Conférence de presse - Scorpions - Hellfest - 20/06/15

 

Après leur « Retour en Noir » sobrement intitulé Comeblack en 2011, les Scorpions ont clairement montré leur attachement à la scène en parcourant une nouvelle fois le globe. Si 2015 confirme le retour de la carrière studio des Allemands avec Return To Forever, nous ne pouvons que rester dubitatif quant à la qualité de l’album. Une production de basse couture pour fêter les cinquante ans de Scorpions sur scène dont le Hellfest est une des premières cibles. C’est donc avec impatience que la rédaction de Metal Cunt attendait la conférence de Presse de la bande à Rudolf Schenker pour en savoir plus sur cette fameuse retraite avortée peu de temps après à son annonce. 

Votre dernier album s’appelle Return To Forever, j’aimerais savoir ce que « Forever » signifie à présent pour vous maintenant que vous êtes vraiment revenus sur le devant de la scène…

Matthias Jabs: « Bonsoir », Return To Forever est un bon titre pour illustrer notre retour en force depuis la fin de notre tournée d’adieux à aujourd’hui. Mais en enregistrant cet album, nous avons compris que nous amusions tellement à faire de la musique et à partir sur la route. Ça nous brisait le coeur de devoir dire à la foule « c’est le dernier show » à chaque fois. Nous sommes donc revenus et nous adorons ça. Nous sommes très heureux d’être là ce soir et l’album Return To Forever résume bien cela.

Vous avez utilisé de vieilles démos pour l’album Return To Forever. Pourquoi les avoir utilisées vingt à trente ans après leur composition? 

James Kottak: Je ne sais pas si on peut appeler ça des démos, ce sont des exemples d’anciens morceaux, mais c’est vraiment un tout nouvel album que vous avez là. 

Rudolf Schenker: Nous avions comme intention d’offrir à nos fans des morceaux inédits. C’était après nos concerts acoustiques à Athènes, qui furent une expérience géniale au passage, que nous avions repris pour la première fois ces titres. Nous avons voulu aller au plus loin dans ce processus en proposant un album qui contiendrait des morceaux inédits. C’était surtout pour célébrer nos cinquante ans que nous avons voulu ré-enregistrer ces anciennes prises de son. Nous avons repris ces tissus de riffs et nous avons composé de nouveaux titres avec. Dans le nouvel album, il y a 50% des idées qui viennent des années 80’s et le reste, nous l’avons composé et arrangé en 2014. L’album est un beau mélange entre aujourd’hui et hier. 

Klaus Meine: Nous voulions remercier notre ingénieur son qui a fait un boulot incroyable, non seulement sur Return To Forever mais aussi Sting In The Tail, MTV Unplugged et Comeblack. Fêter ses cinquante ans de présence scénique, c’est une chose mais sortir un album en est une autre. C’est toujours encourageant d’être soutenu par des gens comme eux qui font un bon boulot. C’est vraiment inspirant et motivant. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes définitivement revenus sur scène. Ce sont nos cinquante ans alors nous allons jouer des morceaux que nous n’avons pas joué depuis un bail! Je pense à « Top Of The Bill », « Steamrock Fever » et « Speedy’s Coming ». Nous voulons faire voyager nos fans du début des 70’s à aujourd’hui. 

Avez vous comme projet d’enregistrer un nouvel album dans le futur?

Klaus Meine: Nous venons juste de sortir le nouvel album Return To Forever, il n’y a pas si longtemps de ça. Maintenant que nous sommes en tournée mondiale, nous ne pensons pas faire un nouvel album. Ce qui importe le plus pour nous à présent, c’est de fêter nos cinquante ans, nous allons faire en sorte de jouer le plus de morceaux tirés de nos meilleurs albums Lovedrive, Love At The First Sting et autres. Nous considérons vraiment cela comme une fête. Il y aura surement des rééditions d’albums provenant des 70’s et 80’s qui sortiront cette année. Nous travaillons également sur un documentaire qui va sortir sous forme de DVD/Blue Ray qui a pour nom Forever And a Day. Si nous n’avons pas comme projet de sortir un nouvel album là tout de suite, inutile de vous dire que nous sommes très occupés ! Là, nous sommes en tournée. Nous allons revoir nos fans d’Espagne, d’Italie et d’Angleterre. Nous allons également faire le tour de nombreux festivals. J’oubliais aussi le fait que nous allons rejouer en Corée du Sud. La tournée est juste à son commencement et nous sommes là aujourd’hui au Hellfest pour célébrer les dix ans du festival. Vous êtes parvenus à le faire! J’espère que vous ferez encore du chemin! « Come on » !

 

En parlant de votre longue carrière, vous avez fait tellement de choses maintenant, bien plus que le commun des mortels. Comment un groupe de votre envergure peut-il être encore surpris ?

Klaus Meine: Nous sommes toujours surpris ! Nous avons vu pleins de générations prendre le relais dans le public. Il y a toujours les vieux de la vieille présents dans la foule et ces gens venaient déjà nous voir bien avant que leur enfant soit né. C’est la même chose qui s’est passé cette année quand nous sommes venus présentés notre nouvel album et notre nouveau show. Nous sommes vraiment impatients de revenir en Novembre pour jouer plus de dates en France. Il y aura bien sûr cette fameuse date à Paris. Nous maintenons une relation très forte avec nos fans. C’est tout de même incroyable de voir toutes ces générations se partager notre musique, c’est vraiment inspirant et motivant. 

