Darkenhöld - Castellum

Darkenhöld puise son inspiration à la source d'un Black-Metal onirique, épique et médiéval. Après deux split-cds avec FHOI MYORE et NASTRAND (2009) et une apparition sur un tribute à EMPEROR (2009), le groupe a signé avec le label Ancestrale Production et travaillé à la sculpture de son premier opus, "A Passage To The Towers" (2010), témoin d'un certain art oublié du Black Metal. Ce premier album déployait dix histoires enregistrées au Cox in Hell Studio, puis masterisées au Drudenhaus Studion par Neb Xort. Le groupe s'est alors attelé à défendre sa musique sur scène avant d'entamer l'écriture de son deuxième opus.

Line Up :

Aldébaran : Guitare, basse, clavier
Cervantes : Chant
Aboth : Batterie
Aleevok : Basse (Live)/ Production
Anthony : Guitare (Live)

Tout d’abord, notons la qualité de l’artwork présent sur cette production (signé Claudine Vrac)! Fidèle à ce qu’annonce la formation quant à son registre, on appréciera les couleurs et surtout l’aspect sombre de ce château en ruine…

Castellum fait partie de ces productions qui nous rendent nostalgique au possible… ou très heureux de vivre à notre époque ! Avec un son très 90, la formation redonne vie à un black metal progressif/epic/médiévale… bref du black comme on aime ! C’est d’autant plus accentué grâce à un mixage respectueux de genre et l’impact qu’aura le clavier sur l’ensemble de l’album. D’ailleurs, c’est avec grand plaisir que je me souviens avoir eu affaire à Noctem Cursis qui nous avait également fait voyager avec les mêmes techniques.

Il ne faudra pas longtemps avant d’entrer dans le vif du sujet, car avec un premier morceau de presque huit minutes, Strongholds Eternal Rivalry, l’atmosphère black/épique s’impose dès les premiers riffs. Lignes mélodiques, bridge acoustique, côté prog et cette sonorité amenée par le clavier qui hante la musique des Darkenhöld, on se retrouve directement plongé dans le moyen âge, et qui plus est Français ! En effet on trouvera du texte chanté en Français qui viendra forger avec encore plus d’habilité l’identité prononcé du band, cela notamment avec le splendide « Castellas du Moine Brigand » et « Majestic Dusk Over the Sentinels ».

Un black Français qui offre une identité profonde renforcée par l’aspect « vivant » de sa musique. Ce n’est pas tellement les plans progressifs/épiques qui appuient cette sensation mais les bridges bien amenés qui laisse l’ensemble de la production respirer et donc trouver sa place au milieu des grosses pointures black. D’ailleurs illustrons cela avec les ponts présents sur Glorious Horns ou encore Mountains Wayfaring Call.

On appréciera également les sonorités guitares qui tantôt électriques, tantôt acoustiques, s’entremêlent avec grâce entre les chœurs/claviers comme sur la troisième plage de Castellum

Plus sobrement efficace, L’incandescence Souterraine viendra apporter un petit côté Watain avec les riffs.

Même si généralement on ne prête pas attention aux chants des « blackeux », il sera tout de même intéressant de se pencher sur la performance vocale de Cervantes qui démontre une maitrise parfaitement en adéquation avec le registre black. On ne s’empêchera pas de saluer à nouveau l’utilisation de la langue de Molière qui apporte un vrai plus sur cet album !

On trouvera deux pistes instrumentales, Feodus Obitus et Medium Aevum, respectivement à la cinquième et dixième plages, qui, de même manière que les nombreux bridges au sein même des titres, aèrent l’ensemble de la production avec clarté.

Voyage dans le temps, efficacité et surtout identité ! Voilà les trois mots qui viendront parfaitement dorer le blason des Darkenhöld ! Une maitrise très mature de leur musique et une signature sonore, on percevra cette production comme un bijou made in France qu’on écoutera avec grande fierté. Qu’on demande au peuple d’aller acheter pour quelques sous cette pépite qui sortira le 15 Septembre 2014 chez Those Opposed Records !