Cotton Bellys - Rainy Road

 

Déjà auteur de deux albums et trois EPs dont un de reprise, Black, Brown & White, les Cotton Belly's est un quartet de blues parisien qui monte. Sorti le 19 novembre dernier sur Musicast (Sidilarsen, Les Sales Majestés, Punish Yourself) avec le soutien promotionnel de Dooweet (The CNK, Pavillon Rouge, Evenline), Rainy Road montre un groupe plus mature qui ne se limite pas au blues pur et dur.

Line-up :

Yann Malek (chant/guitare/harmonica)

Jérôme Perraut (guitare)

Christophe Etienne (basse)

Alexandre Charoy (batterie)

 

Une fois n'est pas coutume on va parler de blues, de vrai blues. Pas le blues rock très « zeppelinien » de Graveyard, non le blues de BB King et encore moins celui des Black Keys.

Non le quartet parisien Cotton Belly's fait dans le blues du delta, un blues qui sonne comme s'il venait tout droit du bayou mais pas que.

Car l'expérience accumulée après dix ans de carrière leur permet de proposer douze titres hyper variés et un album franchement réussi pour ne rien vous cacher. Tout respire la classe dans ce Rainy Road. Absolument tout !

Le chant de Yann Malek, à l'accent impeccable qui renvoie nombre de formations françaises à leurs chères études et satan sait qu'un texte de blues est bien plus articulé qu'un texte de death metal. Tout porte à croire que les bonhommes viennent de tout droit de la Nouvelle Orléans et ont grandi entouré de superbes marécages et de meurtres occultes (dédicace à tous les fans de Rust Cohle).

Les nombreux arrangements magnifiques d'harmonica, de contrebasse, de percussions discrètes mais tellement indispensables. Pour peu le groupe frôle la bluegrass sur des titres comme « Tick Tock AM » ou encore « From This Town ». Tellement de détails qui posent la question du live : comment font ils pour reproduire tout cela en live à quatre ?

Comme tous les artistes de blues, les bougres ne sont pas heureux et passent d'une route pluvieuse (« Rainy Road ») à du mauvais (« Wrong », « Sobad ») malgré la médecine (« Medecine ») pour finir par des temps difficiles (« Hard Times »). Quand la vie s'acharne elle va au bout des choses hein ! Pourtant il ne se dégage pas de lamentations puériles et même plutôt une énergie positive face à l'adversité. Raffraîchissant ! Le groupe se fait plus rock sur « Wrong » ou encore « Tick Tock PM » qui fleure même avec le garage.

Je ne suis pas vraiment un expert en blues mais Rainy Road m'a complètement séduit. Varié, superbement joué et arrangé, ce troisième album montre toutes les capacités de ce parfait représentant du blues français. Bienvenue au Bayou made in France !