Days Of Crisis - Systemic Disaster

Formé en 2010 dans les belles Vosges, Days Of Crisis pratique un thrash/death metal moderne et mélodique. Ils ont notamment ouvert pour Svart Crown, Yayeth Corpse, Absurdity ou encore Arkhan. Systemic Disaster est leur premier essai, enregistré par Vince (guitariste de Massive Charge) et masterisé par Alex du Walnut Groove Studio (Melted Space, Wormfood).

 

Line-up :

JB (chant)
Mike (guitare)
Robin (basse)
Alain (guitare)
Micho (batterie)

Rob Stefaniuk (réalisateur de Suck) a dit : « je sais à quel point il est compliqué de faire un bon film, c'est pourquoi j'autant de respect pour ceux qui y arrivent. Il est si facile de craindre. »
Voilà qui peut coller à n'importe quel forme d'art, notamment la musique et le rock'n'roll. Un milieux où il est de plus en plus difficile de se démarquer de la concurrence, de plus en plus rude.

Du coup la question qui va se poser est « est ce que Systemic Disaster craint ? » et pour y répondre il va falloir prendre le temps nécessaire. Comme dit en préambule Days Of Crisis affectionne un thrash/death d'école aux mélodies très inspirées par la scène death mélo suédoise, In Flames notamment (« Collateral Carnage », « Mental Asylum »). On sent parfois des relents de Children Of Bodom dans l'approche mélodique, ainsi qu'un léger aspect plus black metal particulièrement dans la voix de JB (« Spirit Of Darkness », « Dark Road », « Bloody Mary »). Question écriture et jeu difficile de faire la fine bouche, le tout est en place, JB grugrute habilement en essayant de varier un maximum entre growls caverneux et plus aigus (avec parfois ce petit côté black que j'évoquais), la production laisse elle un peu à désirer (la basse semble presque absente sur le début du skeud) notamment de batterie. On en vient à se demander si ce n'est pas la chaîne hi-fi qui déconne sur « Alone » tant la guitare est désagréable à l'oreille sur un passage. Non le véritable problème de DOC c'est que le tout manque cruellement de profondeur et de relief, le manque de variété dans les compositions font qu'on en vient rapidement à se lasser quand bien même de très bonnes idées fusent de ci de là : cet excellent solo sur « Mental Asylum » qui sonne presque comme une basse, la mélodie de « Dragons Men », le refrain de « Bloody Mary », ce break ultra efficace sur « Curse » ou encore le final « Flesh For The Fiend » à la mélodie imparable qui rappelle Suidakra. Le tout manque de moment marquant et de lignes accrocheuses, surtout pour le chant tant qu'on se demande si JB assure des refrains. Le tout doit se révéler bien plus efficace une fois sur les planches à n'en pas douter, mais il est frustrant de voir que le groupe a autant de bonnes idées qu'il aurait fallu rassembler pour obtenir de vraies boucheries car les vosgiens nous envoie souvent des plans très inspirés avant de repartir sur une idée entendue un bon million de fois.

Systemic Disaster n'est pas un ratage complet, loin s'en faut. Comme le bon élève qu'il est, il rend une copie extrêmement propre, cependant celle-ci manque de personnalité et une fois reposée difficile de se souvenir de ce qu'elle contenait exactement. Manque de ce petit truc qui fait un vrai bon album, peut être un peu plus d'âme et un sens plus aigu de la composition. Au moins Days Of Crisis m'évite de faire un jeu de mot discutable sur le nom de son album.