Dagoba - Tales Of The Black Dawn

Les gros bras de la cité phocéenne sont de retour, deux ans seulement après la sortie de leur album précédent, Post Mortem Nihil Est, qui a constitué un véritable tournant dans la carrière du groupe. Enregistré chez VeryRecord (Headcharger, Mass Hysteria, Bukowski), il a permis aux Marseillais de partir en tournée outre-atlantique et ainsi, de gagner en notoriété à vitesse grand v, les propulsant en tête de la scène metal francophone. Deux années ont suffit à Dagoba pour devenir de véritables bêtes de scène, comme ils l'ont si bien démontré en 2014 lors de leur concert au Hellfest, devant une foule en délire scindée en deux pour un wall of death impressionnant !

Avec Tales of the Black Dawn, les Marseillais étaient attendus de pied ferme. La tâche n'était pas simple, puisqu'il fallait faire mieux que le précédent opus, grâce auquel le groupe a affirmé son identité musicale et scénique. Pari relevé ? Pas vraiment...

Avec ce sixième opus, Dagoba reprend les mêmes codes que ceux de Post Mortem Nihil Est : les riffs musclés de Yves Terzibachian, la batterie tonitruante de Franky Costanza et le chant puissant de Shawter... Si bien que chacun des titres de Tales of the Black Dawn pourrait être des bonus tracks de la galette précédente. Les mêmes ingrédients, tant pour la composition que pour le tracklisting, avec un résultat beaucoup trop similaire et presque décevant.

Même si la proposition est de qualité, Dagoba stagne, avec seulement quelques petites originalités : un chant clair beaucoup moins présent, des sons industriels, ainsi que des introductions plus tribales et sauvages, notamment dans "Epilogue", le premier morceau introductif de l'album.

"The Sunset Curse" donne le ton : cet opus sera sauvage, agressif, avec ses riffs effrénés, soutenus par une batterie surpuissante. Ici, Franky Costanza assied encore une fois son statut de prodige, en se lançant dans des démonstrations impressionnantes, notamment dans "Born Twice" ou "O' Inverted World", deux morceaux musclés, taillés pour le live.
En plein milieu de l'album, le chant clair de "The Loss" arrive comme un soulagement : c'est en effet le seul morceau distinctif de Tales of the Black Dawn, beaucoup plus mélodique que le reste de cette nouvelle galette.

On retrouvera de belles propositions, notamment le pont instrumental d'"Eclipsed", ou les sons industriels et le piano de "Morning Light", le dernier morceau de Tales of The Black Dawn. Malheureusement, celles-ci sont noyées dans un album presque sans nuances, où l'on regrette un manque d'inventivité et de création de la part des Marseillais, visiblement pressés de remonter sur scène.

Dans Tales of The Black Dawn, Dagoba fait du Dagoba. Même si un renouvellement n'est pas toujours possible, un travail de composition supplémentaire n'aurait été que bénéfique pour cet album, qui manque cruellement d'originalité, mais ravira certainement les fans de la première heure. Cependant, il constitue une véritable démonstration de force et propose une ambiance cohérente du début à la fin : oppressante et presque sanguinaire, à l'image de la chauve-souris présente sur la pochette de l'album. Certainement un prélude aux futurs concerts du groupe !