Quelle est la génération qui vous a le plus marqués ?

Rudolf Schenker: Aucune ! Quand on regarde bien l'Histoire de l’Allemagne. Elle a toujours été au centre de la Guerre Froide. Il y aura donc toujours un lien entre la génération précédente et celle qui suit. Rien que le fait de voir un gamin prendre une guitare et faire de la musique, c’est déjà une victoire pour nous. Je pense que grâce à notre musique, nous pouvons rassembler ces différentes générations.

Maintenant que le groupe est actif comme avant, est-ce que l’on peut espérer une longue carrière comme les Rolling Stone ?

Rudolf Schenker: Nous avons déjà la même carrière car nous sommes aussi vieux qu’eux. On célèbre nos cinquante ans cette année ! Et le groupe a été fondé à Hanovre en 1965. Je me souviens à l’époque, j’avais emprunté de l’argent à mon père et ma mère m’avait dit « Tu as intérêt à le rembourser et prendre conscience de la chance que tu as ». Bien sûr, nous sommes entrés en studio bien plus tard et quand nous avons signé notre premier contrat, je me suis empressé de rembourser mes parents. Nous avons commencé à faire des concerts bien avant cela et ce dès 1965 !

Ça fait cinquante ans que vous êtes sur la route mais il y a peu de temps, la Chine vous a seulement accueilli pour la première fois. Quelles étaient vos impressions à propos non seulement du pays, mais aussi des fans ?

Klaus Meine: C’était une expérience vraiment incroyable de jouer là bas pour la première fois. Il y a un morceau dans l’album Lovedrive qui s’appelle « Always Somewhere » et il y a une phrase qui dit « Back To The Hotel and Chinese Food… » (« De retour à l’hôtel et la nourriture chinoise… »). Ça fait vraiment bizarre car le morceau a été composé, il y a presque trente ans de ça et nous y sommes allés! Il y avait cette nourriture donc nous nous amusions à chanter ces paroles, c’était très amusant ! Ça s’est tellement bien passé qu’une nouvelle date en Chine devrait être annoncée pour Janvier 2016 !

Vous avez également joué au Maroc ces derniers temps. Qu’est-ce que ça fait de jouer comme ça un peu partout dans le monde ?

Rudolf Schenker: C’est un sentiment très unique. Nous sommes une formation Allemande qui est partie de rien ! Quand nous avons commencé à jouer à l’étranger, personne ne croyait en nous. À mon humble avis, c’est le fait d’être passionné dans ce que tu fais et de jouer de la bonne musique qui permet à un groupe de percer au delà de ses frontières. Il faut toujours faire en sorte d’y arriver. C’est surtout dans les années 80’s que cela a pris un autre tournant. C’était vraiment comme dans un marché. Nous sommes allés jouer aux Etats Unis, mais aussi en Asie. C’était vraiment fantastique de découvrir tous ces endroits. Mais le plus marquant pour moi, ça restera la première fois que nous avons joué en Russie. Nous faisons de la musique pour rassembler les gens, pas comme ces politiciens. C’est fou comme la bonne musique peut réunir les gens et les faire passer du temps précieux ensemble. Je me souviens, c’est à la toute fin de la guerre froide que Scorpions s’était produit la première fois en Russie ! Les gens étaient tellement heureux de pouvoir enfin écouter la musique qu’ils souhaitaient. Et nous, les Scorpions, savons très bien à quel point les gens sont attachés à leur musique. Pour en revenir avec notre fameuse tournée d’adieux, nous avons remarqué les fans tenaient beaucoup à Scorpions, ils voulaient vraiment que l’on reste. C’est un sentiment que je ne pourrais pas décrire et c’est la raison pour laquelle nous sommes encore là ! (Applaudissements de l’audience)

Herman Rarebell et Uli Jon Roth ont tous les deux sortis un album de reprises de Scorpions, que pensez vous de ces albums? 

Klaus Meine: J’ai juste écouté l’album d’Uli Jon Roth et le peu que je puisse dire, c’est que c’est vraiment un chef d'oeuvre. C’est vraiment cool qu’il soit allé ré-enregistrer quelques morceaux iconiques du Scorpions des année 70. Je pense à « We’ll burn The Sky » et à « The Sails Of Charon ». C’est vraiment fantastique. 

Ma question est pour James Kottak, nous faisons un documentaire sur le rapport entre la musique Rock/Metal et la nourriture. Nous aimerions savoir pourquoi tu ne manges pas de viande. Est-ce que tu pourrais nous expliquer pourquoi il y a de plus en plus de fans qui s’intéressent à ce phénomène ?

James Kottak: Je ne mange pas de viande. C’est au dessus de mes moyens.

 

Scorpions

Klaus Meine (Chant)

Rudolf Schenker (Guitare Rythmique)

Matthias Jabs (Guitare Solo)

Pawel Maciwoda (Basse)

James Kottak (Batterie)

 

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