Dagoba, Eths, Gorod - Métaphone

Aller au Métaphone, c’est s’assurer de passer une bonne soirée ! Vous le savez, l’équipe de Metal Cunt est avide de cette salle, qui propose une acoustique des plus agréable. Il y a eu The Exploited, les Wampas, Black Bomb A, Suicidal Tendencies… Ce soir, la salle propose une affiche 100% française, aux styles hétéroclites avec Gorod, Eths et Dagoba !

Gorod avait laissé beaucoup de fans orphelins suite à leur annulation de dernière minute à Dunkerque ! Dommage car Gorod est une denrée rare dans le nord ! Bref, vous l’aurez donc compris, certains n’avaient fait le déplacement dans l’unique but de voir la formation bordelaise ! 45 minutes leur ont été accordées pour faire découvrir, ou même redécouvrir leur death metal flirtant entre technicité et subtilité. 

Quoi qu’il en soit, quand la formation s’installe, on remarque que la salle n’est pas encore pleine. Pas évident pour un groupe de cette envergure de se produire en première partie de Dagoba car elle est devenue une valeur sûre du Metal « made in France ». C’est bien ce qu’ils nous ont montré ce soir en interprétant des morceaux tirés de leur nouvel opus, le fort bien accueilli, A Maze Of Recycled Creeds ! Et ça groove ! Pendant que certains préfèrent admirer les prouesses techniques illustrées dans « Inner Alchemy », certains n’en font qu’à leur tête et forment un pit où chacun peut se défouler comme il l’a souhaité. 

Même pas fatigué ! Si vous n’étiez pas encore au courant, Gorod est parti en tournée au Canada pendant un bon mois, mais ce soir, la formation est bien fraîche ! Car il est motivant de jouer devant un public qui répond à ses avances. Julien, ce hurleur aux multiples capacités vocales, n’a pas souffert du manque de motivation de son audience. Le set n'en oublie pas les titres cultes tels que « Disavow your God » ou « Celestial Nature » et le public répond présent.

« C’est déjà notre dernier morceau » lance Julien alors qu'il reste un bon quart d’heure de set ! Mais ce qu'on ne sait pas encore, c’est que les bordelais ont pris le risque d’interpréter un de leur morceau fleuve « Transcendance » (long de quinze minutes !), un morceau qui mêle finesse, subtilité et branlée technique. En plus, ça cogne sévère. Pour faire court, quarante cinq minutes pour un tel groupe, ce n’est pas assez. Le doute n’est plus permis, ces machinistes de la musique n’ont pas fini de faire parler d’eux ! 

Après le concert de Gorod, Eths met du temps à s’installer. Les fans perdent patience…

On avait vu Eths en coup de vent au Hellfest… On l’attendait donc au tournant pour se faire une idée concrète de ce Eths 2.0. Souvenez-vous que c’est Rachel qui a pris la place de Candice. Autant vous dire qu’il n’est pas évident pour cette jeune demoiselle de remplacer celle qui était considérée comme l’icône de la formation. Quoi qu’il en soit, Rachel n’a rien à envier à sa prédécesseure. Elle l’a bien prouvé sur le nouvel opus de la formation: Ankaa !  

Pourtant, difficile de faire table-rase du passé. En effet, la setlist que nous a concocté les marseillais fait la part belle aux trois premiers albums. C’est avec le classique « Samantha » que le show démarre et réveille une foule qui s’était assoupie… Quoiqu’il en soit, bien que la formation soit devenue un quatuor depuis 2013, les parties instrumentales sont bien interprétées. Mais toutefois tout n’est pas parfait. La voix de Rachel n’est pas audible et son chant clair est trop en retrait. On a même l’impression que le micro est coupé de temps à autre… De quoi agacer le fan de la première heure. 

La foule suit et un petit pit d’acharnés se crée au sein de la foule. Néanmoins, l’incompréhension règne dans la salle ! En effet, le groupe ne met pas assez en avant son nouvel opus ! Seule une petite poignée d’extraits d’Ankaa a été interprétée ce soir: « Nefas » et « Nihil Umbra In Solem ». C’est dommage car l’album est particulièrement bon et la nouvelle frontwoman excelle sur ces nouvelles compositions. 

