Cowards - Rise To Infamy

Formé en 2011 les parisiens de Cowards ne perdent pas de temps et publient déjà leur second opus. Il faut dire qu'il réunit des membres passés ou présents de Sickbag, Yorblind, Dacast ou Eibon, le groupe a pu tourner en Europe en soutien à Shooting Blanks And Pills (2012) et Hoarder (EP-2013), ce qu'il s'apprête à refaire pour le tout frais Rise To Infamy à partir d'avril. Cowards se veut un mélange de hardcore/metal/sludge chargé d'une ambiance froide et oppressive profondément urbaine.

Line-up :

Julien Henri (chant)

Cédric.L (batterie)

Guillaume Taliercio (basse)

Thibault.A (guitare)

Adrien Lederer (guitare)

 Dans le monde de la musique on trouve des artistes, des groupes qui font du miel. Chacune de leur note doit flatter l'oreille et surtout ne pas froisser l'auditeur dans quelque domaine que ce soit. C'est ainsi que l'on se retrouve avec Britney Spears, Nickelback, Micheal Bay et autres esthètes quin n'auront pas droit de cité ici. Attention votre serviteur aime la « belle » musique, cependant il n'en est pas question avec Cowards.

 Les parisiens font partie de ces artistes qui veulent attaquer leur public encore et encore. Rise To Infamy représente vraiment ce que la haine urbaine peut faire de plus primitif en matière de metal. Quelque part entre Kickback et Eyehategod (en gros), le groupe dresse un mur de son lourd et froid qui vous accule petit à petit jusqu'à laisser les claustrophobes pour morts.

Les riffs parfois très teintés black renforce cette énergie oppressante comme sur la doublette « Frustation (Is My Girl) »/ « Beyond My Hands » et ses nombreux blast beats de Cédric.L.

La voix, tout comme les guitares parfois, est vraiment désagréable et agresse vraiment l'oreille par son approche brutalement écorché. En cela on pense vraiment à des vocalistes comme Stephen Bessac (Kickback) et Mike IX Williams (Eyehategod, Arson Anthem). Le début de l'album affiche une lourdeur pachydermique mais comme dit précédemment le groupe sait se faire plus rapide, évitant soigneusement une linéarité qui peut s'installer parfois dans le sludge.

Les parisiens ont compris que pour aller le plus loin possible dans l'agression il leur fallait se servir de ce qui dérange le plus dans la musique. C'est ainsi que les larsens et la dissonnance deviennent deux éléments fondamental dans la musique de Cowards (« Low Esteem », « Wish For Infamy » ou encore le break de « Never To Shine »), faisant de « Anything But The Highroad » un monument de « noisecore ». Un véritable malaise anxiogène se créé au fil des titres jusqu'à « Bend The Knee » au feeling très grindcore qui achève Rise To Infamy.

 L'univers de Cowards vous l'aurez sûrement compris n'est pas pour tout le monde, loin s'en faut. Avec des ambiances aussi abrasives et violentes comprenant autant d'influences diverses (on va quand du même du hardcore, au sludge, au black, au postcore en passant par une bonne touche noise), difficile de savoir quel genre de public peut apprécier de se faire martyriser par les lâches mais ce deuxième album dégage une force très impressionante.

 Rise To Infamy n'est pas un disque agréable, il prend son auditeur contre un mur, le retourne et lui met la raclée de sa vie. En ce sens il m'est impossible de dire que j'ai aimé ou même apprécié cet album, un peu comme je n'ai pas pu aimé Only God Forgives de Nicolas Winding Refn (Drive, Valhalla Rising, Bronson). Ces deux œuvres ont le point commun de chercher forcément à déranger le spectateur par une pesanteur, une agressivité exacerbée et en cela elles sont réussies. Ce qui n'en fait pas pour autant de bonnes expériences.

Si vous aimez le cuir et les clous en matière de musique, tendez les fesses, Cowards est fait pour vous.