombreuses fois au Megadeth de Rust In Peace (1987) ou Symphony Of Destruction (1990). Après « Hangar 18 » nous avons droit à « Alpha 13 » ! Une influence particulièrement flagrante au niveau du chant de Nikolay Prensilevich, plus dans les placements que dans la voix elle même, sauf sur « Sandstorm » sur lequel il singerait presque Dave Mustaine. Drôle d'idée non ? Quelques unes des intonations rappellent aussi le Chuck Billy (Testament) des débuts mais cela reste assez furtif, reste que le bonhomme a encore quelques progrès à faire, bien que sa prestation reste tout à fait honorable. La structure à tiroir de « Dawn Of A New Era » et ses nombreux solos n'est pas non plus sans rappeler la bande du rouquin. Pour autant le quintet sait s'énerver et le prouve notamment avec « Dawn... » sur un passage de brute épaisse qui n'aurait pas déparaillé chez Exodus ou encore sur le début du définitif « The Alphapocalypse ». De la même manière que les refrains ont été très travaillé, les guitares ne sont pas en restes. Encore heureux lorsque l'on constate qu'en plus d'avoir co-produit et mixer Claw, Serge Morattel (guitare), a co-écrit pas moins de six titres avec Nikolay. Le pré-cité « The Alphapocalypse », étant un instrumental, est assurément la meilleure composition pour profiter pleinement de ces solos entremêlés et de ces excellentes mélodies. C'est qu'il faut quand même bien se démerder pour sortir un instru de presque huit minutes pas chiant pour un sou et même franchement excellent (ce break acoustique aux percus « exotiques »!). Claw va même jusqu'à nous faire rêver sur une ballade (!), « Alone », un exercice bien souvent raté et plus encore oublié de nos jours. On se voit déjà en train de draguer sa voisine, briquet à la main lors des lives des suisses, c'est pour dire !

Claw est un groupe comme on aimerait en découvrir plus souvent, car si il ne va pas réinventer le metal il nous offre un skeud « in your face », sans blabla, bardé de riffs en béton armé jusqu'aux dents et d'hymnes en puissance. A une époque où la course à la technique et aux morceaux toujours plus froids (oui c'est à toi, djent, que je m'adresse) Claw est une véritable bouffée d'air frais qui sent la passion et le travail (oui j'insiste un peu là dessus). Tout juste peut on lui reprocher une pochette assez banale et au final assez loin de son univers post-apocalyptique qui a pourtant de quoi donné une base solide à de beaux visuels.

Tu as envie de bons riffs, de refrains catchy, de thrash ni moderne ni passéiste ?

Tente ta chance tu risque de tomber entre leurs griffes.