Quoiqu’il en soit, la frontwoman sait jouer de son charme quand elle interprète les vieux hits du groupe « Détruit Moi » et « Je vous Hais ». Mais pourquoi n’en profite t-elle pas plus ? Le public doit se contenter d’un simple remerciement à la fin du concert pendant lequel la jeune femme en profite pour dire à son peuple que le groupe sera disponible après le concert au stand merchandising prévu à cet effet. C’est un peu frustrant car Rachel peut mieux faire ! 

Néanmoins, si la performance était honnête, l’ambiance demeurait malsaine dans la salle. On l’a ressenti, Rachel ne plaît pas à tous les fans « old-school » de la formation. Il était regrettable de voir certains vieux fans se plaindre tout au long du concert. Quel manque de respect ! 

Encore un groupe que l’on n’a plus à présenter: Dagoba ! Toujours en quête de nouvelles dates, la bande à Shawter revient dans le nord pour un énième concert ! Mais très vite, on sent que ce show aura une saveur spéciale, beaucoup de murmures ont laissé sous-entendre qu’il s’agirait là d’une des dernières performances de son batteur iconique, Franky Costanza. La scénographie est toujours la même (le fameux backdrop du dernier album, Tales Of The Black Dawn et les présentoirs qui vont avec), et au loin, on peut même apercevoir les machines à fumée qui ont pour mission d’accompagner les refrains de leurs titres phares ! Un grand moment nous attend donc. 

Les fans sont dans les starting-blocks. Mais vous le savez tout aussi bien que nous, si le groupe divise, il fédère également. Et c'est de manière orchestrée que Franky, Z, Werther et Shawter foulent la scène du Métaphone, et ouvrent leur set sur « Eclipsed » avant de lancer un petit « C’est un concert un peu spécial pour nous ce soir ». Rapidement, les fans se bousculent et crient à en perdre la raison, permettant au groupe d’enchaîner sur leur tube « The Man You’re Not » et le fameux « Black Smokers (752° Fahrenheit) ». Titres sur lesquels le frontman se montre plus en forme que jamais. 

Néanmoins, le chanteur se montre plus modéré qu’à l’accoutumé pendant ses interventions. Connu pour former de nombreux circle-pits partout où il se produit, il faudra attendre la seconde partie du concert pour que ceux-ci se mettent en place pendant les rappels (« The Things Within » par exemple). Ce qui n’est pas un mal en soi puisque nous pouvons nous concentrer sur la musique. Trop souvent linéaires, les morceaux choisis essaient tant bien que de mal de donner du relief au concert. 

Dagoba enchaîne des tubes, qui, malheureusement sont tous structurés de la même manière: intro, couplet, refrain, couplet, refrain. Certes, les titres « When Winter… », « Born Twice » et « I, Reptile » passent très bien en live mais une impression de déjà-vu règne tout au long du show… Toutefois, on aimera l’énergie dégagée par le concert (regardez-le là ce bassiste, il court partout !). Les maîtres de cérémonie ne laissent aucun répit à leurs partisans. Quoiqu’il en soit, ces titres sont particulièrement bien interprétés. Et c'est le jeu de Franky qui change la donne. Malheureusement, nous ne pouvons que rester soucieux car comment le groupe fera sans son batteur emblématique, si les fameuses rumeurs concernant son départ, s’avèrent fondées ? 

Ce n’est pas que Dagoba nous ait déçu… Il a juste donné un concert en roue libre. Car nous étions en droit d'en attendre bien plus de la part d’un groupe de cette trempe surtout à l'heure où son batteur de toujours a peut-être donné son dernier show. Ce soir, au Métaphone, nous avons assisté à la prestation de trois formations aux profils différents. Quand l’un cherche à reconquérir son public (ETHS), l’autre confirmait son ascension (Gorod), pendant qu’un autre tombait dans la banalité (Dagoba). Peut-être est-il temps pour Dagoba de prendre une pause ?  

Merci à Justine et Alice du Métaphone pour leur confiance ! 

Vous en reprendez bien encore un peu ?